Le naturalisme en réseaux

André Antoine et le groupe de Camaret

Table des matières

ANNE-SIMONE DUFIEF

Marcel Burel écrit : « ainsi s’est formé à Camaret, aux dernières années du XIXe siècle, l’unique exemple en Bretagne d’une colonie artistique qui s’illustre à la fois dans le théâtre, la décoration, la poésie, le roman et la peinture et qui a noué d’amicales relations avec la population locale1. »

Beaucoup de choses sont dites : la polyphonie et la convergence des arts mais aussi les liens entre ces artistes et les Camarétois. Cette originale colonie d’artistes, célèbre puis oubliée, mérite qu’on en réactive le souvenir en dehors des limites géographiques du Finistère. C’est une installation – estivale essentiellement –, une cohabitation que nous étudierons, puis nous conclurons en nous interrogeant sur les échanges entre artistes.

Installation

La Presqu’île de Crozon est une terre lointaine ; au XIXe siècle, le pont de Terenez n’est pas encore construit, le détour par des chemins malcommodes sur le Menez-Hom n’est pas facile. Il convient donc d’aborder la Presqu’île par la mer ; jusqu’au début du XXe siècle des lignes de bateau partent de Brest pour le Fret, où l’on prend des carrioles. Le train ne desservira Crozon qu’en 1923 ! Camaret, à l’extrême pointe du Finistère est un petit port bien connu des marins car son emplacement est stratégique, il défend l’accès au Goulet de Brest. Il a été fortifié par Vauban en 1693 ; une bataille victorieuse contre les Anglais y a eu lieu ; un boulet de canon a même brisé le clocher de la chapelle Notre-Dame.

Camaret – site pittoresque – a été peint par Eugène Boudin qui avait épousé une jeune fille originaire d’Hanvec et fait un premier séjour à Camaret en 1871. Il a rencontré Gustave Toudouze en 1886 et l’a décidé à y faire un séjour en lui indiquant qu’il trouverait à prendre pension à l’hôtel de la Marine, tenu par Rosalie Dorso. Ce même été, de nombreux artistes décident d’aller à Camaret : les premiers sont Georges Lacombe, et Richon-Brunet, deux élèves de Bastien-Lepage. Toudouze invite Charles Cottet – qu’il a rencontré à Douarnenez – à les rejoindre. Le 20 juillet 1891, André Antoine arrive à son tour à Camaret, il est accompagné de Georges Ancey et sera suivi d’Edmond Aubé. Dans son Journal, il note :

L’an dernier avec Ancey, dans une de nos excursions de Douarnenez à Brest, en passant au large de la Pointe des Pois, à la sortie du Goulet de Brest, nous avions guigné des falaises rocheuses, des plages désertes qui nous paraissaient magnifiques. Cette saison en quittant Paris, nous avons sans nous arrêter à Douarnenez, fait le tour de la baie, et abordé cette fameuse pointe à l’extrémité de laquelle un village de pêcheurs, Camaret, nous a enthousiasmés. Nous y voici pour passer l’été, Ancey dans la lande où il a trouvé une petite maison, et moi dans un vieux fort en ruines au bout d’une jetée, à l’entrée du port, où je me suis installé tant bien que mal, et que la commune me loue vingt-cinq francs par an2.

En 1892, Antoine loue un étage de la tour Vauban ; les années suivantes, il s’installe dans une chaumière, voisine de la maison des Ancey, située près des alignements de Lagatjar :

J’ai déménagé de mon fort de Camaret et loué en pleine lande, tout à fait du côté du large, une vielle grange isolée, pour laquelle on m’a fait un bail de dix ans, avec 120 francs de loyer par an, ce qui est bien dans mes moyens. Du reste quelle splendeur dans ces dunes, avec au loin, toutes l’Iroise, des lieues de mer, depuis le Raz, le cap de la Chèvre jusqu’à Saint Mathieu3

En 1904, il se fait construire, sur la montagne de Camaret, Ar Mor Braz, une maison directement sur l’océan, et conserve la chaumière pour y loger ses amis. Tout près, les peintres Marcel Sauvaige et Charles Cottet font construire deux maisons. La même année Saint-Pol-Roux fait édifier un grand manoir face à l’océan et à la pointe du Toulinguet.

La montagne de Camaret devient le « domaine » des artistes en villégiature ; un choix qui, aujourd’hui encore, surprend : les maisons sont situées dans une lande particulièrement sauvage où toute végétation est impossible, elles font face à l’océan, sont battues par les embruns et les tempêtes d’ouest. Lieu grandiose et inhospitalier où les Camarétois n’auraient eu garde de se loger ! L’emplacement séduit mais à la longue, Saint-Pol-Roux comme Antoine, mesurent les coûts d’un tel choix. Le poète se fait le « gardien » du directeur de théâtre, les lettres échangées évoquent les soucis des propriétaires : toitures, volets, infiltrations, etc.

