Le naturalisme en réseaux

Georges de Peyrebrune, ou comment s’inscrire en « bas-bleu » dans les réseaux naturalistes

Table des matières

LUCIE NIZARD

Dans sa préface à l’ouvrage de Camille Delaville intitulé Mes contemporaines, dont la couverture s’orne fièrement d’un portrait de Georges de Peyrebrune, le journaliste Henri des Houx déclare : « Toutes ces contemporaines apparaissent libres, indépendantes, seules. Elles travaillent, elles pensent, elles agissent, elles vivent par elles-mêmes et pour elles-mêmes1. »

Pourtant, le fait même que Camille Delaville ait choisi d’esquisser dès le premier chapitre de son ouvrage le profil de Peyrebrune montre bien que ces autrices ne font pas cavalières seules. Peyrebrune est en cette année 1887 une autrice reconnue, qui a su faire honneur à son prénom de plume. Née Mathilde Georgina Élisabeth Judicis de Peyrebrune, la petite bâtarde dordognaise, mal mariée, est montée à Paris après la Commune et n’a pas tardé à faire murmurer dans les salons son nom de jeune fille. Ses succès lui vaudront deux fois les lauriers de l’Académie française2. Et pourtant… elle meurt dans la misère en 1917, bannie déjà des mémoires et des manuels. Il semblerait que ce destin implacable ait frappé nombre d’autrices.

Nelly Sanchez, qui a beaucoup œuvré pour leur réhabilitation, a consacré en 2021 un numéro des Cahiers naturalistes à ce qu’elle a nommé le « Naturalisme au féminin ». Elle y dresse ce constat, amer : « Si le nombre croissant de littératrices, lié au développement de la presse à grand tirage et à la multiplication des périodiques, amène la Société à tolérer une femme écrivant, aucune d’entre elles n’a jamais été ni reconnue ni récupérée par un mouvement esthétique et ce, malgré son succès3. » Sophie Ménard nous a pourtant montré à travers l’exemple de Victoire la Rouge, qu’on peut classer Peyrebrune parmi les naturalistes. Pourquoi la romancière ne s’est-elle pas durablement inscrite au sein de cette école ?

Peyrebrune nous donne elle-même une réponse dans l’un de ses titres : elle a vécu son « Roman d’un bas-bleu », bataillant sans cesse pour asseoir une légitimité contestée par ses confrères. Brigitte Louichon nous rappelle, dans l’introduction du tome III de La Littérature en bas-bleus, qu’entre 1870 et 1914, c’est-à-dire exactement pendant la période d’activité de Peyrebrune, sévit en France un « discours dévalorisant sur la femme auteur, en tant qu’elle est femme et en tant qu’elle est auteure4. » Andrea del Lungo résume ce processus d’exclusion dans son article « Les Raisons d’un oubli. Quelques remarques sur l’exclusion des femmes du canon littéraire au tournant du xxe siècle » : « après Sand, le néant. Le naturalisme efface en effet toute présence féminine derrière un idéal d’écriture virile5. »

Peyrebrune est déjà pleinement consciente de ce phénomène et lui donne de la visibilité par le biais de ses fictions. Sharon Larson l’a montré, dans son article « “Elle n'est pas un bas-bleu, mais un écrivain” : Georges de Peyrebrune's Woman Writer. » La critique compare Le Roman d’un Bleu et Jupiter et les Bas-Bleus, deux œuvres de Peyrebrune qui s’attachent à déconstruire « la construction stéréotypée de la femme auteure6 » (nous traduisons). Nous poursuivrons ici la réflexion de Sharon Larson, en recentrant l’interrogation sur la représentation par Peyrebrune de l’inscription des femmes de lettres dans les réseaux naturalistes. Ses écrits privés comme ses textes destinés à la publication ne cessent en effet de poser cette question : comment se faire une place en tant qu’autrice dans le monde des lettres naturaliste ?

Nous convoquerons un corpus constitué à la fois d’extraits de sa correspondance avec Zola et avec les membres du jury du prix Vie heureuse, de sa pièce de théâtre Jupiter et les Bas-Bleus, ainsi que de plusieurs de ses romans (par ordre alphabétique : Les Aimées, Les Ensevelis, Les Femmes qui tombent, Le Roman d’un Bas-bleu, ou encore Libres). On verra comment les fictions entrent en résonnance avec la correspondance, mettant en intrigue des débats vivants, souvent violents. 

Voici donc les cheminements que nous emprunterons : après avoir interrogé les difficultés de Georges de Peyrebrune à intégrer les réseaux naturalistes, nous verrons comment elle met en abyme dans ses fictions des destins de femmes de lettres brutalement opprimées par leurs collègues masculins. Puis, nous étudierons les manières dont elle construit, dans la fiction comme dans la vie, des réseaux alternatifs, qu’on pourrait ranger avec précaution et nuances sur une nouvelle étagère de nos bibliothèques mentales : les réseaux féministes-naturalistes.

