Appel pour le congrès de la SERD, Paris, 20, 21 et 22 janvier 2016 Call for Papers, SERD Congress, Paris, 20, 21 and 22 January 2016

Annonce publiée le 4 mai 2015
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(English follows)

Fondation Singer-Polignac

Le XIXe siècle au futur

Penser, représenter, imaginer l’avenir au XIXe siècle

Comité scientifique : Claire Barel-Moisan (CNRS), Marta Caraion (Lausanne), Jean-Claude Caron (Clermont-Ferrand II), Aude Déruelle (Orléans), Frédérique Desbuissons (INHA), José-Luis Diaz (Paris-Diderot), Françoise Gaillard (Paris-Diderot), François Hartog (EHESS), Jean-Yves Mollier (Saint-Quentin), Jean-Claude Yon (Saint-Quentin).

Comité d’organisation : Claire Barel-Moisan (CNRS), Aude Déruelle (Orléans), José-Luis Diaz (Paris-Diderot)

On a souvent remarqué que le XIXe siècle a été le premier à se penser en tant que siècle, et le premier aussi à se désigner par un numéral. Une autre de ses caractéristiques, c’est qu’il ne s’est pas centré autour d’une qualification unique, comme a fini par le faire le siècle des Lumières, mais qu’il a, au contraire, multiplié les appellations censées le caractériser. Nombreuses sont les expressions sous la forme « le siècle de… », insistant sur une de ses déterminations jugées essentielles : le siècle de l’histoire, le siècle des révolutions, le siècle des inventaires (Thibaudet), le siècle des dictionnaires (Larousse), le siècle de l’abstraction (Fortoul), le siècle de la science, le siècle des inventions, le siècle de la vitesse, le siècle positif, le siècle romantique, le siècle de la blague (Goncourt), etc. 

Deux précédents Congrès de notre Société ayant déjà entamé la réflexion d’ensemble, tant sur les représentations du XIXe siècle par lui-même que sur ses représentations au siècle suivant, notre prochain Congrès se propose de prolonger cette réflexion en abordant la question sous un angle complémentaire.

Parmi les formulations récurrentes qui viennent d’être rappelées, nous avons choisi cette fois de mettre l’accent sur le rapport privilégié du « siècle du progrès » à l’avenir et au futur, tout en engageant une réflexion plus large sur les rapports du siècle au temps historique, sur sa manière de se construire dans l’Histoire et de gérer les trois grandes dimensions de la temporalité (Passé, Présent, Futur). En partant de la temporalisation des notions, des concepts et des vécus qui se joue à l’aune du nouveau « régime d’historicité » (François Hartog), l’enquête pourrait se tourner de manière privilégiée vers la manière que le XIXe siècle a eue de penser, de représenter, d’imaginer à la fois le futur, lointain et décroché de toute temporalité, et ce futur plus concrètement pensable et en prise sur les débats contemporains qu’est l’avenir, de les construire et de se construire par rapport à eux, tout en pensant d’emblée son présent au futur antérieur, de manière de plus en plus marquée à mesure que le temps historique s’accélère.

Le XIXe siècle qui fut, côté Passé, le siècle de l’Histoire, le siècle des inventaires, un siècle « rétrospectif », fut, côté Futur, à la fois le siècle du progrès, le siècle de l’avenir et le siècle des utopies (et des dystopies), et, côté Présent, le siècle du journal, et donc aussi de l’accélération, d’une actualisation montante des pratiques et des vécus. C’est ainsi le présent lui-même, qui, du fait de l’accélération des communications et des découvertes scientifiques en rafale, se voit comme projeté vers un futur qui tend à se rapprocher de lui à grande vitesse. En conséquence, l’avenir s’impose à la pensée avec une urgence et une nécessité nouvelles. La temporalité telle qu’on la pense est alors la proie d’une sorte d’impérialisme du futur, en réponse aux siècles antérieurs qu’on pense alors marqués par leur révérence à l’immuable tradition. La question de l’avenir, auparavant plus lointaine, uniquement virtuelle, propice à de simples rêveries et utopies, se pose avec plus d’acuité : à ceux qui s’y inscrivent résolument, l’envisagent avec joie et cherchent à anticiper le futur par des visions utopiques, mais aussi à ceux que l’avenir comme le futur plus lointain effraient ou rebutent, ce qui les provoque au passéisme et à la résistance. Alors que les hommes de la fin des Lumières envisageaient la « Postérité » comme une sorte de jugement dernier laïque propre à réparer les erreurs du « despotisme » et à rétribuer les justes, mais qui demeurait lointain et incertain, le XIXe siècle vit l’avenir de manière à la fois plus intense et plus instante.