Camaret, colonie d’artistes, accueille l’été des peintres venus poser leurs chevalets, sur les pointes ou sur le port, pour faire provision de croquis et de peintures qui seront présentés à Paris l’hiver suivant. La plupart résident dans les hôtels du village : ce sont Richon-Brunet, Charles Cottet, Georges Lacombe, Maxime Maufra, Henri Rivière, etc. Se joignent à eux de façon plus irrégulière les invités d’Antoine, des peintres comme Ibels, Signac, Maximilien Luce ou des décorateurs comme Jusseaume. Hôte généreux, André Antoine invite beaucoup à Camaret : décorateurs, acteurs, journalistes, critiques, etc., comme Henry Becque, André Dumas, François de Curel, Pierre Wolff, Henry Bernstein. 

En juin 1898, il se livre avec Ancey à un petit complot pour que leur ami Henry Becque puisse passer des vacances : « ces mois d’été doivent être pour lui bien durs dans la solitude et le désert de Paris4 ». Ils le convainquent :

Becque nous a rejoints ce matin à Camaret, portant une vieille valise où se battent quelques faux cols et une rame de papier blanc.

Pendant le trajet de Paris à Brest, il s’est amusé à rimer des couplets de circonstance dont il nous chante le refrain : A Camaret, en sautant de bateau débordant de bonne humeur.

Nos femmes ont préparé avec ferveur une gentille chambre dans la maison de notre ami le peintre Richon-Brunet, une habitation de pêcheurs dominant toute la rade, pour laquelle Richon nous a prêté ses tapis et ses meilleurs rideaux, et il est convenu que notre hôte viendra prendre ses repas tantôt chez moi, une espèce de grange au milieu de la lande, tantôt chez Ancey, une autre cabane avancée un peu plus loin vers la pointe5

Il accueille en 1902 « Gabriel Trarieux [qui] m’a fait le plaisir de venir passer quelques jours de vacances. Mon installation de cantonnier dans une hutte au milieu de la lande ne l’a pas autrement effarouché et nous avons passé huit belles journées loin des agitations et des tumultes parisiens. Trarieux est vraiment une très belle cervelle et un noble esprit6 ». André Dumas, sous-préfet à Chateaulin, et également auteur dramatique, vient chez Antoine : « Nous nous sommes liés pendant mes vacances, et, chaque année, il vient me lire de beaux vers dans ma lande, devant les phares de l’Iroise qui scintillent devant l’immense horizon7 ».

Camaret offre à ces Parisiens en vacances les plaisirs de la mer. Georges Lacombe et André Antoine, excellents nageurs, vont au Toulinguet et même au Veryac’h. Trajet plus ludique et moins sportif, Antoine n’hésite pas à traverser le port à la nage pour aller boire l’absinthe à l’heure de l’apéritif, ce qui surprend les buveurs attablés en terrasse. Plus étonnant – et moins écologique ! – Antoine apprécie la chasse aux oiseaux de mer à laquelle il se livre avec le peintre Charles Cottet, il écrit à Ancey :

Je suis allé ce matin au Toulinguet, c’est splendide et j’ai rapporté un cormoran (8 livres), 1 goéland (2 kg), 1 mouette (1500 g) et 2 hirondelles de mer. Le même bateau vient me reprendre. Si tu n’es pas fatigué et que tu sois libre, je t’invite avec ta femme et Aubé8.

Les jours de grande marée, il organise avec Ancey des pique-niques sur la plage. Le soir, ce sont les dîners à l’Hôtel de la Marine où les convives discutent peinture et littérature jusque très tard… Henri Rivière se rappelle que « c’était toujours plein l’été de gens de théâtre, auteurs et acteurs, qui gardant les habitudes des villes, se couchaient à des heures indues après avoir joué aux cartes presque toute la nuit9. »

Citoyens de Camaret

Beaucoup d’artistes ne sont que des touristes venus trouver l’inspiration dans un cadre sauvage… Insistons sur ce point car Camaret n’est en aucun cas une station. Morgat offre aussi aux artistes la curiosité naturelle de grottes marines, mais ce tout petit port sardinier a connu à partir de 1883 une reconversion touristique ; Armand Peugeot a fondé une société immobilière qui achète des terrains, les lotit, imposant le choix des architectes ; c’est à la fin du siècle une villégiature de l’entre soi : ni casino, ni café, un univers bien différent de Camaret. 