L’intégration semée d’embûches de Peyrebrune dans les réseaux naturalistes

Les discours sur Peyrebrune ont longtemps contribué à l’éloigner du naturalisme. La critique l’a souvent rangée du côté de la paralittérature. Ainsi Jean-Paul Socard, qui a par ailleurs largement œuvré à sa réhabilitation, écrit-il : « Elle est à la croisée des diverses catégories de romans qui voient le jour dans les dernières décennies du xixe siècle et que l’on désigne sous l’étiquette globale de “roman populaire7” » – viennent ensuite les termes de « roman sentimental, édifiant ». 

Les mots des autres : roman populaire, idéaliste ou romantique ?

La relégation de Peyrebrune en-dehors du naturalisme peut être lue à la lumière de ce texte de Zola qui compare Sand et Balzac : 

Balzac et George Sand, voilà les deux faces du problème, les deux éléments qui se disputent l’intelligence de tous nos jeunes écrivains, la voie du naturalisme exact dans ses analyses et ses peintures, la voie de l’idéalisme prêchant et consolant les lecteurs par les mensonges de l’imagination8.

Martine Reid soutient dans Femmes et littérature que Zola a fixé une image masculine du réalisme-naturalisme afin de lui donner davantage de légitimité, confinant les autrices sous l’égide d’un idéalisme sandien : « Cette fois, l’idéalisme a un visage de femme et le réalisme un visage d’homme. […] L’idée selon laquelle aucune œuvre de femme ne saurait être réaliste, a fortiori naturaliste, découle logiquement d’une telle représentation9. » On constate ce phénomène dans un article de Jules Bois daté de 1906, intitulé « La Vie Littéraire. Georges de Peyrebrune jugée par ses contemporains. » L’auteur qualifie Peyrebrune de « nouvelle Sand10 » ; il la rapproche également de Desbordes-Valmore. L’article cite longuement les opinions de nombreux auteurs contemporains de Peyrebrune à son sujet, parmi lesquels figurent Armand Sylvestre, Eugène Brieux ou encore Henry Fouquier. Aucun ne convoque le naturalisme, dont ils sont proches. Au contraire : du roman Les Ensevelis, documenté par une longue enquête et qui dépeint les douleurs de la vie des ouvriers autour d’une carrière, Armand Sylvestre écrit qu’il est « harmonieux comme une strophe de Lamartine. » Si les visions contemporaines qu’il convoque semblent la tirer vers le romantisme, Jules Bois insiste sur le caractère singulier de l’œuvre de Peyrebrune : « elle a un style personnel, une conception qui lui est propre, une manière de voir qui n’est empruntée [on relèvera le choix du verbe] à aucune école. » 

Figurant parmi les rares plumes qui rapprochent Peyrebrune de l’école naturaliste, son amie Camille Delaville écrit pourtant dans ses Contemporaines, au sujet de Victoire la Rouge, que Peyrebrune a produit « du Zola de derrière les buissons et non de derrière le fumier11. » Delaville est ici fidèle aux ambitions de Peyrebrune, qui tente de s’insérer dans le sillage du maître.

Où Peyrebrune cherche à se rapprocher du Maître

Peyrebrune elle-même se réclame en effet à de nombreuses reprises du naturalisme. Ses choix éditoriaux confirment ses aspirations : Peyrebrune publie chez Dentu, Calmann-Lévy, Charpentier, Ollendorff, ou encore Lemerre12. Elle fait paraître dans Le Réveil de la Dordogne le 25 mai 1880 une véritable profession de foi naturaliste. L’article appelle à « savoir le comment et le pourquoi de tous les détraquements de la machine humaine, avec le vague pressentiment qu’on ne guérit pas une plaie en la voilant poétiquement sous des fleurs, mais en l’exhibant, infecte s’il le faut, à ceux qui la cachent et à ceux qui la font13. » Peyrebrune publie en cette année 1880 une série d’articles qui visent à défendre l’auteur très attaqué de Nana ; plus tard, elle soutiendra son engagement en faveur de Dreyfus, puis se rendra à son enterrement. Zola affiche en retour une courtoise distance. S’il remercie brièvement Peyrebrune de ses copieux panégyriques, il ne dissimule pas son exaspération lorsque l’autrice lui demande de l’aide l’année suivante, et la gratifie d’une maxime cinglante :

Paris, le 9 avril 1881.

Madame,

Je suis très souffrant et très occupé, ce qui me met fort en retard dans ma correspondance : telle est l’explication bien simple de mon silence.

[…] Vous êtes impatiente, Madame : c’est un tort, dans les lettres. Il faut vouloir et attendre.

Votre dévoué confrère14.