L’avenir et le futur deviennent ainsi cette dimension du temps historique que traitent avec prédilection les systèmes philosophiques. Philosophie des sciences, philosophie de l’histoire et des religions dialoguent et s’interpénètrent, comme en témoigne le parcours intellectuel de Renan. S'ouvre ainsi un champ propice aux représentations et aux imaginaires, qu'investissent également la littérature et les différents arts.

Mais l’avenir (en prise sur le présent) constitue d’abord et surtout le terrain privilégié d’affrontement des idéologies politiques, religieuses et sociales, le combat central se jouant, au moins depuis le XVIIIe siècle, autour de la notion de Progrès, notion à spectre large, qui impose une vision positivement orientée de l’avenir, qui dépasse le champ politique, puisque débouchant sur une « religion de l’avenir ». On cherche ainsi à répondre au passéisme traditionaliste des religions instituées, mais aussi à proposer une autre projection dans l’avenir qui ne soit pas de l’ordre de l’eschatologie. D’où l’affirmation de Larousse : « La foi à la loi du progrès est la vraie foi de notre âge. » Mais nombreux et actifs sont tout au long du siècle les adversaires de cette foi nouvelle. C’est pour et contre le Progrès que se joue le combat politique, mais aussi philosophique, des « progressistes » et des « réactionnaires » de tout acabit. Aux partisans de la « perfectibilité », menant la lutte au nom de l’étendard du Progrès, et qui prédisent des « lendemains qui chantent » selon des scénarios historico-politiques souvent rivaux, s’opposent alors tous ceux qui doutent, protestent ou ironisent face à une telle vision optimiste d’un avenir idéalisé.

Côté futur (plus lointain), on assiste alors à un développement des utopies, topographies imaginaires de la cité idéale (qui ont bientôt tendance à se transformer en dystopies), tandis que se cherchent aussi des genres littéraires nouveaux, tel le roman scientifique d’anticipation. Mais c’est souvent, là encore, en fonction d’une image du présent, et par des comparaisons ou  antithèses facilement décryptables par rapport à lui, que se font ces voyages vers les lointains âges futurs.

Ainsi engagée, la réflexion permettrait aussi, en miroir, d’envisager le XIXe siècle depuis aujourd’hui, soit donc à partir de ce futur que nous étions pour lui, en le traitant à la fois comme un pan exemplaire de notre passé, et comme l’inventeur de visions de l’avenir qui ont continué de régir une bonne partie du XXe siècle. Que reste-t-il aujourd’hui de ce XIXe siècle penseur d’avenir et de futur, entre progrès et discours du déclin ? Quelles représentations semblent irrémédiablement datées, quelles théories, quels imaginaires sont encore vivants et parlent à notre début du XXIe siècle ?

Les propositions attendues pourront s’inscrire dans les axes présentés ci-dessous, qui ne sont toutefois que des pistes offertes à la réflexion. Un intérêt particulier sera accordé aux propositions qui éviteront les monographies en déployant une perspective transversale et qui manifesteront une approche interdisciplinaire (histoire, littérature, philosophie, histoire de l’art, histoire des sciences, histoire des techniques et des communications, etc.). 

Les propositions de communications (d’environ 2000 signes), accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, sont à adresser à Claire Barel-Moisan (claire.barel-moisan[at]ens-lyon.fr) avant le 15 mai 2015. Le comité scientifique se réunira et sélectionnera les propositions avant l’été.

 

I. Avenir et progrès

Philosophies et politiques du progrès

• comment évoluent au XIXe les conceptualisations du progrès héritées des Lumières ? (perfectibilité/progrès)

• modélisations du temps (ligne orientée, cycle, éternel retour, spirale ascendante ou descendante, pensée de l’âge d’or) et de l’histoire selon des stades de développement – les trois états de Comte (théologique, métaphysique, positif), les trois stades des sociétés de Morgan (sauvage, barbare et civilisé)

• influence des théories scientifiques sur la conception du temps (Cuvier, Lyell), évolution et évolutionnisme (de Darwin à Spencer)

• la conception d’un progrès cumulatif (sciences vs arts et littérature) – Mme de Staël, Chateaubriand, Hugo

• quelles relectures du passé et des différentes époques historiques à l’aune du progrès (modèles et repoussoirs) ?