On a dit que les Bretons marquaient une certaine hostilité aux Parisiens, bizarrement habillés, aux mœurs choquantes. Pourtant le peintre Jim Sévellec, adolescent en 1900, a laissé un témoignage amusant de l’étonnement des Camarétois voyant arriver début juillet des tribus de « glabres, les comédiens, et d’hirsutes, les peintres10 ». Il se souvient de la curiosité des habitants devant certains costumes fantaisistes et de ses émois quand les modèles des peintres se baignaient nues…

En vérité, c’est l’affaire Laurent Tailhade qui a marqué les esprits. L’écrivain anarchiste et anticlérical était venu séjourner à Camaret à l’été 1903. De là, il envoyait à son journal L’Action une sorte de chronique de vacances11 ; il décrivait le port et ses habitants en des termes offensants dont voici un échantillon :

Les voix sont ignobles, rogomeuses, comme il convient à la descendance d'un peuple ivrogne, abruti d'alcool depuis les temps les plus incertains. Leurs abois discordants font regretter les unissons méridionaux, les chants sonores qui, dans l'ombre odorante des clématites et des tilleuls fleuris, montent sur les faubourgs de Toulouse et de Montpellier. Chœurs nocturnes qui ne ressemblent pas aux cris sauvages des loqueteux armoricains plus que la Vénus d'Arles ne ressemble aux madones hideuses d'un calvaire breton. La laideur, caractéristique du Christianisme, brille ici d'un éclat incontesté. Faces vultueuses, lèvres pendantes, fronts opiniâtres d'où suinte le trop plein de liqueurs fortes, comme l'eau que transudent les parois d'une grotte. Le réveil sera pénible. Combien d'efforts avant d'arracher la Bretagne au cabaret qui la dégrade, à l'Église qui la pervertit. « Arrock ! » En avant ! C'est le cri des Bleus qui fêteront demain Ernest Renan à Tréguier, c'est le cri de la Bretagne nouvelle, revue si fortement libre-penseuse de M. A. Bott. Mais, pour éveiller la torpeur séculaire du paysan d'Arer, du pêcheur des Cornouailles ou de Léon, pour métamorphoser en citoyen le chouan, le catholique en honnête homme, il faudra bien des jours, un effort soutenu, etc., etc12.

Les Camarétois n’avaient aucune raison de lire L’Action mais le journaliste de la Dépêche de Brest, Louis Coudurier y publia les « bonnes feuilles », les portant ainsi à la connaissance des bas-bretons. Ils s’en offusquèrent et passèrent à l’action. Une manifestation se déroula sous les fenêtres de l’hôtel où logeait Tailhade ; il répondit à la foule en vidant son pot de chambre sur le dais de la procession du 15 août. Ce qui ne calma pas les esprits… La violence devint telle que Tailhade télégraphia à la gendarmerie de Châteaulin, les gendarmes dispersèrent la foule et escortèrent la famille Tailhade (Tailhade, sa femme, et un peintre qui couchait dans leur chambre) jusqu’à Morgat. La polémique enfle, attisée par le journaliste brestois attaqué par L’Action ; Tailhade – bien qu’anarchiste – décidé à ne pas céder à l’hostilité, porte plainte auprès de la gendarmerie :

Depuis quelques jours, la situation qui m'avait été faite à Camaret se renouvelle ici, à Crozon. Je ne puis sortir de l'hôtel sans être l'objet d'injures ou de menaces de la part d'individus que je ne connais pas. Ainsi, hier soir, vers 4 heures, je me suis rendu au Fret pour y prendre le bateau allant à Brest. Des cris et des menaces : A l'eau ! Tailhade ! A bas Tailhade ! etc., ont été proférés par des gens que je n'ai pu voir, mais qui m'ont été désignés, ce matin, par M. Evelio Torrent, artiste peintre, qui était venu m'accompagner au Fret. Ce sont les cochers des hôtels Téréné et Hervé, de Morgat.

Je déclare que si ces menaces continuent, lorsque je me trouverai au bord de la mer et que mon existence pourra être en danger, je me considérerai en état de légitime défense et je ferai feu sur l'agresseur, d'un revolver que je porterai sur moi.

L’affaire eut des conséquences à Paris où des groupes socialistes et libres penseurs avaient organisé au cimetière Montmartre une manifestation en souvenir d'Émile Zola. Laurent Tailhade refusa d’y participer et écrivit à Mme Émile Zola : « Je vois, en effet, à côté des noms d'Alfred Bruneau, d'Anatole France, d'Abel Hermant, d'Octave Mirbeau, de Frantz Jourdain, de tant d'autres aimés, celui de M. Gustave Toudouze. » Dans cette lettre, il racontait les incidents de l’été et accusait Toudouze de ne pas l’avoir défendu. Il prétendait même qu’« [il] avait mis au point, ordonné et corrigé une chanson “ordurière” contre Mme Tailhade ». Or, « M. Gustave Toudouze a protesté vigoureusement contre ce récit de M. Laurent Tailhade, affirmant qu'il n'avait connu que trop tard les incidents de Camaret, qu'il ne les avait pas approuvés et qu'il ignorait tout de la chanson incriminée. » En revanche, la chanson paillarde « Les Filles de Camaret » serait une vengeance de Tailhade …

C’est là bien sûr un cas extrême car la plupart du temps la cohabitation se déroule paisiblement. Certains comme Saint-Pol-Roux, Toudouze ou Antoine deviendront, par leur ancrage et leur fidélité, des citoyens de Camaret. Ce propos d’Antoine éclaire l’attachement qu’il a pour Camaret : « J’estime que nous devons chacun nous occuper du petit coin qui nous est devenu familier13. » Gustave Toudouze est fidèle à Camaret, été après été, et son fils deviendra l’historien de Camaret et le thuriféraire des Bretons ; quant à Saint-Pol-Roux, il s’enracinera sur la lande de Lagatvar et finira ses jours à Brest, blessé en 1940 lors de la tragique irruption d’un soldat allemand ivre, qui tue sa bonne et viole sa fille. 