Douze ans plus tard, lorsque Peyrebrune sollicite un secours financier, Zola alors président de la Société des Gens de Lettres lui donne à nouveau des conseils et du « cher confrère », mais ne fournit guère les liquidités demandées15. Nelly Sanchez aborde cette relation dissymétrique dans son article « Les filles cachées du naturalisme, étude sur la filiation littéraire entre Zola et Georges de Peyrebrune, Rachilde et Marcelle Tinayre. » La critique remarque à juste titre : « pour que cette filiation soit patente, il aurait fallu qu’elle soit reconnue par Zola et que les romancières échangent leurs conceptions littéraires pour se constituer en école, comme des hommes de lettres16. » Peyrebrune avait pourtant conscience de ses échecs à s’inscrire très concrètement dans les réseaux zoliens de son temps. Elle multiplie les descriptions mi-âpres mi-fascinées des salons mondains qui sont le théâtre de ces sociabilités où les femmes peinent à exister autrement que décolletées.

Représentations intradiégétiques du fonctionnement des réseaux littéraires

Arrêtons-nous rapidement sur deux exemples de représentations peyrebruniennes des salons où se font et se défont les réseaux. Dans son roman Les Aimées, on trouve une longue description dont voici un extrait : 

Autour du buffet, dressé dans un angle de la salle à manger, dans la fumée des cigarettes, se livrait la bataille des littérateurs ; l’attaque et la défense des formules nouvelles, prochaines, à peine formulées encore. […]

Les peintres […] expliquaient l’illusionnisme de la vision, la détresse de ceux qui, essayant de rendre leur impression personnelle, étaient bafoués, méconnus. Le nom de Manet resplendissait aux plis de leur drapeau17.

On peut supposer, à la mention de Manet dont la figure semble régner sur ce salon, que Peyrebrune représente ici en régime romanesque les réseaux naturalistes qu’elle n’a pu pleinement intégrer dans la vie. 

La caricature se fait acerbe dans notre deuxième exemple, tiré cette fois-ci du Roman d’un bas-bleu. L’incipit nous plonge, in medias res, dans « une soirée rue de Grenelle18 » – est-on chez Charpentier, qui était installé au numéro 13 ? On y croise des critiques, des directeurs de journaux, des éditeurs et bien sûr des auteurs en vogue. Un peu plus loin, l’autrice-héroïne du roman dépeint avec acrimonie à un prétendu ami ce monde hétéroclite où il faut savoir se faire une place et un nom pour espérer être lu :

Les écrivains jeunes, militants, les enthousiastes ne s’attardent guère dans les salons hautement bourgeois, très austères, comme ceux vers lesquels mes affinités de « pecque provinciale » m’auraient de préférence portée.

On les rencontre ailleurs, dans des milieux moins triés sur le volet, dans ces salons-hall où Tout-Paris passe, méli-mélo : ministres de la veille ou du lendemain, et marchands d’orviéta, authentiques marquis et indéniables catins, grands artistes fourvoyés, petits députés, insignifiants journalistes, bourgeois candides, et filles à marier, des poètes, des souteneurs, des étrangers et des sots. Çà et là, un écrivain, un maître – un ami qui demeure – prêtant à ce bazar l’attrait de sa glorieuse popularité. 

– C’est là qu’il faut pêcher, me dit Guy d’Harssay.

J’y allai, et n’y revins point ; l’appât qu’il faut mettre au bout de sa ligne n’étant pas de ceux dont une femme honnête dispose19.

On notera, après la longue énumération composite, la syllepse dans l’injonction de d’Harssay : « C’est là qu’il faut pêcher. » Sylvère file la métaphore halieutique, avant de souligner la portée peccamineuse du conseil. C’est là un topos chez Peyrebrune : tous ses personnages de femmes de lettres doivent ou bien se donner pour réussir ou bien déposer la plume.  

Mise en scène et en abyme : destins d’héroïnes autrices persécutées dans les réseaux littéraires

Plusieurs romans de Peyrebrune sont hantés par des personnages d’autrices sacrifiés sur l’autel des lettres pour le plus grand plaisir de leurs homologues masculins, confits dans le confort. Ils présentent des variations autour du même arc narratif, qui mène les femmes de lettres de la misère à l’agression sexuelle par de prétendus « protecteurs ». Comme il y a des « romans de fille » chez les naturalistes, Peyrebrune invente ses « romans de l’autrice ».

Mise en scène des difficultés à être autrice : violences sexistes et sexuelles

Les « romans de l’autrice » de Peyrebrune manifestent un pathos très appuyé. Dans Le Roman d’un bas-bleu, Sylvère est assaillie de toutes parts par les violences de genre. Harcelée par le Tout-Paris des lettres, la jeune écrivaine se réfugie en Bretagne. Elle y retrouve sa fille, agonisante car trop longtemps privée des soins d’une mère noyée dans l’encre. Désespérée, elle retourne aux salons parisiens comme on se jette à la Seine. Après chacun de ses – nombreux – déboires, le texte assène sans relâche ce constat : l’indigence de Sylvère serait directement liée à son refus de se constituer un réseau en cédant aux avances des inévitables protecteurs qui l’auraient soutenue :

Sylvère regarda autour d’elle et constata que parmi les quatre ou cinq femmes qui méritaient le nom d’écrivain, aucune n’était à son rang dans la bataille. Sauf peut-être dans le journalisme, quelques très rares conquérantes, qui s’étaient imposées aux camarades – étant issues de cette camaraderie – et qui aidaient les mâles à garder les portes, ou encore quelques aristocratiques authores occupant la vedette mondaine.

