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Congrès Médias 19-Numapresse, Paris, 8-11 juin 2020

Annonce publiée le 20 septembre 2019
congres-medias-19-numapresse-paris-8-11-juin-2020

Presses anciennes et contemporaines, à l’heure du numérique

Après un premier congrès en juin 2015, Médias 19 et Numapresse organisent une deuxième grande manifestation qui se tiendra à Paris, du 8 au 11 juin 2020, pour faire état de la recherche actuelle sur la presse, à l’heure de la numérisation des corpus.

Le projet scientifique franco-québécois Médias 19, articulé autour de la plateforme numérique www.medias19.org, a été le cadre de développement d’une réflexion, depuis 2011, sur les pratiques journalistiques au XIXe siècle, sur la valorisation et l’analyse des corpus, ainsi que sur l’étude du développement de la culture médiatique dans l’espace francophone. Depuis 2017, le projet scientifique international Numapresse, financé par l’Agence Nationale pour la Recherche française (www.numapresse.org), ambitionne de proposer une nouvelle histoire culturelle et littéraire de la presse française, du XIXe siècle à nos jours, en mobilisant les grands corpus de presse numérisés et les nouveaux outils de text et data mining.

Ce congrès, organisé par Guillaume Pinson (Université Laval) et Marie-Ève Thérenty (Université Paul-Valéry Montpellier III) est l’occasion de convier les chercheurs à faire état de la recherche actuelle. Divisé en quatre journées de travail, il se fonde sur des grands axes qui ont été au cœur des recherches historiques et littéraires sur la presse de ces dernières années.

Le congrès se déroulera à Paris (le lieu exact sera confirmé en automne 2019). Les communications seront de 20 minutes. Les propositions en français ou en anglais (250 mots, quelques lignes de curriculum vitae, coordonnées complètes et mention de l’institution d’attache) seront à envoyer par courriel à l’adresse suivante, avant le 1er décembre 2019 : congresM19Numapresse@gmail.com

Les chercheurs intéressés à soumettre une proposition sont informés que, pour tous les axes du congrès, les études transversales et générales seront préférées aux sujets purement monographiques. Par ailleurs, les propositions qui ne relèvent pas d’un de ces axes seront aussi examinées. Le congrès donnera lieu à publication. 

 

Axe 1. Viralités et circulations 

Responsable : Guillaume Pinson

La vogue de l’histoire mondiale et des transferts culturels, liée aux campagnes massives de numérisation de la presse, a ouvert la voie ces dernières années à des études décloisonnées des corpus médiatiques. Ceux-ci sont envisagés dans leur capacité à échanger des textes et à souder des communautés de lecteurs sur des zones géographiques tantôt très denses (au sein des grandes métropoles médiatiques), tantôt très étendues (axes atlantiques Europe-Amériques, ou encore liaisons coloniales, par exemple). Les outils numériques ont en outre ouvert la voie à des études de circulation et de « viralité » (Cordell) sans commune mesure avec les modes habituels de lecture et de dépouillement. On peut ainsi repérer automatiquement des pratiques largement répandues de réimpression d’articles, dont certaines sur des intensités et des espaces considérables. Le succès planétaire des Mystères de Paris (1842-1843) d’Eugène Sue, rapidement imité et donnant lieu à une matrice récupérée dans tous les coins du globe, comme l’a bien montré un projet de recherche conduit par l’équipe de Montpellier de Médias 19, n’est que la partie la plus visible de l’iceberg. Nous avons désormais la capacité de détecter automatiquement des formes de circulations et de viralités de corpus beaucoup plus furtifs à nos yeux, mais majeurs dans l’intensité de leurs reprises : des œuvres littéraires aujourd’hui oubliées, des essais, des anecdotes, des faits divers, des actualités variées... Cet axe invite donc les chercheurs à penser toutes les formes de circulation et de viralité au XIXe siècle. On privilégiera ici les approches de synthèse sur l’expérience liée à l’usage des outils numériques, mais les études plus classiques de circulations et de transferts sont aussi les bienvenues, si elles permettent d’éclairer largement ces phénomènes de décloisonnement des corpus. La perspective d’une histoire mondiale de la presse en français (projet dirigé par G. Pinson et D. Cooper-Richet du réseau Transfopress) sera aussi envisagée dans cet axe, parmi d’autres enjeux : trajectoires d’écrivains-journalistes, contacts et transferts linguistiques dans la presse, relations entre la presse et les formes émergentes de la mobilité (essor du chemin de fer, développement des lignes maritimes, mise en place des réseaux de télégraphie électrique), études culturelles de la viralité (discours contemporains sur l’espace-temps, valeurs et débats sur les nouvelles mobilités), transformation matérielle et poétique de la presse (ouverture des rubriques de télégraphie, revues de presses internationales), etc.

