Médias 19 http://www.medias19.org Médias 19 est un site web consacré au journalisme du 19e siècle et à l’histoire médiatique. Il propose des éditions critiques de textes du 19e siècle médiatique, des dossiers thématiques composés d’articles scientifiques et des notices biographiques de journalistes. fr Rigolboche. Esthétique et politique du rire dans les journaux de tranchées, 1914-1918 http://www.medias19.org/index.php?id=23628 En 1917, année du Chemin des Dames, de l’entrée en guerre des États-Unis et de la sévère répression des mutineries françaises survenues sur le front, les cinq principaux quotidiens français se vendent chaque jour à quelque 4,5 millions d’exemplaires, chiffre considérable si l’on le rapporte aux 39 millions d’habitants que compte le pays à cette date2. Benjamin Gilles rappelle très justement que même dans les tranchées, l’attirance pour les nouvelles et le besoin de s’informer sur le cours de la guerre priment encore sur le dégoût pour ces publications mobilisées, largement mensongères, qui adhèrent au principe de l’Union sacrée et ne cessent de prédire la chute prochaine du barbare allemand. Les journaux se vendent, circulent, et, en dépit des vives critiques dont ils purent faire l’objet3, alimentent à maints égards la perception globale des événements, voire de leur propre identité de combattants, que cherchaient à se construire les soldats. Pourtant, dans nombre d’unités, ces derniers ont accès à une presse bien différente, rédigée par les leurs dans des conditions matérielles souvent précaires, condamnée dans bien des cas à un tirage confidentiel, et parfois moins dépendante du discours officiel que les titres de l’Arrière. Ces feuilles de tranchées, rédigées par certains camarades en cantonnement ou dans des abris de fortune, ont pour objet premier de lutter collectivement contre l’ennui menaçant l’homme de troupe. Lyriques, volontiers patriotes, plus ou moins soignés, mer., 10 mai 2017 00:00:00 -0400 http://www.medias19.org/index.php?id=23628 Le regard de trois voyageuses françaises sur la presse nord-américaine. Un féminisme en pointillé (1868-1905) http://www.medias19.org/index.php?id=23531 Les récits de voyage rencontrent au cours du XIXe siècle un succès considérable qui participe au processus de mondialisation médiatique, du fait de leur publication dans la presse quotidienne et dans les autres périodiques. De plus, la critique littéraire des journaux et des revues s’empare de ces récits, dont elle rend compte abondamment. Depuis les années 1990, les études littéraires et l’historiographie tendent à réévaluer la place des femmes dans la production de ce type de récit1. Cet élargissement du questionnaire à des écrits féminins peut engendrer de nouvelles orientations de recherche et corriger les analyses fondées sur des textes classiques, lesquelles font la part belle aux auteurs masculins : s’agissant des voyages à travers l’aire nord-américaine, la prise en compte d’écrits féminins, fussent-ils moins diffusés et commentés, permet de nuancer la thèse d’un antiaméricanisme chronique en France2.C’est à partir du Second Empire, mais surtout sous la Troisième République, que sont publiés en nombre significatif des récits de voyageuses françaises en Amérique du Nord3. Tombés dans l’oubli, ces récits gagnent à être redécouverts dans une perspective dynamique : ils précèdent les grands reportages, auxquels ils ouvrent la voie, en se prêtant à une interpénétration de plusieurs codes esthétiques. Aussi se trouvent-ils de plus en plus souvent à la fois en concurrence et en complémentarité avec les articles des grands reporters. Les principaux organes de presse commencen mer., 26 avril 2017 00:00:00 -0400 http://www.medias19.org/index.php?id=23531 Les « Janus » de la communication de masse : des journalistes-hommes politiques dans la presse radicale, au début de la IIIe République http://www.medias19.org/index.php?id=23514 Au début de la IIIe République, ceux qui sont à la fois des journalistes et des hommes politiques ont deux visages qui leur permettent d’occuper pleinement le nouvel espace public républicain – la sphère où les professionnels du discours public, hommes politiques, journalistes et savants, débattent des questions dont ils jugent bon de s’emparer. Cet espace public émerge avec le libre exercice du suffrage universel masculin, la