Mais, loin derrière, venait le troupeau des tristes bas-bleus, misérable cohorte qu’un chimérique espoir entraîne sur la voie douloureuse où toujours elle marcha, les pieds dans la boue, sous les huées, les salissures ou les mépris. Car, dans notre égalitaire France, la force brutale prime le droit ; et le jupon, que dans tout pays libre maintenant on respecte, et auquel on fait place, ne sera jamais chez nous qu’un chiffon bon à retrousser ou à cracher dessus20.

Ces bas-bleus allégorisés sont sanctifiés par le texte, qui évoque en filigrane le Christ aux outrages ; l’expression « voie douloureuse » traduit directement « via dolorosa », le chemin du Mont Calvaire qui mena Jésus à la crucifixion. Le long de cette sente semée d’épines, Jésus tombe trois fois – c’est peut-être à ces chutes successives que fait allusions le titre Les Femmes qui tombent. Publié chez Calmann-Lévy en 1882, ce roman a pour héroïne Evah, qui retourne à une vie d’épouse à plein temps après avoir abandonné les lettres qui menaçaient par trop sa vertu. La naïve jeune femme a eu le tort de frapper à la porte de l’écrivain à succès Jean Delorme afin qu’il l’aide à devenir autrice : 

— C’est parce que j’ai essayé sans succès de tous les travaux qu’une femme peut faire pour gagner sa vie, que j’ai songé à venir vous demander si, dans le monde des lettres, je ne pourrais pas trouver, avec votre aide, une voie plus large et plus productive. Qu’en pensez-vous ?
— Vous, dit-il, un bas-bleu ? quelle idée !

— Regardez-moi.
Il riait, avec une pointe de malice.

— Je ne vois pas le signe des vocations irrésistibles sur votre front sérieux de statue grecque. Vous semblez faite pour l’autel et pour l’encens, mais pas du tout pour servir comme prêtresse dans le temple... […] Quel renversement des rôles21 !

Refusant de la compter parmi ses semblables, Delorme fait d’Evah sa secrétaire et sa muse, entendant faire fléchir la fille d’Ève sous la dictée de pages suggestives. Il ne parvient finalement qu’à lui enseigner le métier, à son insu : 

[…] Évah travaillait. […] Elle se sentait assez d’imagination pour créer et assez de puissance pour mettre debout dans une œuvre, quelqu’une de ces figures souffrantes, qu’elle avait aperçues dans la vie humble et dont l’existence poignante, simplement racontée, pouvait fournir un drame terriblement émouvant, amer et passionné22.

Ce roman rêvé par Evah semble une mise en abyme des Femmes qui tombent, ou de tout autre roman de Peyrebrune qui narre des destins féminins aux couleurs naturalistes. Cependant, contrairement à sa créatrice, Evah n’atteint jamais le Graal de la publication. Sans cesse sollicitée par Jean Delorme, elle finit par renoncer à son emploi et aux possibilités de liens littéraires qu’il promettait. D’un bureau l’autre, elle se heurte ensuite aux mêmes invites :

Évah, femme et très belle, aurait eu quelque chance de voir son manuscrit accepté et inséré si elle avait voulu comprendre les conditions d’un marché qu’on lui renouvela, çà et là. Elle s’indigna, devint de plus en plus farouche, s’aliéna même ainsi quelques sympathies désintéressées, et finit par perdre courage au point de brûler son œuvre dansune heure de désespérance absolue23.

Le besoin d’un « protecteur » : prostitution de la « femme publique » 

Éléonore Reverzy a étudié dans Portrait de l’artiste en fille de joie. La littérature publique le topos qui fait un parallèle entre l’écrivain et la prostituée. Peyrebrune récupère ce lieu commun, pour se concentrer sur les figures féminines, au sujet desquelles la prostitution cesse d’être une allégorie. « Avant de songer à faire de l’art, il faut passer chez le colleur d’affiches24 » : si cette vérité du capitalisme littéraire qui veut que le livre ne puisse exister sans réclame, énoncée sous forme de maxime dans le Roman d’un bas-bleu, s’applique aux deux sexes et autres, le destin des autrices les pousse littéralement au trottoir. Les personnages masculins de Peyrebrune ne cessent de le répéter : se construire un réseau pour une écrivaine revient d’abord à se trouver un souteneur. D’Harssay, à qui la diégèse donne raison sinon la morale de Peyrebrune, soutient avec cynisme au sujet de Sylvère : « Il lui manque surtout, près d’elle, l’homme, le mari ou l’amant, celui enfin qui doit faire la préface de l’œuvre d’une femme25. » Sylvère précipite sa famille à la ruine et ses livres au pilon car elle refuse de céder aux avances des directeurs de journaux. Lorsqu’elle est invitée comme une fille par le bien-nommé M. de Labut à dîner dans un cabinet particulier, son amie Louise lui soutient qu’elle ne peut se dérober à cette pratique nécessaire à la constitution d’un réseau : « Mais c’est très naturel entre gens de lettres. On ne se voit bien qu’à table, dans ce monde-là, entre la poire et le fromage. M. de Labut te traite un peu… cavalièrement, peut-être, en garçon, ou en femme émancipée26. » Les sociabilités du monde des lettres sont interdites à une femme qui veut passer pour « honnête » aux yeux du monde. De femme publiée à femme publique, il n’y a qu’un faux pas. Adieu donc le mariage, adieu la maternité, adieu le respect des autres femmes : avoir un livre en librairie ou en feuilleton, c’est devenir infréquentable. Sylvère le sait et pourtant sollicite « la protection charmante de Guy d’Harssay, près du directeur de la Revue des Universités27. » Elle se rend chez l’important personnage, forte de cette recommandation : 