 

Axe 2. Pour une histoire culturelle et littéraire de la presse au XXe siècle 

Responsable : Marie-Ève Thérenty 

De nombreux travaux récents sur la presse, de La Civilisation du journal (2011) aux études conduites par Médias 19, ont pris comme terrain de recherches un long XIXesiècle. Mais un objectif important des études de presse actuelles est aussi de parvenir à une compréhension générale des poétiques et imaginaires médiatiques du XXe siècle. Le XXe siècle est un moment crucial pour l’expansion de la presse, sa professionnalisation, sa politisation. C’est aussi le moment où le support écrit, perdant son caractère exclusif, est concurrencé par d’autres médias (cinéma, radio, télévision) qui l’influencent aussi. Une nouvelle temporalité, la scansion hebdomadaire, vient s’ajouter au rythme quotidien pour le traitement de l’actualité, à travers la création de magazines d’importance dès la fin des années vingt et le début des années trente (Candide, Gringoire, Marianne) et puis après-guerre (L’Express, Le Nouvel Observateur, Le Point). Les contenus aussi évoluent : de nouveaux sujets, comme le sport, le cinéma ou la télévision, s’imposent à côté de l’actualité politique ou culturelle traditionnelle. La refonte complète de la presse à la Libération s’appuie sur de nouvelles exigences éthiques et donc poétiques véhiculées par un Hubert Beuve-Méry ou un Albert Camus qui ont des conséquences sur l’auctorialité des journalistes. Globalement pour remédier à ce qu’on identifie comme les débordements des années trente, s’imposent, notamment dans les écoles de journalistes, des écritures dites objectives dont certains journaux, comme Le Monde, prétendent se faire le véhicule. Pourtant, nous faisons l’hypothèse que la littérarisation des écritures de presse ne disparaît pas et qu’il existe des titres (France-Soir après-guerre, Libération) ou des formules (l’hebdomadaire, puis le mook) qui continuent à favoriser l’hybridation des poétiques. Parmi d’autres, ces différents sujets pourraient être abordés : les écrivains-journalistes, le rapport de la presse écrite avec la radio et la télévision, les rythmes et les périodicités de l’information, la question de l’hebdomadaire et du magazine, la place du sport, du cinéma, de la télévision… dans la presse écrite et les poétiques afférentes, la formation des journalistes et la question des écoles de journalisme, l’émergence de nouveaux genres et de nouveaux formats, le développement du reportage, l’illustration de presse (photographie, dessin, bandes dessinées…), les transformations des représentations sociales, culturelles, politiques, induites par la presse écrite,  la comparaison du système de presse français avec d’autres pays, la question des femmes et du genre (gender) dans la presse… Ici encore, on fera un accueil particulier aux approches mobilisant des outils numériques mais les communications plus classiques seront aussi les bienvenues.