Action sociale

Pendant l’hiver 1902-1903, pour une raison inconnue, la pêche à la sardine s’effondre sur les côtes bretonnes. Cette crise met en faillite toutes les activités qui lui sont liées et en particulier les conserveries. La terre de la presqu’île de Crozon est pauvre et n’offre pas de ressources agricoles. Littéralement, les Bretons meurent de faim. La situation émeut la France entière ; Loti lance un appel dans Le Figaro du 23 janvier après un article titré « La misère bretonne » paru trois jours plus tôt dans le même journal, article dans lequel le journaliste appelle à la charité les « baigneurs de Morgat ». Les « vacanciers » de Camaret mettent en place des actions caritatives. Antoine donne une représentation à bénéfice dans son théâtre ; il fait du battage médiatique et organise une tombola : « Pour stimuler les bonnes volontés, j’ai eu l’idée de demander aux peintres habitués de nos côtes un bout de croquis ou de tableau, et avec leur générosité habituelle, ils m’envoient ces jours-ci des choses délicieuses. Cottet, un pur Camarétois, nous a donné une fort belle toile qui sera le clou de notre tombola14 » ; Chéret, si célèbre, s’est montré généreux et a accompagné son don de ces mots : « Tout ce que vous voudrez et pas de remerciements ! c’est de la solidarité15 ! ». Coquelin a animé le tirage de la tombola et a dit deux monologues « Les Peintres » et « C’est idiot ». La somme collectée a atteint 10721 francs ; Toudouze se charge de les apporter à Camaret ; les deux hommes se préoccupent du meilleur usage à faire de cette somme : secourir les besoins immédiats mais surtout : « réparer les voiles, les embarcations, acheter une forte quantité de rogue qui serait distribuée aux pêcheurs, car le plus important, c’est de leur donner le moyen de travailler16 ».

Action culturelle

Heureusement, la situation n’est pas toujours tragique et les trois amis s’investissent dans les actions culturelles et patrimoniales. Antoine et Toudouze interviennent pour que la tour Vauban ne soit pas vendue mais qu’elle devienne la propriété de la commune. Après l’incendie qui a détruit la chapelle Notre-Dame de Rocamadour, le 25 janvier 1910, Saint-Pol-Roux a constitué un comité qui a lancé une souscription dans les journaux parisiens et a sollicité les ministères pour réunir les fonds. Charles Cottet a offert une toile représentant « les Femmes de Camaret en deuil processionnant autour de la chapelle incendiée ». En 1920, Saint-Pol-Roux écrit à Antoine pour qu’un hommage soit rendu à Charles Cottet et il fait acquérir ce tableau par l’État afin de le placer à la mairie de Camaret. En juin 1928, le redressement des menhirs de Lagatjar est un grand moment de la vie locale pour lequel les deux hommes ont œuvré.

La jeunesse préoccupe aussi les trois « citoyens de Camaret ». En juillet 1903, Toudouze initie un prix pour le meilleur élève de l’école communale, doté de livres envoyés de Paris. Saint-Pol-Roux a une initiative amusante, offrir du rêve à de pauvres enfants pour Noël 1909 et sollicite l’aide d’André Antoine :

Mon cher Ami,

[…] j’ai formé le puéril projet, à l’occasion de la Noël, d’offrir agrès de gymnastique et jouets aux enfants des Écoles de Camaret et de les leur distribuer "sous les apparences" du Père Noël arrivant sur une barque – avec poëmes à l’appui, etc… Faut bien amuser les gosses, surtout quand on a assumé la naïve et charmante fonction d’être leur officiel délégué. Père, tu me comprendras.

Donc il me faudrait un costume de Père Noël (soit un long bonnet à poils ou bien une tiare de grand-prêtre, et une robe de bure ou une simarre d’astrologue azur, selon que tu décideras un Père Noël réaliste ou de légende). Plus une perruque blanche, sans front autant que possible (pour éviter trop de maquillage en plein jour sur le quai), et une très longue barbe blanche de burgrave.

Or je compte sur ta bienveillance pour mettre à ma disposition ce costume et ces postiches que je te renverrais en colis postal, dès la cérémonie finie. Je ne trouverai jamais ça à Brest. Bien entendu, je paierai les frais de location que tu fixeras. Si tu peux, envoie le tout en colis postal […] et ce le plus tôt possible. Sinon veuille me télégraphier : impossible. Car je ne voudrais pas décevoir les enfants.