[…] honteuse irrésistiblement, de promener ainsi, comme une marchandise à vendre, l’œuvre de ses douleurs, de ses rêves d’artiste, le duvet le plus pur de son âme, plumée vive, ses larmes cristallisées et scintillantes, sa pensée dévoilée, nue comme un marbre. 

Et cette œuvre, un homme, qui n’entendait rien aux choses de l’art ni à la magie du verbe, allait la prendre dans ses mains brutales, la fouiller de son regard froid, uniquement chercheur du seul attrait, de l’intérêt au point de vue de la vente28.

Progressivement, le passage est envahi par le champ lexical du viol. La personnification de l’œuvre permet une sorte d’hypallage filé, qui opère une confusion entre la prostitution intellectuelle que serait la publication et les violences sexuelles que Sylvère subit de la part du directeur. Louise, légère et ironique, ne croit pas si bien dire lorsqu’elle lance à Sylvère, qui sort de chez M. de Labut avec une proposition de publication assortie d’un bel appartement où il pourrait lui rendre visite : « J’ai cru, à te voir, que Lucrèce venait d’échapper à Sextus29. » Mais Louise enseigne à Sylvère l’art de retourner le stigmate : « S’ils sont les plus forts, nous sommes les plus adroites30. » Celle qui est comparée à une « amazone31 » entend user d’une mêtis plus forte que les pressions masculines, parce qu’elle émane d’un invulnérable féminin pluriel.

Réseaux féministes-naturalistes ?

Peyrebrune met en scène des réseaux alternatifs qui contrent la violence des réseaux masculins. L’exemple le plus frappant, qui opère un lien entre réseaux réels et fiction, est son texte de théâtre Jupiter et les « Bas-bleus ». Dès la didascalie, le maître du naturalisme venu juger ses contemporaines est ridiculisé sur un mode héroï-comique : « La salle des fêtes chez Marguery. Jupiter entrant sous les traits d’Émile Zola32. » Le choix du haut lieu de rencontres mondaines qu’est ce restaurant réel du boulevard Bonne-Nouvelle est significatif. Les brebis entrent dans l’antre des loups – et pourtant, dans un retournement jubilatoire, ce sont elles qui sont célébrées en leur propre procès. Le renversement est annoncé dès le tonnerre de casseroles qui accueille le Dieu de l’Olympe, métamorphosant son glorieux emblème en charivari. Sont ensuite chantés les mérites de nombre de camarades de Peyrebrune, de Juliette Adam à Rachilde en passant par Marc de Montifaud. Magnanime, Jupiter-Zola proclame in fine : « Je conclus donc à leur acquittement. Mais… elles n’entreront jamais à l’Académie33. » Peyrebrune se charge de briser dans ses fictions romanesques les entraves à la réussite féminine.

Réseaux fictifs 

Peyrebrune crée des réseaux d’entraide féminins à la fois dans et par le roman naturaliste. Pour ses lectrices, ses héroïnes redonnent sens à l’étymologie grecque du terme « martyr » : elles portent témoignage de leurs souffrances, à l’instar de Sylvère du Parclet, qui espère « écrire une œuvre dernière qui serait le cri d’alarme jeté vers les romanesques aspirantes du régiment des bas-bleus34. » Les récits parfois très crus de violences sexuelles qui reviennent comme des leitmotive à travers l’œuvre sont cependant loin de concerner les seules écrivaines. Les « romans de l’autrice » sont une sous-catégorie des romans de la condition féminine qui mettent en fiction les injustices et inégalités sociales à l’égard des femmes. Le Roman d’un Bas-Bleu élargit à toutes les professions cette menace contre laquelle il s’élève : « Depuis la servante [Victoire la Rouge] jusqu’à l’artiste [Thérèse, l’actrice des Femmes qui tombent], depuis l’ouvrière des fabriques jusqu’au bas-bleu [Sylvère le bas-bleu], la femme qui travaille seule, non défendue par un mâle, légitime ou non, sera violée, avec ou sans son consentement, mais elle le sera ou elle crèvera de misère35. » Mais Peyrebrune entend briser la chaîne déterministe des violences sexuelles en régime naturaliste, étudiée notamment par Chantal Pierre dans son article « Viols naturalistes : “commune histoire” ou “épouvantable aventure36” ? ». La fiction lui permet d’imaginer des mondes où la mécanique tragique s’enraye précisément grâce aux rêves et aux actions de ses personnages féminins. Dans Libres, la description très naturaliste du fonctionnement cérébral de Thérèse permet la formulation d’une vision d’égalité, en discours indirect libre : 

