Le kairos d’une rencontre : le réseau de Zola en Italie (1894)
Table des matières
VALERIA TETTAMANTI
« Causer » et « faire causer »
Émile Zola, accompagné par sa femme Alexandrine, part de Paris le 29 octobre 1894 à destination de l’Italie. Après « deux nuits1 » de voyage, Zola arrive à Rome « par le train provenant de Pise2 », le 31 octobre à 7h. À son arrivée, « toute une nuée de reporters », constituée de « vingt personnes au moins3 », l’attend à la descente du wagon. Le 8 novembre, il visite les alentours de la campagne romaine, où il rencontre « certains membres4 » des conseils municipaux de Frascati, Albano, Genzano et Nemi, pour ensuite rentrer à Rome. Du 23 au 28 novembre il séjourne à Naples5 (en passant par Pompéi, le matin du 24 novembre au matin6, et par Capres, le matin du 27 novembre7), avant de revenir à Rome. Le 5 décembre à 20h40, il arrive à Florence, accueilli par « de nombreux amis et admirateurs8 », et il repart le 8 décembre à 14h50 à destination de Venise. À la gare de Venise, le soir même, à 22h45, « plusieurs journalistes et étudiants de l’École supérieure de commerce9 » l’accueillent. Entre Venise, qu’il quitte le 11 décembre 1894, et Milan, il passe par Desenzano pour voir son cousin Carlo Zola10. Milan sera sa dernière étape. À son arrivée à la gare, le 12 décembre, à 19h35, « plusieurs artistes11 » l’accueillent. Il y reste jusqu’au 15 décembre et rentre finalement à Paris à 7h du matin le 16 décembre12.
Cette chronologie (avec quelques détails encore incertains13) évoque d’emblée la manière dont Zola, écrivain très populaire d’origine italienne, agit comme le catalyseur d’une « course folle14 » à l’information et d’un rapport moderne à l’événement. « Zola toujours. La chronique est à lui15 ». Mais elle laisse surtout entrevoir les ressorts sociaux de l’enquête zolienne autour de son roman Rome. En premier lieu, une véritable « nuée16 » d’acteurs entoure en permanence l’écrivain à la descente des trains qui le conduisent aux quatre coins du Royaume d’Italie, en cette fin 189417. En deuxième lieu, le voyage de Zola, qui ne saurait se résoudre ni à un terrain de vérification a posteriori de thèses et de préjugés mêlés à une documentation livresque de « huit mois18 », ni à une stratégie rationnelle d’acquisition de données, interroge plutôt son processus de création romanesque comme création des liens et des capitaux. Dans le cadre de cet article, le voyage de Zola, en quête de « couleur locale »,

Fig. 1 : « Zola à Rome », Folchetto, 8 novembre 1894, p. 1.
est donc restitué à l’échelle des rencontres, innombrables19, avec les personnalités locales : nous tenterons précisément de dissiper ce brouillard de visages et de poignées de main accompagnant Zola.
À rebours de « l’illusio du “créateur incréé”20 », Zola présente lui-même les relations informelles comme des conditions indispensables pour l’accès aux matériaux d’enquête ainsi que pour la conservation de l’information après le terrain. « J’allais pour voir et pour causer21 », résume-t-il, de retour d’Italie, dans une interview au Temps, de même qu’il confie à un journaliste du Gaulois : « je me suis aperçu que certaines particularités m’avaient échappées. Alors j’ai écrit à Rome22 ». La (re)connaissance de la parole des pairs devient ainsi à la fois gage de scientificité et outil de légitimation. Lorsqu’Alexandrine retourne seule à Rome, l’année suivante, Zola lui écrit qu’il regrette de « n’avoir pu la [Madame Hébert] faire causer23 » à son gré. Dans sa lettre, Zola met en avant la gestion maitrisée d’un capital social, en lien avec la genèse zolienne « programmatique »24, comme disposition à « se faire25 » des relations, les convertir en ressources, les orienter consciemment à son avantage. Mais il pointe aussi les limites de l’enquête et, de surcroît, les illusions d’une certaine rationalité de l’acteur. C’est à l’aune de cette déprise raisonnée, de ce bain de foule à la fois craint et convoité, que le voyage de Zola en Italie peut être lu comme la cartographie d’un « capital relationnel26 ».