Tout cela, entre nous, confidentiellement, comme il sied entre gensss de théâtre !..

14 décembre 190917

Jolie idée de poète, mais Saint-Pol-Roux se montre aussi protecteur des sports ce qui est moins attendu. Il est président de comité des régates et c’est aussi à son initiative que le 5 août 1913, a lieu un meeting aérien sur un terrain improvisé à Lagatvar et l’aviateur Poirée lance un bouquet de fleurs sur la commune.

Les Toudouze, Antoine et Saint-Pol-Roux furent bien véritablement des « citoyens de Camaret » où les deux derniers sont enterrés avec leur famille. La commune honora Toudouze en baptisant de son nom le quai qui fait se rejoindre le vieux bourg et le sillon et donna à deux rues les noms d’Antoine et de Saint-Pol-Roux. Elle est en outre propriétaire des ruines de son manoir, un site inscrit au patrimoine culturel.

Camaret, un creuset artistique : des amitiés littéraires

Jean Ajalbert, un des auteurs du Théâtre- Libre écrit à la mort d’Antoine que « Camaret était le lieu tonique d’une activité constante ». 

Antoine profite de ses vacances pour travailler. La lecture des manuscrits qu’on lui adresse à Camaret ou qu’il a emportés de Paris l’occupent jusque tard dans la nuit. Les auteurs dramatiques, sachant que c’est à Camaret qu’il prépare sa saison, lui envoient des pièces à lire. Il y en a tellement qu’une légende se forge : Antoine doit prendre une brouette pour les apporter de la poste à la lande du Groënoc ! À cette époque, Camaret devient Camaret-sur-mer, afin d’éviter des confusions postales… « L’affluence de manuscrits est telle que je n’en ai pas loin de cinq cents entassés da petite chambre du fortin de Camaret18 ».

Son séjour breton ne coupe pas Antoine de toute l’activité parisienne. Il lit la presse, y compris La Dépêche de Brest, écrit beaucoup aux journaux, pour maintenir la pression sur les lecteurs … Il est si peu éloigné de l’actualité théâtrale qu’il accède à la demande de Réjane, en juin 1904, de « quitter sa falaise19 » et de la rejoindre à Londres où elle voudrait jouer La Parisienne. Il peut aussi répéter ses rôles sur la terrasse d’Ar mor braz ; ainsi en 1905, il requiert la présence du souffleur du théâtre pour Le Roi Lear, ce qui va mettre les Camarétois en émoi car on lui télégraphie : « Lempereur prend le train ce soir. ». On peut aussi rêver en imaginant l’acteur-metteur en scène, incarnant Lear dans la lande de Lagatjar, au milieu des menhirs, face à l’océan…

Cette vision grandiose entre en concurrence avec une anecdote que raconte le fils de Toudouze et qui démontre dans sa légèreté l’obsession du travail du metteur en scène : « C’est dans le sable de la grève de Pen-Hat que pour Jules César et en compagnie de Jusseaume, il m’a fait construire pelle en main, le plan en relief du forum romain sur lequel je lui avais fourni un gros travail de reconstitution archéologique20. »

Camaret est aussi le lieu où se retrouvent des amis venus d’horizons esthétiques très divers. Antoine a longtemps souffert d’une image figée qui faisait de lui un « sectaire » du réalisme, et l’opposait à Lugné-Poe, visionnaire d’un théâtre plus révolutionnaire : Le Libre contre L’Œuvre. Il le savait, en riait, ou s’en offusquait. Le cercle de Camaret illustre un éclectisme que démontre aussi l’examen des répertoires du Libre comme du Théâtre Antoine, où le genre rosse est souvent concurrencé par le symbolisme scandinave, avant qu’à l’Odéon, Antoine démontre sa modernité à monter les classiques.

À Camaret, Antoine invite beaucoup des dramaturges de tout bord mais il apprécie de retrouver des amis.

Le plus ancien des habitués de Camaret, le romancier Gustave Toudouze, est le fils d’un graveur célèbre, d’une mère peintre, et il incarne ce tropisme vers la fusion des arts qui caractérise cette « colonie ». Son œuvre littéraire se rattache à l’école réaliste – plus que naturaliste –, il a fréquenté les dimanches de Flaubert, il est un ami de Zola, un habitué des jeudis de Daudet et du Grenier Goncourt. Mais il entretient avec Camaret un lien intime. Son roman, Péri en mer !, paru en 1889 lui valut le Prix Monthyon. Il y raconte de façon réaliste, sans céder au pittoresque – sur la trame d’une fiction malgré tout romanesque – la vie quotidienne des Camaretois en 1886 dans ses particularités sociales et géographiques. Il décrit les conditions de la pêche à la sardine dans ses aspects techniques, les difficultés économiques qui imposeront des reconversions, le travail des femmes dans les sardineries presque familiales. Son roman à caractère presque ethnographique est à clefs en ce sens qu’il ne change pas même le nom de certains personnages, mais aussi parce qu’il insère des détails de mœurs, de costumes, des chants bretons, etc. Comme les peintres – le roman est d’ailleurs dédié à Brunet-Richon – Toudouze est séduit par les paysages grandioses de ce bout du monde qui lui inspire de belles descriptions ; il se montre sensible aux variations météorologiques, à la violence des éléments, aux effets de couleurs et de nuages. La fable qu’il a choisie lui permet de faire une place à l’imaginaire breton, à ses légendes, ses superstitions et à l’omniprésence de la mort, tellement en situation pour ces marins.