• les enjeux politiques du progrès : réforme et révolution

• Le champ politique et social clivé par la croyance ou non au progrès ; luttes des « hommes de progrès », des « hommes de demain » et des « réactionnaires » et « rétrogrades ». Inscription des combats progressistes et anti-progressistes dans la topographie des partis politiques, et en particulier dans la presse (Revue du progrès, Revue du progrès social, L’Avenir, etc.) 

• progrès et religion : réinterprétations du christianisme (Ballanche, Lamennais…) ; les nouvelles « religions » fondées sur le progrès (saint-simonisme, positivisme…)

• les relectures des pensées dix-neuviémistes du progrès par les idéologies du XXe siècle (Marx et le marxisme…)

 

Géographie du progrès 

• quels continents, quels pays, quelles provinces, quelles villes apparaissent comme des incarnations de l’avenir, par opposition à des lieux perçus comme conservatoires des traditions (le Brésil, les « jeunes nations » face à la « vieille Europe »)?

• visions comparées du progrès selon les nations (Allemagne, Angleterre, États-Unis, Italie, Espagne, Russie, Amérique latine…)

• géopolitique du progrès (construction des nations, fédération européenne, utopies internationalistes)

• le siècle des empires : politiques coloniales et diffusion du progrès

• rôle des migrations dans cette géographie du progrès

• importance symbolique du canal de Suez et du canal de Panama pour redéfinir les circulations internationales

 

Les envers du progrès

• les imaginaires de la fin des temps (disparition de l’espèce humaine, refroidissement de la terre, apocalypse et eschatologie)

• « Ceci tuera cela » (Hugo) : la dynamique de destruction à l'œuvre dans l'avènement du nouveau 

• les discours de la décadence 

• les « prophètes du passé » (Barbey d’Aurevilly)

• la hantise fin-de-siècle de la « dégénérescence » 

• la crainte des effets de la science dans le quotidien (la chimie associée à la fraude et à la frelaterie) : « Le siècle des inventions est le siècle des succédanés »

• la « scie » du progrès : l’ironisation des discours progressistes ; l’avenir côté Homais

• les exclus du progrès

 

II. L’avenir au présent

L’avenir incarné dans le présent

• l’accélération du temps (transports, communications, presse)

• le « siècle des inventions » : objets emblématiques de l’avenir (télégraphe, téléphone, daguerréotype, phonographe, éclairage au gaz, bitume, aéroscaphe…)

• progrès et économie : industrialisme, grands travaux (Haussmann, Suez, Panama), système bancaire… 

• les disciplines de l’avenir et émergence de nouvelles disciplines et reconfiguration des champs scientifiques au XIXe siècle (psychologie, sociologie, préhistoire, anthropologie, ethnologie, linguistique, aliénisme…) 

• l’inventeur, le pionnier, l’explorateur, le précurseur : les « hommes de l’avenir »

• l’avenir au collectif (clubs, communautés utopistes) : la notion d’« avant-garde »

• le panthéon des hommes du progrès (Pasteur, Berthelot, Bernard, Larousse…) ; les « phares » de l’avenir (Hugo, Michelet…)

• la mise en spectacle de l’avenir : expositions universelles, célébrations de Paris comme ville du Progrès (Paris-guide de Hugo)

• la réclame de l’avenir, l’avenir comme argument publicitaire 

 

La haine du présent

• vomir le siècle : vitupérations, tirades et pamphlets, contre un présent manifestant de manière prémonitoire les effets nocifs du progrès

• la haine du bourgeois, du philistin adepte du progrès

• la civilisation de l’avenir comme satire de la société contemporaine

• de la Révolution à la fin du siècle : typologie des « réactionnaires »

• renverser les « idoles de l’avenir » : les cibles de l’anti-progressisme

 

Langages et représentations de l’avenir

• la rhétorique de l’avenir dans le discours politique, économique, religieux  et dans la presse (tant à l’échelon local que national)…

• slogans, formules à l’emporte-pièce, phraséologies, stéréotypes

• poétisation, métaphorisation, mythologisation de l’avenir

• prophètes, mages, et Cassandres : ethos des voix de l’avenir

• l’avenir selon les arts plastiques : affiches politiques, statuaire, fresques 

• aménagement de lieux symboliques : Assemblée Nationale, Panthéon, ministères, universités (Chenavard, Puvis de Chavannes, etc.)