Or, mesurer le capital relationnel de Zola au sein du réseau italien signifie cerner un capital plus indirect et éphémère, mobilisé en une poignée de main ou en un mot de présentation, problématiser donc les écarts entre ressources et profits27, prendre en compte la rentabilité symbolique et économique diffractée de ces relations. En somme, il s’agit moins de décrire la manière dont il a des relations (ce qui interrogerait une temporalité plus étendue) ou dont des relations se font (ce qui relèverait plus du capital social), que la manière dont Zola entre en relation en Italie à la fin de 1894, de saisir le kairos d’une rencontre : par ce biais, nous essayons, d’une part, de contourner les difficultés méthodologiques et théoriques, mises en avant par Laisney, autour d’un réseau potentiellement infini28, et d’autre part, d’adhérer à l’esprit de socialisation d’un écrivain en quête d’occasion, en accord avec la double acception de « rencontre » et « circonstance ». « J’ai vu un nombre considérable de gens que j’ai interrogés sans en avoir l’air, et cela dans tous les milieux29 ». En accordant le contingent au nécessaire, la logique conversationnelle de l’hic et nunc à la logique de dramatisation des liens, Zola s’attache à la quantité exponentielle de relations « pour en emporter une impression directe, vivante30 » : ce regard quantitatif, rapace, qui élargit le champ des relations « partout et en tout sens31 » autant qu’il le nivelle, est finalement celui que Zola lui-même porte sur l’Italie32. « J’ai vu le plus de monde possible, et j’ai causé avec toutes les personnes qui pouvaient me renseigner33 ». La vision quantitative, qui est ici la nôtre, s’efforce ainsi de restituer une temporalité à pic sur le présent, en d’autres termes, de saisir la manière dont le tempo névralgique de Zola, qui, « fort entouré et un peu bousculé34 », écrit sur son Journal jusqu’à « deux et trois heures du matin35 », recoupe le tempo médiatique de l’actualité italienne qui rythme la vie culturelle à l’aune des rencontres de l’écrivain. La brièveté, la rapidité et l’abondance caractérisent en somme autant la manière dont le réseau médiatique s’articule, que la façon dont Zola constitue son réseau italien en cette 1894.
Le nombre et l’intensité de ces liens ont été déterminés par le croisement de différentes sources susceptibles de restituer l’épaisseur synchronique des relations en Italie : le Journal de Zola, les témoignages de Ugo Ojetti et de Jacopo Caponi que Zola rencontre lors de son voyage36, la correspondance (1893-1897)37, les « interviews »38 françaises de Zola relatives au voyage entre 1894 et 189639 et la presse italienne. En particulier, Ugo Ojetti témoigne des rencontres du 17 novembre avec Anna Laetita Pecci et Cesare Pascarella chez le prince Odescalchi40, alors que Jacopo Caponi (Folchetto) rapporte l’entrevue vénitienne avec Niccolò Barozzi41. Le travail de René Ternois a également été traité comme une source primaire pour certaines rencontres qui n’ont pas pu être attestées dans le cadre de notre corpus : avec Matilde Serao42, Philippe Tonelli43, François Carry. Ce dernier rencontre Zola le 9 novembre, avant de le revoir le 22 novembre, comme l’écrivain l’atteste dans son Journal44 ; Edoardo Arbib est reçu par Zola au Grand Hôtel le 3 novembre45, avant la soirée du banquet de l’Albergo Roma, où il côtoie Giulio De Angelis, qu’il interrogera plus tard, le 22 novembre46.