liberté de la presse, et prend une dimension nationale1. Les journaux y occupent une place majeure, en particulier les quotidiens parisiens à un sou, diffusés dans l’ensemble de l’Hexagone, et la presse régionale populaire, qui répercute au jour le jour, dans ses premières pages, ce qui se dit dans les lieux du pouvoir central.Dans cet espace public républicain, tel Janus, le journaliste-homme politique s’adresse à tous et se rend visible de tous, de ses pairs comme des innombrables lecteurs-électeurs. Il s’adapte ainsi aux nouvelles contraintes de la sphère publique. Dans la presse radicale, parisienne et régionale, qui est l’objet de cette étude (Le Radical [Paris], La Dépêche [Toulouse], Le Petit Méridional [Montpellier]), ils se nomment Arthur Huc, Maurice Sarraut, Jules Gariel, Arthur Ranc, Henry Maret, Jean Jaurès, Georges Clemenceau…, pour les plus connus d’entre eux. Il s’agit également des rédacteurs départementaux et correspondants locaux de ces quotidiens régionaux, qui jouèrent un rôle politique essentiel à l’échelle de leur territoire.Ces i mar., 25 avril 2017 00:00:00 -0400 http://www.medias19.org/index.php?id=23514 Introduction http://www.medias19.org/index.php?id=23738 Nous sommes heureux de donner à lire ces actes du premier congrès Médias 19, qui a eu lieu au mois de juin 2015, au Centre culturel canadien de Paris. On trouvera ailleurs sur le site le programme complet de cette semaine d’échanges, dont la revue Le Temps des Médias a rendu compte (on peut lire la recension en ligne).Affiche du congrèsComposé de près de 70 communications de la part de chercheurs venus d’une douzaine de pays, le congrès était l’occasion d’un bilan : celui, d’abord, d’une recherche en histoire littéraire de la presse qui connaît actuellement un véritable âge d’or, dans la foulée des campagnes de numérisation des corpus entrepris par les bibliothèques et les institutions de conservation. La vitalité de la recherche ne se dément pas, les jeunes chercheurs sont nombreux à travers le monde à se lancer dans des mémoires et des thèses en ces domaines, tandis que l’université abrite des chercheurs et des regroupements scientifiques dont les activités se multiplient. Partout en Europe et dans les Amériques – continents de provenance des participants du congrès – la presse ancienne est explorée, analysée et valorisée, ce qui trahit une véritable fascination pour un « âge de papier » qu’on avait un peu rapidement voué à la disparition. Il n’est plus désormais d’échelle qui n’échappe à l’attention des chercheurs, de l’étude de la presse locale et régionale jusqu’aux grands phénomènes d’échanges et de mondialisation médiatique. Les grands corpus nationaux ont été décentré dim., 23 avril 2017 00:00:00 -0400 http://www.medias19.org/index.php?id=23738 Les genres médiatiques de l’anticipation : des usages comiques du futur http://www.medias19.org/index.php?id=22718 « Le rideau de l’avenir tombe. »(Le Journal amusant n° 210, 7 janvier 1860)L’éphéméride dans tous ses étatsBien avant l’apparition des collections françaises de science-fiction dans les années 1950, le récit d’anticipation est né pour une grande part dans la presse du xixe siècle, qui a joué un rôle incubateur décisif à plusieurs égards : rencontre de la vulgarisation et du feuilleton, commentaire prospectif des objets de l’industrie, compte rendu de la modernité des Expositions Universelles, développement du merveilleux scientifique, contes fantastiques conjecturaux1. De la rubrique informative au récit divertissant, de la micro-saynète au feuilleton long, de la convention rhétorique au projet didactique, les manifestations de cette hybridation créative sont nombreuses et variées. En une mise en scène sommaire, l’article du Tintamarre du 5 janvier 1845 intitulé « Vision. Récit fantastique d’un vieillard » transpose par exemple le lecteur dans un futur non déterminé : « J’empoigne mon lecteur dès ma première phrase par toute l’attention qu’elle mérite, et je le transporte, grâce aux ailes vigoureuses de ma pensée, sur les hauteurs de l’avenir, à plusieurs siècles d’élévation au-dessus du niveau de l’actualité. » La projection présente le monde de 1845 en ruines et fait tenir à un vieillard le discours conventionnel de la désillusion des utopies et de la déploration du long déclin de la culture : « Du site où nous voilà perchés, voici