 

Axe 3. Culture médiatique et culture numérique ou l’atelier des geeks

Responsables : Pierre-Carl Langlais et Julien Schuh

Depuis vingt ans, la presse ancienne a été massivement numérisée. Ces corpus se sont progressivement imposés comme un terrain d’expérimentation idéal pour des approches scientifiques hybrides croisant histoire, sociologie, analyse littéraire, infrastructures informatiques, approches statistiques et traitement automatique du langage naturel. L'hétérogénéité du journal et l'ampleur des archives numérisées ont favorisé l'émergence de nouveaux espaces interdisciplinaires (bibliothèques numériques, humanités numériques, littérature computationnelle…) et de nouvelles circulations d'outils, de méthodes et de concepts entre les disciplines et ont rendu plus légitime une forme de lecture distante, autorisant des approches multiples : topics modeling, classification supervisée, détection des reprises, indexation d’entités nommées, analyse de mise en page… Les techniques de deep learning et de classification automatisée, de plongement de mots, ouvrent des fenêtres nouvelles sur un gigantesque ensemble de textes et d’images encore très peu exploré. Ce troisième axe vise à interroger l'émergence d'un nouvel écosystème de la presse numérisée, depuis le processus d'élaboration de l'archive numérique jusqu'aux nouvelles formes de remédiations et de projections expérimentales de ces corpus. Il sera également l’occasion d’interroger l'incidence méthodologique de ces nouvelles pratiques sur la conceptualisation de l'objet de recherche et la construction du terrain et des corpus. Ce retour réflexif croisant humanités numériques et digital studies pourrait s'exercer sur les sujets suivants : construction de l'archive numérique (effets transformatifs des OCRs, mobilisation du digital labor, nouvelles infrastructures de mise en circulation du texte numérisé), pratiques de lecture distante (classification des genres, études de la viralité et des réseaux de reprises, histoire longue des poétiques visuelles), extraction de données historiques (signatures, annonceurs publicitaires, cours de la bourse…) remédiation des corpus (rééditorialisation d'articles, de données ou de fiction publiées dans la presse, data visualisations…)

 

Axe 4. Rééditorialisation des articles de presse : du recueil à l’agrégateur de données 

Responsable : Adeline Wrona 

Lire la presse numérisée, c’est se donner les moyens de pointer des phénomènes de migration et de recyclage qu’il est difficile de repérer à l’œil nu, et entrer dans une forme de philologie automatisée, qui scrute variantes et reparutions. D’un autre côté, produire l’information en ligne, c’est intégrer dans le fonctionnement ordinaire de la rédaction les gestes de republication des articles, que ce soit par segmentation, recalibrage, enrichissement ou mise en liste. C’est aussi écrire sous le regard anonyme des moteurs de recherche, et de leur référencement qui impose des consignes d’écriture aléatoires. L’un des phénomènes associés le plus constamment au numérique réside donc dans le repérage et la mise en œuvre d’une diversification des matérialités donnant corps au texte, bien loin du mythe persistant selon lequel le « virtuel » serait synonyme de dématérialisation. Hier comme aujourd’hui, le propre du texte de presse est d’avoir plusieurs vies, sur plusieurs supports, dans plusieurs régimes de temporalité, en formant des ensembles à géométrie variable. Les communications attendues dans cet axe analyseront différents phénomènes rendant compte de cette logique de rééditorialisation, qui va bien au-delà des seules publications dans le support du quotidien. Dans l’entre-deux guerres, certains magazines tel Détective ont pour vocation de valoriser les grandes plumes des collections éditoriales, au point que c’est finalement le périodique qui intègre d’emblée une logique de recueil. On interrogera différents enjeux propres à cette question du recueil, dans le journalisme contemporain comme dans l’analyse de la presse des XIXe et XXe siècles ; cela pourra concerner par exemple les modalités renouvelées de la mise en recueil en régime numérique – portfolio, diaporama, et autres newsletters ; les jeux avec les signatures et les droits d’auteurs impliqués par les circulations d’un modèle éditorial à l’autre, de la généralisation des « voleurs » sous la Monarchie de Juillet à la définition complexe des « droits voisins »; on interrogera la valeur de la reprise, généralement considérée comme facteur d’appauvrissement des discours d’information, mais rarement analysée dans sa réalité textuelle voire stylistique.