En ce qui concerne la presse, un certain nombre de journaux et de revues, littéraires, politiques et d’information, illustrées ou non illustrées, à grand et faible tirage, a été dépouillé : Il Fanfulla de Rome (novembre-décembre 1894), le quotidien « politique-humoristique », représentant du « parti constitutionnel47 », ainsi que son supplément littéraire hebdomadaire illustré Fanfulla della Domenica (novembre-décembre 1894), caractérisé par l’esprit francophile et l’indétermination idéologique48 ; Folchetto de Rome (1-12 novembre 1894), quotidien illustré assez éphémère dirigé par Emilio Faeli49 ; Il Popolo romano de Rome (novembre-décembre 1894), quotidien illustré de longue vie dirigé, entre 1894-1895, par Ferdinando Miaglia50 ; La Riforma de Rome (novembre-décembre 1894), quotidien politique à tirage modeste proche de la « gauche parlementaire51 » ; La Gazzetta di Venezia de Venise, quotidien illustré de longue vie, précurseur de la presse libérale d’information52 ; La Nazione de Florence (6-9 décembre 189453), premier quotidien politique italien né en 1859 ; l’hebdomadaire libéral-conservateur La Cultura de Rome (année IV, 1894)54 ;La Tribuna illustrata de Rome (novembre-décembre 1894) qui publie en feuilleton les romans de Zola55 ; l’hebdomadaire illustré L’Illustrazione italiana de Milan (novembre-décembre 1894)56, dirigé, à l’époque, par Edoardo Ximenes et que Zola rencontre par ailleurs au banquet Albergo Roma le 10 novembre. D’une part, le réseau journalistique pris en considération tisse une intertextualité hiérarchisée à la faveur des « grandes » revues, lorsque Le Folchetto de Rome se réfère explicitement à La Tribuna comme source légitime de la presse romaine autour du voyage de Zola57. D’autre part, l’élargissement de la production imprimée éphémère double entre 1872-1874 et 190058, répondant au « besoin des faits, surtout des petits faits, et peu importe s’ils sont toujours bien attestés59 », en accord avec des nouveaux enjeux de la communication. Si les chroniqueurs italiens, cumulant les emplois, peinent à se professionnaliser en reporters60 et à s’affirmer comme groupe social autonome (le premier Congrès des journalistes italiens se déroule justement en 1894), les correspondants des « provinces du royaume », tâchent pourtant de « suivre leurs collègues61 » et de relater, de Milan à Naples, « même l’heure à laquelle l’éminent Zola éternue62 ». Les codes de mobilité et de médiatisation commencent alors à s’affirmer dans l’organisation du réseau journalistique.
À l’aune de ces différentes sources, nous essayons, en somme, de poser un regard pour ainsi dire en parallaxe, de cerner l’angle formé par deux axes visuels fondamentaux, celui de René Ternois qui se tient, en biographe, au plus près de Zola, et celui d’Anne-Christine Faitrop-Porta qui, dans la fresque d’histoire culturelle comme dans l’étude de cas63, épuise la presse. À cette fin, l’usage du logiciel Jaal et la plateforme exécutive Pyton64 nous ont permis de générer des réseaux graphiques à de différentes échelles : nous tentons de tenir ensemble, sans les confondre, la logique informatique et la logique historique, l’abstraction liée à l’indexation des données et l’attribution « arbitraire » des valeurs numériques, et la dimension concrète de l’espace social.
Réseaux : critères, valeurs, enjeux du relationnel
Ainsi, nous avons pu reconstruire le tracé matériel des 100 rencontres de Zola en Italie que nous avons identifiées65. L’illisibilité de certains documents numérisés empêchant la reconnaissance optique de caractères, ainsi que les limites de nos compétences informatiques actuelles nous ont encouragée à privilégier l’indexation manuelle des données66. Une fois les rencontres avérées, il a été essentiel de déterminer des critères quantitatifs susceptible de mesurer l’« intensité » du lien au moment du voyage. On en a dégagé cinq : le nombre des rencontres lors du séjour de Zola67, le nombre des mentions de Zola dans le Journal, le nombre des lettres adressées entre 1893 et 1897, le nombre des mentions dans le même corpus épistolaire et le nombre de mentions dans les interviews données à la presse française entre 1894 et 1896. Le nombre des rencontres restituant l’entrée en relation concrète de Zola avec le réseau italien68 a été mesuré dans une échelle de 1 : 10 (une rencontre vaut 10, deux rencontres valent 20, etc.), alors que les quatre autres valeurs, traitées davantage comme des « indices d’intertextualité69 » et inhérentes à une sociabilité plus « abstraite », ont été comptabilisées en 1 : 5. La manière dont « la sociabilité abstraite […] redouble la sociabilité concrète, sans toutefois se confondre avec elle70 » peut alors être prise en considération par la définition de ces critères et la distribution de ces valeurs.