• l’avenir dans l’urbanisme et l’architecture (Crystal Palace, Baltard, Eiffel…) 

• l’avenir investi et imaginé par les avant-gardes littéraires et esthétiques

• les nouvelles formes artistiques (photographie, premier cinéma), le discours sur leur modernité, leur représentation de l’avenir

• l’avenir en farce : l’imaginaire visuel de l’avenir dans la presse satirique

 

III. Écrire, imaginer le futur 

Écrire le futur : genres, poétiques, supports 

• renouveau du genre utopique au XIXe siècle (Étienne Cabet, Félix Bodin, Paul Adam, Émile Zola, Edward Bellamy, William Morris), naissance de la dystopie (Émile Souvestre, Didier de Chousy, Samuel Butler, H.G. Wells) 

• quels autres genres pour mettre en récit le futur ? Romans d’anticipation scientifique (Verne, Robida, Rosny), romans d’aventures (voyages interplanétaires, robinsonnades futuristes), exploration des ruines de Paris, récits de guerre du futur…

• la poésie scientifique, célébration ou rejet du progrès en poésie (Hugo, Du Camp, Verhaeren…)

• l’avenir sur la scène : spectacles et féeries scientifiques (cf. Excelsior), présence du futur dans les revues de fin d’année

• personnages topiques : le scientifique, l’ingénieur, le journaliste, l’architecte… (fonctions et enjeux idéologiques dans les divers genres)

• registres mobilisés et régimes de référentialité des textes : didactique, épique, parodique, satirique, fantastique, merveilleux…

• usages de la description : comment donner chair à l’imaginaire du futur?

• le développement de supports éditoriaux spécifiques pour une littérature d’anticipation : collections populaires, éditions pour la jeunesse, fascicules illustrés, revues de vulgarisation scientifique…

 

L’imagination du futur (utopies, dystopies)

Comment on imagine la cité du futur sur les plans…

• politique (ses institutions, son régime)

• social (ses rapports de classe et de genre)

• économique (modes de production, échanges, monnaies, systèmes bancaires, économique, question du libre-échange)

• scientifique et technologique : quelles inventions dans les transports, les communications, les armes, quelles sources d’énergie futures ?

• physiologique : l’évolution de l’espèce humaine, l’eugénisme, l’homme « augmenté », l’homme artificiel, la vie prolongée (Brown-Séquard)…

• urbanistique : comment pense-t-on la ville du futur, ses moyens de transports, les habitations du futur, les nouveaux monuments, le destin futur des nouveaux lieux (les grands magasins, les usines, les gares), la cohabitation du moderne et de l’ancien…

• linguistique : la langue du futur, la langue universelle, les utopies linguistiques (espéranto, volapuk), les néologismes…

• pédagogique : les méthodes d’éducation du futur, la place de l’enfant dans la cité de demain, l’avenir tel qu’il est suggéré dans les manuels scolaires…

 

Les arts du futur

• comment rêve-t-on l’évolution des spectacles, la peinture et la littérature du futur, l’architecture de demain, la « musique de l’avenir » (Wagner)

• avec quels acteurs et dans le cadre de quelles institutions culturelles ?

• le musée entre passé et avenir

• comment les progrès techniques (par exemple l’électricité) influent-ils sur cette évolution ?

• la transformation de l’objet livre (imaginé sous forme sonore), ses effets sur les pratiques de lecture et sur le statut de la culture lettrée dans la société du futur

• les nouveaux supports de diffusion des arts et de la littérature dans la culture médiatique de masse

 

*

 

Call for papers

The 19th Century in the future

Thinking, representing and imagining times to come during the 19th Century

 

Scientific committee: Claire Barel-Moisan (CNRS), Marta Caraion (Lausanne), Jean-Claude Caron (Clermont-Ferrand II), Aude Déruelle (Orléans), Frédérique Desbuissons (INHA), José-Luis Diaz (Paris-Diderot), Françoise Gaillard (Paris-Diderot), François Hartog (EHESS), Jean-Yves Mollier (Saint-Quentin), Jean-Claude Yon (Saint-Quentin).