Le sentiment de ses devoirs moraux, égaux à ceux de l'homme, l'incitait au partage des mêmes droits dans une semblable liberté de ses actes. Elle ne se considérait plus comme une partie infime du couple humain, mais comme une fraction d'égale valeur, quoique de destination différente […]. Toutefois, elle n'arrivait à ces conclusions que par une concentration d'énergie, une volonté cultivée, à laquelle elle s'entraînait par l'accumulation des raisonnements logiques, lesquels parfois faiblissaient sous l'effarement plein de trouble et de doutes où la jetaient, par surprise, la puissance des atavismes, le pli contracté par ses circonvolutions cérébrales37.

La formule finale a des accents zoliens. L’atavisme est d’ailleurs trop lourd chez Thérèse : si le texte précise que « depuis des années déjà, elle suivait le mouvement féministe38 », cette héroïne ne s’inscrit guère dans le réseau qu’elle rêve. 

Les Femmes qui tombent mettent en scène une sororité plus concrète, qui ouvre dans le roman naturaliste du viol une utopie d’espérance. Lorsque la jeune Catherine, jolie vendeuse poursuivie par ses patrons, le murmure à Thérèse, puis à Madeleine et Evah qui chacune connaissent l’oppression masculine, le dialogue est traversé par une solidarité lumineuse : 

Catherine, dit, la voix basse :
— Je voudrais travailler.
— Travailler ? Comment ? L’emploi que vous occupez ici vous déplaît ?
— Je le quitte ce soir.
— Pourquoi ?
Elle baissa la tête sans répondre. 
— Nous vous chercherons de l’ouvrage, ne vous tourmentez pas39.

Dans ses réseaux réels, Peyrebrune semble poursuivre une semblable mission d’entraide.

Réseaux réels 

Avant de nous pencher rapidement sur les réseaux d’autrices réels de Peyrebrune, il convient de ne pas idéaliser ces relations. Le Roman d’un Bas-bleu est par exemple le théâtre d’une vengeance vis-à-vis de Juliette Adam, dont est reprise textuellement une lettre qui déclinait un manuscrit de Peyrebrune. Dépeinte sous les traits de Mme X…, directrice de la Revue actuelle, la femme de lettres influente ne tend guère plus sa main à l’autrice fictive qu’à l’autrice réelle. Sylvère regrette sa naïveté : « Je pensais : une femme arrivée comme elle doit se plaire à aider de toute sa puissance les autres femmes40. » Ses yeux sont douloureusement dessillés. 

Malgré quelques réserves donc, Peyrebrune parvient à construire un réseau de femmes de lettres qui s’entraident sur les plans financier, éditorial et moral. Ce réseau transparaît dans l’ouvrage édité par Nelly Sanchez, intitulé Correspondance : de la Société des gens de lettres au jury du prix Vie heureuse41 (Peyrebrune est membre du jury féminin de ce prix, créé en 1904). Les 116 lettres montrent les liens entre Peyrebrune et une dizaine d’autrices, parmi lesquelles figurent Lucie Delarue-Mardrus, Emilia Pardo-Bazan, naturaliste espagnole qui se propose de diffuser les œuvres de Peyrebrune à Barcelone, Marcelle Tinayre dont Peyrebrune devient la marraine à la Société des Gens de Lettres avec Jeanne Loiseau alias Daniel Lesueur, Judith Cladel qui invite son amie à des déjeuners familiaux à Sèvres présidés par son père Léon, ou encore Julia Daudet, qui sollicite en faveur de Mme Bouyer-Karr « un élan de justice féminine ou féministe42 » de la part de notre membre du jury du prix Vie heureuse : « Ne pensez-vous pas qu’il serait temps de donner ce prix de 5000 francs à une femme, ce qui ne nous est pas arrivé depuis longtemps. […] Pourquoi favoriser toujours le travail masculin qui a toutes les chances, toutes les facilités43. »

Ce sont les échanges avec Rachilde qui reflètent l’entraide mutuelle la plus suivie. Les deux femmes se recommandent chacune à des éditeurs. Rachilde écrit par exemple en 1889 à Peyrebrune : « Les Brossier sont une jeune maison d’édition qui payent bien, éditent bien et font de jolies conditions44. » Deux ans plus tard, c’est au tour de Peyrebrune d’introduire Rachilde chez Charpentier, qui vient de lui publier Giselle : « Somme toute la réception a été bonne et j’ai bien vu tout de suite que le Monsieur l’aurait pris de haut sans vous45. »

À Peyrebrune qui lui a présenté Louis Simonin, rédacteur à La France, Rachilde rapporte : 

Monsieur Simonin est venu chez moi mardi selon sa promesse […]. 