 

Comité scientifique

Paul Aron, Université Libre de Bruxelles, Belgique

Catherine Aurerin, Bibliothèque nationale de France, France

Rodney Benson, New York University, États-Unis

Maud Ehrmann, Projet Impresso, EPFL, Suisse.

Stéphane Gerson, New York University, États-Unis

Richard R. John, Columbia University, États-Unis

Dominique Kalifa, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, France

Florence Le Cam, Université Libre de Bruxelles, Belgique

Pierre-Carl Langlais, Numapresse, France

Vincent Larivière, Université de Montréal, Canada

Matthieu Letourneux, Université Paris Ouest Nanterre, France

Jean-Philippe Moreux, Bibliothèque nationale de France, France

Guillaume Pinson, Université Laval, Canada

Sophie-Anne Robert, Bibliothèque nationale de France, France

Julien Schuh, Université Paris Ouest Nanterre, France

Laura Suarez de la Torre, Instituto Mora, Mexique

Marie-Ève Thérenty, Université de Montpellier 3, France

Alain Vaillant, Université Paris Ouest Nanterre, France

Yoan Vérilhac, Université de Nîmes, France

Adeline Wrona, Sorbonne-Université, France

 

Médias 19 – Numapresse Congress

The old press and the new press in the digital age

Paris, June 8-11, 2020

After a first congress held in June, 2015, Médias 19 and Numapresse are organizing a second large meeting that will take place in Paris, from June 8 to 11, 2020, and that aspires to map the current state of research on the press in the age of the digitization of corpora.

The joint France-Québec scientific project Médias 19, centered around the digital platform www.medias19.org, has, since 2011, been the development framework of a reflection on the journalistic practices of the 19th century, the valorization and analysis of corpora, as well as studies of the development of the media culture in the francophone space. Since 2017, the international scientific project Numapresse, financed by the French National Agency for Research (www.numapresse.org), aims to propose a new cultural and literary history of the French press from the 19th century to the present day, by mobilizing the large corpora of digitized news and new text and data mining tools.

This congress, organized by Guillaume Pinson (Université Laval) and Marie-Ève Thérenty (Université Paul-Valéry Montpellier III) provides an opportunity to invite researchers to map the current state of research. It will consist of four workdays and is based on the main themes that have, during the last few years, been at the heart of historical and literary research on the press.

The congress will take place in Paris (the exact location will be confirmed in the fall of 2019). Presentations are limited to 20 minutes. Proposals in French or English (250 words, a succinct CV, complete contact details, including the name of your institution) should be sent by e-mail to the following address, before December 1, 2019 : congresM19Numapresse@gmail.com  

Researchers interested in submitting a proposal should know that, for all the themes of the congress, transversal and general studies are preferred to subjects that are purely monographic. In addition, all proposals that do not pertain to one of these axes will also be examined. The congress will result in a publication. 

 