que nous contemplons les ruines de notre p dim., 23 avril 2017 00:00:00 -0400 http://www.medias19.org/index.php?id=22718 L’humour, un art de vivre et d’écrire à l’usage des écrivains et des artistes-journalistes en voyage http://www.medias19.org/index.php?id=23637 À l’époque du romantisme journalistique, c’est-à-dire dans le contexte de la première diffusion de la littérature par la presse, le voyage permet à l’écriture de passer par l’épreuve du réel, mais aussi de faire l’expérience du rire. L’humour est voyageur par essence, ou presque : il est, comme le voyage, « une volonté et en même temps un moyen de briser le cercle des automatismes » de la vie1. La pratique viatique du rire est critique ; elle instaure une distance à l’égard des goûts parfois excessifs du romantisme, et notamment à l’égard des gestes orientaliste et exotique, qui contribuent à mythifier des régions comme l’Andalousie par exemple, qui est réduite à quelques clichés – c’est la terre de la corrida, du flamenco et du peuple gitan. Il ne faut pas toutefois négliger le fait que si l’humour et le rire sont à l’époque romantique des éléments devenus communs dans la littérature de voyage, c’est qu’ils ont constitué dans un premier temps une réponse à la mode du voyage scientifique ou touristique, et ce dès la seconde moitié du XVIIIe siècle (on peut penser notamment au Sentimental Journey de Sterne et au Supplément au voyage de Bougainville de Diderot).Mais l’humour n’est pas toujours au second degré : au début du XIXe siècle, avec l’avènement du feuilleton et des chroniques de voyage, le voyageur se met plus simplement en quête d’images et d’éléments pittoresques qui pourront faire rire le lecteur de la presse. Figurant parmi les best-sellers de l’époque, le Voyage en sam., 22 avril 2017 00:00:00 -0400 http://www.medias19.org/index.php?id=23637 Sur les traces de Quatresous. Être rédacteur-reporter en province à la Belle Époque http://www.medias19.org/index.php?id=22801 IntroductionLe 23 juin 1906, les lecteurs de la presse puydômoise découvrent un épouvantable crime commis à Varagnat, un minuscule hameau perché dans les hauteurs de la vallée de la Dore dans l’arrondissement d’Ambert en Auvergne1. Les époux Chelles et leur fille âgée de 14 ans ont été sauvagement assassinés dans leur maison dans la nuit du 21 au 22 juin. L’auteur du triple homicide, Joseph Quatresous, leur propre gendre, est arrêté quelques jours plus tard, trahi par les propos de sa femme qui révèle accidentellement sa sortie nocturne la nuit du crime. Niant d’abord les faits, Joseph Quatresous finit par avouer son forfait, prétextant la mauvaise intelligence régnant entre lui et son beau-père. Il est condamné, le 27 novembre de la même année, aux travaux forcés à perpétuité à l’issue d’un procès qui constituera l’épilogue d’une affaire criminelle largement suivie par la presse départementale et plus particulièrement par le Moniteur du Puy-de-Dôme. Mais cette affaire criminelle n’est qu’un prétexte, ou plutôt l’avons-nous choisi comme fil conducteur, pour présenter un métier encore assez peu connu en ce qui concerne la Belle Époque : rédacteur-reporter de province. Cartes postales éditées lors de l’affaire représentant respectivement Joseph Quatresous et la maison familiale des victimesEn effet, en ce début de siècle, les mutations économiques et culturelles des trois décennies précédentes ont transformé la nature, la forme et les structures de la petite et grande presse de sam., 22 avril 2017 00:00:00 -0400 http://www.medias19.org/index.php?id=22801 Quelques idées sur le rôle de la presse au Mexique durant la première moitié du XIXe siècle http://www.medias19.org/index.php?id=23283 Au cours des dix premières années qui suivirent l’indépendance du Mexique en 1821, surgit une volonté de développer une presse qui peu à peu essaya de se libérer du contrôle et de la censure exercés par les colonisateurs espagnols qui imposèrent leurs lois durant une période de trois siècles. Dans ce contexte qui unit le désir d’obtenir des bénéfices par la publication de journaux, mais surtout de convertir la presse en un instrument servant les divers groupes politiques et aussi en un moyen efficace destiné à « l’éducation et au progrès du peuple mexicain », ce qui serait le reflet de la modernité du pays. Graduellement, un débat surgit au sujet du rôle