… Bref, c’est encore et ce sera, je le crains, toujours la même chanson. 

Celui qui était là, le plus indifférent des camarades et le plus intelligent peut-être, me disait en me riant au nez : « Êtes-vous convaincue de ses bonnes intentions littéraires ? » 

Je lui ai demandé au bon Monsieur protecteur s’il pouvait m’insérer au moins tout de suite un petit entrefilet sur Nono et il a répondu que cela n’était guère possible. Alors ?...

Mais, je travaille de mon mieux à la femme sérieuse, c’est là le seul résultat de l’histoire. Maintenant, comme il me plaît de me mettre entre vos mains blanches, mon avis sur le dit Simonin est que c’est le plus atroce gâteux qu’on puisse rêver et que j’aime mieux ne réussir rien par lui que de jamais me laisser embrasser de nouveau ! Là !

Je suis bien écœurée et je me demande comment je vais faire pour éviter les machines bêtes, c’est tout un travail pornographique que l’étude de ce Monsieur !

Heureusement que vous m’apparaissez derrière lui ! 

Rachilde46

Cette lettre de Rachilde à Peyrebrune, écrite un mercredi de 1885 selon Nelly Sanchez, a-t-elle inspiré le Roman d’un Bas-Bleu, paru en 1892 ? Les réseaux réels deviendraient alors matériaux pour la fiction, qui permettrait de déjouer leurs chantages en les dénonçant. La boucle est débouclée.

En conclusion, on aura tenté de montrer comment Peyrebrune problématise l’inscription périlleuse des autrices dans les réseaux naturalistes, dans ses écrits fictionnels comme dans sa correspondance. Cette recherche est loin d’être achevée : Peyrebrune n’est qu’un nœud dans un maillage beaucoup plus vaste et serré qu’on n’a longtemps cru. Il y a encore bien du travail pour déviriliser le naturalisme. Cela ne peut se faire à mon sens qu’en individualisant chacun des « bas-bleus » au sein du groupe, afin de rompre progressivement avec les idéologies essentialisantes qui les ont métamorphosées en un morne troupeau anonyme. Comme nous le rappelle si justement Christine Planté : « la femme auteur […] n’existe pas, du moins comme réalité historique. Il y a des femmes qui écrivent47. »

Ces femmes qui écrivent, chacune dans leur style propre, sans toujours se revendiquer d’une appartenance genrée, sont soumises à une même invisibilisation de la part des réseaux masculins. En 2006, cent quatorze ans après le Roman d’un Bas-bleu, Virginie Despentes pousse un cri d’alarme qui résonne comme un écho à la colère de Sylvère :

En tant qu’écrivain, le politique s’organise pour me ralentir, me handicaper, pas en tant qu’individu mais bien en tant que femelle. Ce n’est pas quelque chose que je prends avec grâce, philosophie ou pragmatisme. Puisque ça m’est imposé, je fais avec. Je le fais avec colère48.


Notes

1 Henri des Houx, préface à Camille Delaville, Mes contemporaines, Paris, Paul Sevin éditeur, 1887, p. 18.

2 Pour ses romans Vers l’amour, Paris, Lemerre, 1896 et Au pied du mât, Paris, Lemerre, 1899.

3 Nelly Sanchez, Introduction au dossier « Le Naturalisme au féminin », Les Cahiers naturalistes, n°95, 2021, p. 129.

4 Brigitte Louichon, Introduction, dans Brigitte Louichon et André Del Lungo (dir.), La Littérature en bas-bleus. Tome III. Romancières en France de 1870 à 1914, Paris, Classiques Garnier, 2017, p. 9.

5 Andrea Del Lungo, « Les raisons d’un oubli. Quelques remarques sur l’exclusion des femmes du canon littéraire au tournant du xxe siècle », Ibid., p. 28.

6 « dismantling the stereotyped construction of the woman writer », Sharon Larson, « "Elle n'est pas un bas-bleu, mais un écrivain" : Georges de Peyrebrune's Woman Writer », Nineteenth-Century Contexts, vol. 40, no 1,‎ 2018, p. 19-31.

7 Jean-Paul Socard, Georges de Peyrebrune : itinéraire d'une femme de lettres, du Périgord à Paris, Périgueux, Arka, 2011, p. 163.

8 Émile Zola, « George Sand », Documents littéraires, études et portraits, Paris, Charpentier, 1881, p. 199.

9 Martine Reid, Femmes et littérature, Paris, Gallimard, « Folio essais », 2020, p. 159. Voir aussi Fleur Bastin, Zola et le roman viril, Paris, Champion, 2017.