Ce roman plut à Edmond de Goncourt, qui accepta de le préfacer sous forme de lettre et le fit relier pour sa collection de romans contemporains, orné d’un portrait réalisé par Edouard Toudouze, le frère de l’auteur.

La caricature qui fait d’Antoine un réaliste étroit – en témoignent les célèbres pièces de viande des Bouchers – est battue en brèche par ses choix théâtraux et par ses amitiés camarétoises, au premier rang desquelles Saint-Pol-Roux le magnifique, le symboliste. Leurs liens furent plus qu’amicaux, presque familiaux, Antoine sera son témoin de mariage et le parrain de sa fille Divine21. Ils se sont rencontrés au Théâtre Libre par l’intermédiaire de Darzens le 25 avril 1888. En 1901, Saint-Pol-Roux est installé à Roscanvel d’où il écrit à Segalen qu’il compose un « Drame pour Antoine », Les Pêcheurs de Sardines. Il n’achève pas complétement son drame mais en fait paraitre un très large extrait au Mercure de France en 1903, dédié à « Antoine citoyen de Camaret. » Saint-Pol-Roux est l’homme du dialogue des arts ; en février 1902, il avait posé sa candidature pour succéder à Porel à la direction de l’Odéon en association avec Gustave Charpentier, Mauclair et le peintre Rochegrosse. En février 1905, il soutient la candidature d’Antoine ; en juillet, il s’installe au manoir du Boultous dont il a confié la décoration à Borély, le décorateur du théâtre Antoine, et cette même année il acquiert par l’intermédiaire de Segalen – chargé de les faire rapatrier – les bois de la Maison du jouir de Gauguin. Saint-Pol-Roux rêve de voir La Dame à la Faulx – son grand drame symboliste, l’équivalent d’Axel pour Villiers – représenté sur une scène subventionnée. « La Dame à la faulx donne à voir la lutte entre l’être et l’amour, entre l’homme et la mort, entre l’idéal de vie et la réalité qui s’y expriment en un lyrisme où l’humour, le rhétorique et l’assonance prennent toute leur place […] 22 ». C’est « un drame total dans une perspective wagnérienne » qui offre « la résistance du poétique à la réalisation scénique23. » Camaret était le lieu tonique d’une activité constante. L’abondance des didascalies – un tiers du texte – rend la mise en scène impossible, surtout avec les moyens scéniques du début du XXesiècle. Quand Antoine est nommé directeur de l’Odéon, Saint-Pol-Roux le félicite et lui propose la Dame, en vain, mais ce refus ne brouille pas les deux hommes. Quand le poète essaiera en 1908 de faire recevoir son drame à la Comédie-Française, Antoine l’aidera mais sans succès. En 1913, Saint-Pol-Roux propose à nouveau à Antoine La Dame, mais se heurte à un nouveau refus.

Antoine, devenu un personnage considérable connaissant le Tout-Paris, est souvent sollicité par son voisin du Manoir de Boultous. Lorsqu’en novembre 1913, Pauline Antoine (Verdavoine) meurt brutalement, Saint-Pol-Roux lui rend un hommage appuyé dans La Dépêche de Brest et envoie à Antoine une lettre de condoléances affectueuses. La guerre de 1914-1918 endeuille les deux hommes qui perdent leurs fils respectifs : Cécilian est tué en mars 1915 et Henri Antoine en mai 1915. En mai 1917, Antoine vient tourner Les Travailleurs de la Mer à Camaret et à Roscoff, et invite Saint-Pol-Roux à assister au tournage.

En 1926, Saint-Pol-Roux fait représenter à Brest, « Synthèse légendaire des pêcheurs de Camaret », récité ou scandé par 150 récitants amateurs, une symphonie des voix. Ce spectacle ressortit à l’esthétique de l’idéoréalisme, un terme inventé par Saint-Pol-Roux que Moréas avait salué comme la volonté de « dire de manière synthétique, cette quête entre l’absolu et la contingence : cette volonté de faire de l’art une incarnation de l’idée », [par là le poète peut] « Vêtir l’idée d’une forme sensible24. »

La Dame, refusée à deux reprises, est un drame symboliste qu’Antoine ne monte pas … Mais les Pêcheurs de sardines – qui lui sont dédiés – bien qu’inachevés font l’objet d’une lecture et même d’une représentation synthétiste à Brest. Les groupes de diseurs alternent et se répondent comme dans une symphonie… rien de moins réaliste !