Organisation committee: Claire Barel-Moisan (CNRS), Aude Déruelle (Orléans), José-Luis Diaz (Paris- Diderot)

It has often been said that the 19th Century was the first to consider itself as a Century and also the first to be designated by a numeral. Another of its features is that, unlike the Age of Enlightenment for example, it is not centred around a single qualification; quite the contrary, a multitude of titles seek to qualify it. Many expressions start with the “the century of...” and focus on one of its apparently essential features: the century of history, the century of revolutions, the century of inventories (Thibaudet), the century of dictionaries (Larousse), the century of abstraction (Fortoul), the century of science, the century of inventions, the century of speed, the positive century, the romantic century, the century of joke (Goncourt), etc. 

This subject has been examined during two previous Congresses of our Society, which looked at how the 19th Century represented itself as well as how it was represented during the following century. Our next Congress invites participants to take these considerations further by exploring the question from an additional angle.

Among the recurring formulations that were mentioned above, this time we have chosen to focus on the special relationship of the “century of progress" with the future, whilst taking a broader look at the relationships of this century with historical time, and its way of positioning itself within History and managing the three major temporal dimensions (Past, Present & Future). By starting with the temporalisation of notions, concepts and experiences which come into play within the context of a new “regime of historicity” (François Hartog), this examination could elect to focus particularly on the way in which the 19th Century chose to think, represent and imagine both the distant future, remote from all temporality, as well as the more easily imaginable near future (“l’avenir”), the subject of contemporary debates. It could also look at how it chose to build these futures and to build itself in relation to them, whilst thinking of its present in the future past, more intensely as historical time accelerates.

The 19th Century was, in its relationship with the Past, the century of History, the century of inventories, a "retrospective" century. However it was also, in its relationship with the Future, the century of progress, the century of the future and the century of utopia (and dystopias), and in its relationship with the Present, was the century of the newspaper, and also the century of acceleration, of a rapid updating of practices and experiences. And that is how the present itself, as a result of the acceleration of communications and the succession of scientific discoveries, finds itself being projected towards a future which is getting rapidly closer. Consequently, the need to conceive the future is felt with a new urgency and necessity. Temporality is thus prey to a sort of imperialism of the future in response to the earlier centuries, which are perceived as being characterised by their reverence to unyielding tradition. The question of times to come (“l’avenir”), which once seemed more remote, almost virtual, and the stuff of simple dreams and utopia, is now a more pressing matter, both for those who are keenly engaged, who look forward to it with joy and seek to anticipate the future with utopian visions, and for these for whom both the near and more distant future are a source of fear and refusal, provoking them to be backward-looking and show resistance. While the end of the Enlightenment saw “Posterity” as a sort of secular Last Judgement, ideal for repairing the errors of despotism and offering retribution to the just, but also something remote and uncertain, the 19th Century experiences the future in both a more intense and a more immediate manner.

 Both the near and the remote Future, become a dimension of historical time that philosophical systems address with predilection. Philosophy of sciences, philosophy of history and religions dialogue and intersperse, as shown by the intellectual career of Renan. Thus a field emerges that encourages representations and imageries, invested also by literature and the various arts. 

But the near future is first and foremost the ideal battlefield of political, religious and social ideologies with the central struggle, at least since the 18th Century, being based around the concept of Progress, a broad notion which imposes a positively oriented image of the future, going way beyond the political sphere, as it leads to a “religion of the future”. In this way the 19th Century seeks a riposte to the traditionalist backward regard of the institutionalised religions, but also to propose another projection into the future which is not a form of eschatology. Hence the statement from Larousse: “Faith in the law of progress is the real faith of our era.” But the adversaries of this new faith are numerous and active throughout the century. The political and philosophical battle is played out for and against Progress by the “progressives” and the “reactionaries” of all kinds. The partisans of “perfectibility” carry the banner of Progress in their struggle, and predict “happy tomorrows” according to often divergent historical and political scenarios. They are opposed by all those who doubt, protest or who mock this optimistic vision of an idealised future.