Axis 1: Viralities and circulations 

Leader : Guillaume Pinson 

The vogue of world history and cultural transfers, linked to massive campaigns of press digitization, have, during the past few years, opened the way for decompartmentalized studies of media corpora. These will be considered in their capacity to exchange texts and to reunite reader communities from geographical zones that are in part very dense (within big media metropolies), and in part diffusely populated (Europe-American Atlantic axes, or colonial communications, for instance). Moreover, digital tools have opened the way for circulation and “virality” studies (Cordell) that have nothing in common with the usual reading modes and painstaking analysis. This way, one can automatically reconstructed the reprinting practices, some of which were of high volume and considerable geographical diversity. The global success of Mystères de Paris (1842-1843) by Eugène Sue – which was quickly imitated and gave rise to a model replicated in every corner of the world, as shown by a research project conducted by the Montpellier team of Médias 19 – is merely the tip of the iceberg. From now on we have the capacity to automatically detect forms of circulation and virality within the corpora that are much more furtive to the eyes, but major when it comes to the intensity of the reprints: literary works that are forgotten today, essays, anecdotes, brief news stories (fait divers), news snippets... This axis thus invites researchers to reflect on all forms of circulation and virality in the 19th century. We will privilege synthesizing approaches related to the experience of using digital tools. More traditional studies on circulation and transfers are, however, also welcomed, on condition that these largely elucidate these phenomena of corpora decompartmentalization. The perspective of a world history of the francophone press (project led by G. Pinson and D. Cooper-Richet of the Transfopress-network) will also be examined in this axis, amongst other issues : the career trajectories of writers and journalists, contacts and linguistic transfers in the press, relations between the press and emerging forms of mobility (the rapid expansion of the railroad, the development of maritime routes, the installation of electronic telegraph networks), cultural studies of virality (contemporary discourse on space-time, values and debates on new mobilities), material and poetic transformation of the press (the start of telegraphy columns, review of the international press), etc.

 

Axis 2: For a cultural and literary history of the press in the 20th century

Leader : Marie-Ève Thérenty

Numerous recent works on the press, from La Civilisation du journal (2011) to the studies conducted by Médias 19, have chosen the 19th century as research area. However, an important objective of contemporary studies on the press has also been to achieve a general understanding of the media poetics and media imaginaries of the 20th century. The 20th century is a crucial moment for the expansion of the press, its professionalization and politicization. It is also the moment that the written medium, losing its exclusive character, faces the competition from other media (cinema, radio, television) that simultaneously influence it. A new temporality, the scansion of the weekly, is added to the daily rhythm of the processing of news, through the creation of important magazines from the end of the 1920s through the 1930s (Candide, Gringoire, Marianne) and the post-war years (L’Express, Le Nouvel Observateur, Le Point). The content evolves as well: new subjects, such as sports, cinema and television, impose themselves alongside political or traditional cultural news. The complete reworking of the press during the Libération relies on new ethical and thus poetical demands, that were conveyed by people like Hubert Beuve-Méry and Albert Camus and had consequences for the authoriality of journalists. Overall, to remedy what were identified as the excesses of the 1930s, forms of writings that were said to be objective impose themselves, for which some newspapers, such as Le Monde, claim to figure as a vehicle. However, we propose the hypothesis that the literarization of press writings does not disappear and that titles (France-Soir post-war, Libération) or forms (the weekly, then the mook) exist that continue to favor the hybridization of poetics. Amongst others, these different subjects could be addressed : writer-journalists, the relation between the written press and radio and television, the rhythms and periodicity of information, the issue of the weekly and the magazine, the place of sports, cinema and television in the written press and the related poetics, the training of journalists and the issue of journalism schools, the emergence of new genres and new formats, the development of reportage, press illustrations (photography, drawings, comic strips...), the transformation of social, cultural, political representations induced by the press, the comparison of the French press with that of other countries, the issue of women and gender in the press... Once again, we will particularly welcome approaches that mobilize digital tools, but more traditional presentations are also welcomed.

 