Ces amitiés littéraires attestent d’un échange incessant entre réalistes et symbolistes rendues possibles par ce cadre particulier de Camaret autour de 1900, un creuset artistique où se rencontrent et dialoguent des artistes aux sensibilités différentes.

On peut imaginer que ce cadre de nature exceptionnel ait stimulé la créativité dans le sens d’un syncrétisme où cohabitent réalisme et symbolisme. Toudouze dans son roman Péri en mer ! fixe le cadre où il fera entendre deux voix, celle de l’étude de la dure vie des pêcheurs et celle des rêves mystiques et lyriques de l’âme celte :

Avec la pointe du Raz et la baie des Trépassés, mais les dépassant peut-être en grandiose, il n’y a pas en France de côtes plus merveilleusement sauvages, plus déchiquetées, plus impressionnantes, que celles qui forment l’extrémité de la presqu’île de Crozon, figurant sur la carte comme la patte palmée de quelque fabuleux oiseau de mers antédiluviennes.

[…]

Tout semble s’être réuni là pour séduire et effrayer, pour étonner, pour frapper l’imagination, pour jeter l’esprit aux vertiges de l’immensité et du mystère, pour faire comprendre ce que c’est que la fin d’un monde, le Finistère (Finis Terrae) du monde ancien.

Les plages de galets succèdent aux plages de sable fin, les petites anses étroites, intimes aux lieues de grève, les sables rouges aux sables blancs, les falaises de marne aux falaises granitiques, les dunes aux terrains plutoniens, aux roches escarpées surplombant la mer de quatre-vingts ou cent mètres, les pentes douces aux aiguilles de rocs noirs : c’est le Chaos, c’est l’Infini, c’est la Poésie embaumée, c’est le Rêve, c’est la Légende, c’est la hurlante Épouvante25

Les peintres de Camaret sont sensibles aux aspects variés de la Presqu’île. Richon-Brunet, Cottet, Lacombe, Maufra sont autant d’interprètes de la modernité ; différents les uns des autres mais en rupture avec la peinture académique comme avec l’impressionnisme. Ainsi, Charles Cottet est fasciné par le port ; son tableau Rayons du soir – acquis par l’État en 1892 – est un exemple de cette synthèse. La lumière et la couleur semblent dominer mais Cottet renonce à la dissolution et à l’instantanéité des impressionnistes ; c’est sur la verticalité des mâts, sur le granit des côtes qu’il fait porter la lumière : le tableau devient, sans véhémence, le manifeste d'une réaction. Installé à Camaret toute l’année, Cottet peint aussi une Bretagne hantée par la mort, le deuil.

Le peintre Georges Lacombe, proche de Sérusier, plus résolument Nabi, parcourt les côtes sauvages, ou les longe sur son bateau. Son tableau La Mer jaune est dans la mouvance de l’école de Pont-Aven : à contrejour, entre deux falaises, sur une mer jaune se dressent de mystérieuses silhouettes. Le symbolisme du peintre fait écho au mysticisme des Bretons qui peuplent d’êtres surnaturels les landes et les rivages, les falaises et les îles. Le primitivisme est associé à des paysages qui – comme la Polynésie chère à Gauguin – renvoient aux temps fabuleux de la création du monde.

Henri Rivière est un peintre original qui associe le japonisme – si à la mode à la fin du XIXe siècle – et les paysages de Bretagne, dont il renouvelle les représentations. Il est aussi novateur par l’emploi de la lithogravure. Les convergences avec Antoine sont naturelles : de 1886 à 1897, Henri Rivière a assuré la direction artistique du théâtre d’ombres du cabaret du Chat Noir26 et il a renouvelé cet art en utilisant des plaques colorées peintes sur verre au lieu du traditionnel noir et blanc. Antoine se montre ouvert aux innovations comme en témoigne son spectacle d’Henri Rivière,Le Juif-errant, légende en 8 tableaux, musique de Georges Fragerolle, donné pour la première fois au Théâtre Antoine le 7 avril 1898.

La colonie artistique de Camaret est trop hétérogène pour qu’on puisse parler d’école. Mais son originalité est de faire converger des artistes de domaines différents. Les affinités se font jour : réalisme et modernité de Cottet et de Toudouze, symbolisme et mysticisme de Saint-Pol-Roux et de Lacombe. Les diverses tendances esthétiques s’opposent moins qu’elles n’interagissent. Et Antoine apparaît au point nodal : inventeur de la mise en scène, il fait son miel de tous les arts. Il fait réaliser ses programmes et ses affiches par des peintres d’avant-garde, il s’inspire de courants esthétiques divers pour faire réaliser ses décors.