With regards to the more distant future, we then witness the development of utopias, imaginary topographies of the ideal society (which rapidly tend to transform into dystopias), whilst new literary genres emerge, such as the scientific anticipation novel. But once again, these journeys towards distant future eras are often also based on an image of the present and on comparisons and antitheses that are easily decipherable in relation to it. 

These considerations also allow the 19th Century to be seen from today, as if in a mirror; thus examined from the future that we were for it, treating it both as an exemplary period of our past, and as the inventor of visions of the future, which have continued to govern a large part of the 20th Century. What remains today of this 19th Century, the thinker of the future, between progress and a discourse of decline? What representations seem hopelessly outdated, which theories, which imageries are still valid today and mean something to our nascent 21st Century? 

The abstracts we hope to receive could draw on one of the themes outlined below, although these are just suggestions. Particular attention will be paid to proposals which avoid monographic approaches by adopting a transversal perspective and a multi-disciplinary approach (history, literature, philosophy, art history, history of sciences, history of techniques and communications, etc).  

Outline proposals (around 2000 characters) accompanied by a short bio-bibliographical notice should be sent to Claire Barel-Moisan (claire.barel-moisan[at]ens-lyon.fr) before 15 May 2015. The scientific committee will meet to select the proposals before the summer.

 

I. - Future and progress

1. Philosophies and policies of progress

• How do the conceptualisations of progress inherited from the Enlightenment evolve in the 19th Century? (perfectibility/progress)

• Modelisation of time (oriented line, cycle, eternal return, ascending or descending spiral, golden age) and history according to development stages – the three states of Comte (theological, metaphysical and positive), Morgan’s three stages of society (savage, barbaric, and civilised).

• Influence of scientific theories on the conception of time (Cuvier, Lyell), evolution and evolutionism (from Darwin to Spencer)

• The conception of a cumulative progress (sciences vs. arts and literature) – Mme de Staël, Chateaubriand, Hugo

• How is the past (and its different historical periods) reinterpreted as regards progress (positive and negative models)

•The political challenges of progress: reform and revolution

• The political and social field split by the extent of the faith in progress; battle between “men of progress”, the “men of tomorrow" and “reactionaries" or “retrogrades”. Inscription of progressive and anti-progressive battles in the topography of political parties and particularly in the press (Revue du progrès, Revue du progrès social, L’Avenir, etc.)

• Progress and religion : reinterpretations of Christianity (Ballanche, Lamennais…); the new “religions” founded on progress (Saint-Simonism, Positivism, etc.)

• Re-readings of 19th Century thinking on progress through the ideologies of the 20th Century (Marx and Marxism…)

 

2. Geography of progress

• Which continents, which countries, which provinces, which cities emerge as the incarnations of the future, as opposed to places seen as protectorates of traditions  (Brazil, the "young nations" compared with "old Europe")?

• Comparative visions of progress according to the nation (Germany, England, America, Italy, Spain, Russia, Latin America, etc).

• The geopolitics of progress (nation-building, European federation, internationalist utopias)

• The century of empires: colonial policies and the diffusion of progress

• The role of migrations in this geography of progress

• Symbolic importance of the Suez canal and the Panama canal in redefining international movements.

 

3. The other side of progress 

• Imageries of the end of the world (disappearance of the human race, global cooling, apocalypse and eschatology).

• “Ceci tuera cela”(Hugo): the dynamics of destruction at work in the arrival of the new 

• the discourse of decadence

• The “prophets of the past” (Barbey d’Aurevilly)

• The fin-de-siècle  fear of “degeneration”

• The fear of the impact of science on daily life (chemistry associated with fraud and adulteration): “The century of inventions is the century of substitutes”

• The mantra of progress: the ironic approach to progressive discourses; the future from Homais’ perspective

• those excluded from progress

 

II. The future present

1. The future incarnated in the present

• The acceleration of time (transport, communications, press)

• The “century of inventions”: emblematic objects of the future (telegraph, telephone, daguerreotype, phonograph, gas lighting, tarmac, aeroscaphe, etc.)

• Progress and economy: industrialism, the great public works (Haussmann, Suez, Panama), the banking system, etc.