Axis 3: Media culture and digital culture or the atelier for nerds 

Leaders : Pierre-Carl Langlais and Julien Schuh

Since twenty years, the old press has been massively digitized. These corpora have progressively imposed themselves as the ideal terrain for experimentation of hybrid scientific approaches that crosses history, sociology, literary analysis, infrastructures related to computer science, statistical approaches and automatic language processing. The heterogeneity of the newspaper and the size of digitized archives have favored the emergence of new interdisciplinary spaces (digital libraries, digital humanities, computational literature...) and new circulations of tools, methods and concepts between disciplines. It has also rendered a form of distant reading more legitimate by authorizing multiple approaches: topic modeling, supervised classification, detection of reprints, named entity recognition, the analysis of layout... The techniques of deep learning and automated classification, of word embedding, open up the way for a gigantic ensemble of texts and images that has still barely been explored. This third topic aims at questioning the emergence of a new ecosystem of the digitized press, from the process of elaborating the digital archive all the way to new forms of remediations and experimental projections of these corpora. It will also provide the opportunity to question the methodological effect of these new practices on the conceptualization of the research object and the construction of terrain and of corpora. This reflexive approach, which crosses digital humanities and digital studies could address the following subjects: the construction of digital archives (transformative effects of OCR’s, the mobilization of digital labor, new infrastructures of circulation for digitized texts), the practices of distant reading (genre classification, studies on virality and reprint networks, the long history of visual poetics), extraction of historical data (bylines, advertisers, stock prizes...), remediation of corpora (re-editorialization of articles, of data or of fiction published in the press, data visualizations...).

 

Axis 4: Re-editorialization of press articles: from collecting to data aggregators 

Leader : Adeline Wrona

Reading the digitized press means giving yourself the means to point at phenomena of migration and recycling that are hard to observe with the naked eye and to enter a form of automatic philology which scrutinizes variations and republications. On the other hand, producing information online means integrating gestures to republish articles within the everyday functioning of the editorial office, whether this is done by segmentation, recalibration, enrichment or listing. It also entails writing under the anonymous watch of search engines, and of their referencing which imposes unpredictable writing instructions. One of the phenomena most often associated with the digital resides thus in the retrieval and the implementation of a diversification of materialities that give shape to the text, far from the persistent myth according to which the “virtual” would be the synonym of de-materialization. Yesterday, just like today, the specific feature of the press text is to have multiple lives, in multiple media forms, in different regimes of temporality, by forming ensembles of variable geometry. The presentations expected for this axis will analyze different phenomena whilst accounting for this logic of re-editorialization which transcends singular publications of the medium of the daily paper. During the interwar period, certain magazines such as Détective have the vocation to valorize the great writers of editorial collections, to the point where it is at last the periodical that integrates a logic of collecting at once. We will interrogate different issues particular to this question of collection in the analysis of the press of both contemporary journalism and the 19th and 20th century; this could for example concern the renewed modalities of the act of collecting in the digital regime – portfolio, photographic slideshow, and other newsletters; the bylines and copyright implicated by the circulation of one editorial model to the other, from the generalization of “thiefs” during the July Monarchy to the complex definition of “neighboring rights”; we will interrogate the value of copying/reproduction, generally considered to be an impoverishing factor of the information discourse but rarely analyzed in its textual or stylistic reality.

 

Scientific Committee

Paul Aron, Université Libre de Bruxelles, Belgium

Catherine Aurerin, National Library of France, France

Rodney Benson, New York University, United States

Maud Ehrmann, Project Impresso, EPFL, Switzerland

Stéphane Gerson, New York University, United States

Richard R. John, Columbia University, United States

Dominique Kalifa, University of Paris 1 Pantheon-Sorbonne, France

Florence Le Cam, Université Libre de Bruxelles, Belgium

Pierre-Carl Langlais, Numapresse, France

Vincent Larivière, University of Montreal, Canada

Matthieu Letourneux, Paris Nanterre University, France

Jean-Philippe Moreux, National Library of France, France

Guillaume Pinson, Université Laval, Canada

Sophie-Anne Robert, National Library of France, France

Julien Schuh, Paris Nanterre University, France

Laura Suarez de la Torre, Dr. José María Luis Mora Research Institute, Mexico

Marie-Ève Thérenty, Paul Valéry University of Montpellier III, France

Alain Vaillant, Paris Nanterre University, France

Yoan Vérilhac, University of Nîmes, France

Adeline Wrona, Sorbonne University, France