On ne peut que souscrire à l’indignation de Jean-Pierre Sarrazac qui s’insurge contre la légende qui fait d’Antoine celui qui s’est borné à « […] la réalité portée au théâtre sans la moindre transposition27. » C’est méconnaitre qu’il fut un novateur, un homme d’art. Et Camaret, creuset artistique, révèle l’étendue de ses curiosités esthétiques.
 


Notes

1 Marcel Burel, Didier Cadiou, Jean-Jacques Kerdreux, La Presqu’île de Crozon, Éditions Palantines, 2008, p. 134.

2 André Antoine, « Mes Souvenirs » sur le Théâtre-Libre, Paris, Arthème Fayard & Cie, 1921, p. 240-241.

3 André Antoine, « Mes Souvenirs » sur le Théâtre Libre, op. cit., p. 265 [6 juillet 1892]. 

4 André Antoine, Mes Souvenirs sur le Théâtre Antoine et l’Odéon (première direction), Paris, Grasset, 1928, p. 132, [1er juin 1898]. 

5 Ibid., p. 133-134 [1er août 1898].

6 Ibid., p. 199-200 [20 août 1902].

7 Ibid., p. 256 [1er août 1905]. 

8 André Antoine, lettre à Georges Ancey, août 1891, dans James B. Sanders, La Correspondance d’André Antoine. Le Théâtre Libre, Longueuil, Le Préambule, 1987, p. 309. 

9 Henri Rivière, Les Détours du chemin. Souvenirs, notes & croquis, 1864-1951, Saint-Rémy-de-Provence, Équinoxe, 2004. 

10 Jim Sévellec, « Dans la presqu’île de Crozon », Cahiers de l’Iroise, juillet septembre 1971.

11 Dans L’Action, Tailhade attaque l’abbé Le Braz, curé de Camaret ; il l’accuse d’avoir appelé la population à jeter à la mer deux touristes anglaises qui ne venaient pas à la messe. L’abbé porta plainte en diffamation mais il fut débouté par le tribunal de Châteaulin en décembre 1903. Voir Le Gaulois, 7 décembre 1903.

12 Louis Coudurier, « M. Laurent Tailhade en Bretagne », La Dépêche de Brest, 31 août 1903. 

13 André Antoine, Mes Souvenirs sur le Théâtre Antoine et sur l’Odéon, op. cit., p. 207-208 [janvier 1903].

14 Ibid.

15 Ibid.

16 Ibid. p. 209. 

17 Voir Saint-Pol-Roux, « Une légende réalisée : le Père Noël à Camaret », La Dépêche de Brest, 28 décembre 1909. 

18 André Antoine, « Mes Souvenirs » sur le Théâtre-Libre, op. cit., p. 241 [30 juillet 1891].

19 André Antoine, Mes Souvenirs sur le Théâtre Antoine et sur l’Odéon, op. cit., p. 235 [25 juin 1904].

20 Georges-Gustave Toudouze, La Dépêche de Brest, 19 novembre 1943.

21 Saint-Pol-Roux se marie à Paris en février 1902, à la mairie du 11ème arrondissement. Antoine est avec Charles Chéret l’un des témoins de la mariée, Amélie. Les témoins de Saint-Pol-Roux sont Octave Mirbeau et Catulle Mendès. En avril 1902, Antoine est le parrain de Divine, née à Roscanvel et baptisée le jour où son frère Cécilian fait sa première communion.

22 Jean-Louis Meunier, « La Dame à la faulx : lire/jouer les didascalies », dans Marie-Josette Le Han (dir.), Saint-Pol-Roux. Passeur entre deux mondes, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Interférences », 2011, p. 98. 

23 Ibid., p. 107.

24 Moréas, « Le Symbolisme », Le Figaro, 18 septembre 1886. 

25 Gustave Toudouze, Péri en mer !, Paris, Flammarion, 1905, p. 21-22. 

26 Les spectacles consistent en la projection sur un écran de silhouettes découpées dans des feuilles de zinc. Le caractère novateur du théâtre d'ombres conçu par Henri Rivière repose sur les fonds colorés, restituant avec subtilité des effets météorologiques : couchers de soleil, nuits brumeuses, levers de lune. Ils sont produits à l'aide de combinaisons de plaques de verre colorées et d'un appareil de projection à lumière oxhydrique.

27 Jean-Pierre Sarrazac, « André Antoine », Recueil des commémorations, 2008, disponible en ligne : https://francearchives.gouv.fr/pages_histoire/39540. Voir également Jean-Pierre Sarrazac et Philippe Marcerou, Antoine, l’invention de la mise en scène. Anthologie des textes d’André Antoine, Arles, Actes Sud, 1999. 

Pour citer ce document

Anne-Simone Dufief, « André Antoine et le groupe de Camaret», Le naturalisme en réseaux, sous la direction de Marie-Astrid Charlier Médias 19 [En ligne], Dossier publié en 2026, Mise à jour le : , URL: https://www.medias19.org/publications/le-naturalisme-en-reseaux/andre-antoine-et-le-groupe-de-camaret