10 Jules Bois, « La Vie Littéraire. Georges de Peyrebrune jugée par ses contemporains », Gil Blas,‎ 16 juillet 1906, n. p.

11 Camille Delaville, Mes Contemporaines, opcit., p. 28.

12 Voir à ce sujet Lydia de Haro Hernández, « Écrire l'amour comme moyen de subsistance et de revendication au xixe siècle : Georges de Peyrebrune et la thématique sentimentale », Çédille, no 15,‎ avril 2019.

13 Georges de Peyrebrune, « Gustave Flaubert », Le Réveil de la Dordogne, 25 mai 1880.

14 Émile Zola, Lettre n°153, correspondance, t. XI : Lettres retrouvées [en ligne]. Montréal : Presses de l’Université de Montréal, 2010 (généré le 13 septembre 2023). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org.bsg-ezproxy.univ-paris3.fr/pum/7534>.

15 Ibid., Lettre n°341.

16 Nelly Sanchez, « Les filles cachées du naturalisme, étude sur la filiation littéraire entre Zola et Georges de Peyrebrune, Rachilde et Marcelle Tinayre », dans Création au féminin, vol. 3, 2007, pp. 185-198, p. 198.

17 Georges de Peyrebrune, Les Aimées, Paris, Ollendorff, 1895, cité par Jean-Paul Socard dans « Annexes », Georges de Peyrebrune : itinéraire d'une femme de lettres, du Périgord à Paris, opcit., p. 110-113.

18 Georges de Peyrebrune, Le Roman d’un Bas-Bleu, Paris, Ollendorff, 1892, p. 7.

19 Ibid., p. 88.

20 Ibid., p. 258-259.

21 Georges de Peyrebrune, Les Femmes qui tombent, Paris, Lévy, 1882, p. 317-318.

22 Ibid., p. 325-326.

23 Ibid., p. 350.

24 Georges de Peyrebrune, Le Roman d’un Bas-Bleu, opcit., p. 305.

25 Ibid., p. 65.

26 Ibid., p. 163.

27 Ibid., p. 137.

28 Ibid., p. 137.

29 Ibid., p. 143.

30 Ibid.

31 Ibid., p. 144.

32 Lydia de Haro Hernandez et Jean-Paul Socard, Défense et illustration des femmes de lettres en France au XIXe siècle. Réédition critique du texte de Georges de Peyrebrune « Jupiter et les Bas-bleus », Paris, L’Harmattan, 2020, p. 12.

33 Ibid., p. 23.

34 Ibid., p. 259.

35 Ibid., p. 327.

36 Voir Chantal Pierre, « Viols naturalistes : “commune histoire” ou “épouvantable aventure” ? », Tangences, n°114, 2017, p. 61-78.

37 Georges de Peyrebrune, Libres, Paris, Lemerre, 1897, p. 152.

38 Ibid., p. 151.

39 Georges de Peyrebrune, Les Femmes qui tombent, opcit., p. 131.

40 Georges de Peyrebrune, Le Roman d’un Bas-Bleu, opcit., p. 169.

41 L’expression « un élan de justice féminine ou féministe » a été reprise pour titre d'un article paru en 2025, postérieur à cette communication de 2023. On lira avec grand profit l'étude de Nina Lutz, "“Un élan de justice féminine ou féministe*” ? Réflexions sur la position occupée par Georges de Peyrebrune au sein d’un réseau d’autrices du tournant des XIXᵉ et XXᵉ siècles", Fémur (Revue étudiante de critique littéraire de l'Université de Montréal), n°10, automne 2025.

42 Julia Daudet, dans Georges de Peyrebrune, Correspondance : de la Société des Gens de Lettres au jury du prix Vie heureuse, éd. crit. Nelly Sanchez, Lettre n°88, [jeudi] 26 septembre 1912, p. 130.

43 Ibid., p. 129.

44 Rachilde, dans Ibid., Lettre n°24, lundi [4 mars 1889 ?], p. 64.

45 Rachilde, dans Ibid., Lettre n°32, s. d., p. 75.

46 Rachilde, dans Ibid., Lettre n°5, mercredi [1885 ?], p. 43-44.

47 Christine Planté, La Petite sœur de Balzac. Essai sur la femme auteur, Paris, Seuil, 1989, p. 15.

48 Virginie Despentes, King-Kong théorie, Paris, Grasset, Le Livre de Poche, 2006, p. 139.

Pour citer ce document

Lucie Nizard, « Georges de Peyrebrune, ou comment s’inscrire en « bas-bleu » dans les réseaux naturalistes», Le naturalisme en réseaux, sous la direction de Marie-Astrid Charlier Médias 19 [En ligne], Dossier publié en 2026, Mise à jour le : , URL: https://www.medias19.org/publications/le-naturalisme-en-reseaux/georges-de-peyrebrune-ou-comment-sinscrire-en-bas-bleu-dans-les-reseaux-naturalistes