que devrait assumer le journalisme au sein de la société mexicaine. Des journaux tels que El Siglo Diez y Nueve ou El Universal alimentent cette discussion au cœur des années quarante, période qui enserre la confrontation des courants idéologiques libéraux et conservateurs. Cet article traitera de ce débat au sujet du rôle que doit assumer la presse dans la société mexicaine.Contrairement à ce qui arriva dans certains pays d’Europe, la presse au Mexique, considérée comme moyen de communication pour la population lettrée, dut attendre les premières dix années du XIXe siècle pour pouvoir se développer, car ce ne fut qu’à ce moment-là que fut approuvée la liberté de presse qui avait été niée par le régime colonial jusqu’au dernier moment de son existence. S’il est vrai que la législation proposée par les Tribunaux espagnols de l sam., 22 avril 2017 00:00:00 -0400 http://www.medias19.org/index.php?id=23283 Les journalistes républicains au temps des présidences Grévy http://www.medias19.org/index.php?id=23405 Précision : ce texte est une adaptation d’un chapitre d’un ouvrage à paraître aux éditions Honoré Champion en 2016 : Les Wilson-Grévy, familles claniques : aux origines d’un scandale à l’Elysée.Cet article se concentre sur l’exploitation des archives de deux regroupements de journalistes républicains aux débuts de la IIIe République – l’association syndicale professionnelle des journalistes républicains français (ASPJRF) et la Presse Républicaine Départementale (PRD). La seconde date de 1879, la première de 18811. Les années 1879-87 sont celles de la présidence (élu par le Congrès, 1879 ; réélu, fin 1885) de Jules Grévy. Il se trouve que Daniel Wilson, son gendre de malheur – « ah quel malheur d’avoir un gendre », chantonne-t-on fin 1887, lorsqu’il occasionne la chute du Président – est un patron de presse, aux intérêts nombreux dans la presse de province ; sur les 17 membres d’origine, il est l’unique fondateur de la PRD à être à la fois propriétaire de journaux et député ; il est un personnage en filigrane de cet article.*          *         *Il existe, depuis au moins la seconde République, des tentatives pour organiser l’action des patrons de presse d’une part, et la profession des journalistes de l’autre. Souvent les clivages politiques marquent ces initiatives, mais pas toujours. Un minimum d’organisation avec les pouvoirs politiques s’impose pour discuter des questions fiscales – faire baisser le droit de timbre ou l’impôt sur le papier-journal par exemple – de même qu sam., 22 avril 2017 00:00:00 -0400 http://www.medias19.org/index.php?id=23405 La mode française dans la presse mexicaine de la première moitié du XIXe siècle et la promotion de nouvelles formes de sociabilité http://www.medias19.org/index.php?id=23677 La presse mexicaine du XIXe siècle donna toujours une place de choix aux articles consacrés aux femmes. Une des sections qui attira notre attention fut précisément celle de la mode, qui permit aux éditeurs d’inclure dans leurs pages des figurines de mode et des chroniques. Dès 1826, le journal El Iris fut la première publication illustrée mise en circulation au Mexique et ne manqua jamais d’inclure des articles relatifs à la mode ainsi que d’insérer des figurines dans ses pages, ceci grâce à la lithographie. Le thème de la mode touchait aussi bien les hommes que les femmes et même les enfants. Toutefois, vu l’importante circulation de modèles illustrés destinés aux dames, nous nous occuperons surtout de la mode féminine. Au-delà de la représentation des vêtements féminins, les figurines montraient les lieux et les occasions où les dames pouvaient faire montre de leurs habillements. L’analyse de ces images nous permet de reconnaître les endroits fréquentés par les femmes de la haute société. Dans ce contexte, l’irruption de la mode française au cœur de la presse mexicaine non seulement présentait une manière distincte de s’habiller, mais aussi d’autres coutumes destinées à socialiser. C’est sur cette image idéale de la femme moderne et lettrée, semblable aux figurines de mode des revues, que nous nous attarderons. Comme durant la première moitié du XIXe siècle, il n’existait pas au Mexique de publications spécifiquement consacrées à la mode, c’est aux revues littéraires qu’éch sam., 22 avril 2017 00:00:00 -0400 http://www.medias19.org/index.php?id=23677