• The academic disciplines of the future, the emergence of new disciplines and the reconfiguration of sciences in the 19th Century (psychology, sociology, prehistory, anthropology, ethnology, linguistics, alienism, etc.)

• The inventor, the pioneer, the explorer, the trailblazer: the “men of the future”

• The collective future (clubs, utopian communities): the idea of “avant-garde”

• The pantheon of men of progress (Pasteur, Berthelot, Bernard, Larousse…); the “beacons” of the future (Hugo, Michelet…)

• The showcasing of the future: universal exhibitions, celebrations of Paris as the city of Progress (Paris-guide de Hugo)

• Advertising the future, the future as a selling point

 

2. The hatred of the present

• Vomit the century: vituperations, tirades and pamphlets, against a present manifesting in a premonitory manner the harmful effects of progress

• The hatred of the bourgeois, of the philistine in favour of progress

• The civilisation of the future as a satire of contemporary society

• From the Revolution to the fin-de-siècle: typology of "reactionaries”

• Toppling the “idols of the future”: the targets of anti-progressivism

 

3. Languages and representations of the future

• The rhetoric of the future in the political, economic, religious discourse and in the press (at both a local and national level)…

• Slogans, ready-made formulae, phraseologies, stereotypes

• Poetisation, metaphorisation, mythologisation of the future

• Prophets, wise men and Cassandras: the ethos of the voices of the future

• The future in the decorative arts: political posters, statues and frescos

• The interior design of symbolic sites: National Assembly, Pantheon, ministries, universities (Chenavard, Puvis de Chavannes, etc.)

• The future in urban planning and architecture (Crystal Palace, Baltard, Eiffel…)

• The future invested and imagined by the literary and aesthetic avant garde

• The new art forms (photography, early cinema) the discours on their modernity, their representation of the future

• The future as farce: the visual imagination of the future in the satirical press

 

III. Writing and imagining the future

1. Writing and imagining the future Genres, poetics, media

• Renewal of the utopian genre in the 19th Century (Étienne Cabet, Félix Bodin, Paul Adam, Émile Zola, Edward Bellamy, William Morris), birth of dystopia (Émile Souvestre, Didier de Chousy, Samuel Butler, H.G. Wells)

• Which other genres were used to portray the future? scientific anticipation novels (Verne, Robida, Rosny), adventure novels (interplanetary journeys, futuristic robinsonades), exploration of the ruins of Paris, tales of the wars of the future...

• Scientific poetry, celebration or rejection of progress in poetry (Hugo, Du Camp, Verhaeren…)

• The future on the stage: scientific shows and “féeries” (cf. Excelsior), presence of the future in end-of-year reviews

• Topical characters: the scientist, the engineer, the journalist, the architect (functions and ideological issues in the various genres)

• Registers used and regimes of referentiality of the texts: didactic, epic, parodic, satiric, fantastic, marvellous...

• Use of description: how to bring the imaginary future to life?

• The development of specific editorial material for an anticipatory literature: popular collections, youth editions, illustrated fascicules, scientific popularisation magazines…

 

2. The imagination of the future (utopias, dystopias)

How is the society of the future imagined from the following perspectives:

• Political (its institutions, its regime)

• Social (relationships to class and genre)

• Economic (means of production, trade, currencies, banking and economic systems, free trade)

• Scientific and technological: what inventions in the areas of transport, communications, arms, what future energy sources?

• Physiological: the development of the human race, eugenics, the “improved” man, the artificial man, extended life (Brown-Séquard), etc.

•Urban planning: how is the city of the future conceived, its transports, its future homes, the new monuments, the future destiny of new sites (the big department stores, factories, and stations), cohabitation between the modern and the old

• Linguistics: the language of the future, the universal language, linguistic utopias (Esperanto, volapuk), neologisms, etc.

• Pedagogical: the education methods of the future, the place of the child in tomorrow's communities, the future as suggested in school textbooks

 

3. The arts of the future

• How are the development of theatre, painting, and literature in the future, the architecture of tomorrow, the “music of the future” (Wagner) imagined?

• With which players and within the framework of which cultural institutions?

• The museum between past and future

• What influence does technical progress (such as electricity) have on these developments?

• The transformation of the book as an object (imagined as an oral format), its effects on reading habits and the status of literary culture in the society of the future.

• The new media for disseminating arts and literature in the mass media culture.