Fig. 2 : Graphique de l'ensemble des liens référencés de Zola lors de son voyage en Italie en 1894, créé avec le logiciel Python"
La première image illustre l’ensemble des relations répertoriées, filtrées au niveau de l’« intensité » des liens ainsi mesurée. En accord avec les critères illustrés, l’importance des liens a été mesurée sur une échelle de 10 à 120, le 10 attestant une seule rencontre avérée lors du voyage. 89% des liens se trouvent en dessous de l’intensité « moyenne » du réseau (60), et 11% en dessus. Le lien le plus fort, à 120, est celui avec Edouard Lefebvre de Béhaine : Zola et l’ambassadeur du Vatican Béhaine, « un homme exquis71 » recommandé par son cousin Edmond de Goncourt72, se rencontrent sept fois à Rome, dont trois fois dans la demeure privée de l’ambassadeur (le 4 novembre, le 17 novembre, le 1 décembre)73. Caution scientifique de l’enquête de Zola autour du Vatican, Béhaine, relation a priori « extra-littéraire74 », incarne paradoxalement les aspirations symboliques les plus intenses de l’écrivain. Toutefois, malgré son intercession, Zola ne rencontre ni le « Pape »,


Fig. 3 et 4 : « Le Pape ne reçoit pas » et « Zola ne reçoit pas », Folchetto, 7 novembre 1894, p. 1.
ni de « cardinaux », ni de « archevêques », ni d’« évêques », comme il l’aurait souhaité75. Aux antipodes du spectrum, 53% des relations sont très « faibles », puisqu’une seule rencontre a pu être attestée. Dans la plupart des cas, ces rencontres, tues par Zola lui-même, se détachent de la prolifération de banquets organisés par les associations des journalistes en l’honneur de Zola et relatés dans la presse :

Fig. 5 : « Dans le conseil des ministres », Folchetto, 8 novembre 1894, p. 1.

Fig. 6 : « En quête de banquets », Folchetto, 8 novembre 1894, p. 1.
« trois cents personnes76 » dînent au restaurant du Scoglio di Frisio de Naples le 26 novembre, « environ cent personnes77 » à l’Albergo Roma le 10 novembre, « soixante intervenants78 » au banquet Bauer de Venise (qui ne sont que « quarante-neuf79 » pour La Riforma) le 10 décembre,

Fig. 7. « Ventres célèbres », La Gazzetta di Venezia, 11 décembre 1894, p. 3.
« une centaine80 » des personnes sont attendues au restaurant Cova de Milan le 14 décembre (à l’issue de celui du banquet du 13 décembre organisé également par la Famiglia artistica81), de « très nombreux et joyeux toasts82 » sont lancés le 6 décembre au restaurant Capitani de Florence. Dans la presse, si ces personnalités locales portent des « témoignages d’honneurs83 » vis-à-vis de Zola, ce dernier témoigne en retour de leur prestige : le nom de Zola apparaît à côté de celui de députés, onorevoli, chevaliers, commandeurs, avocats et professeurs chargés de titres honorifiques84, qui en font les protagonistes de l’« éducation morale et politique des masses populaires85 », les représentants libéraux d’une conscience civique nationale à honorer auprès du célèbre écrivain français. Issus pour la plupart des fractions aristocratiques et bourgeoises dont ils restent en réalité solidaires86, ces acteurs, à l’identité sociale brouillée87, tendent un miroir de flatterie précautionneuse à Zola, indépendant financièrement et socialement influent, qui les juge en retour, tel qu’il l’écrit dans son Journal, « hantés par l’atavisme de noblesse88 ». Cette élite, à la fois politique, sociale et intellectuelle, est encore attachée à une définition de la littérature hétéronome, dépendante de l’État et de ses moyens, et redevable du filtre de consécration de la France, porteuse d’un prestige à la fois culturel, politique et linguistique, qui fait lire Manzoni en miroir de Zola (ou « à travers la lentille du roman français89 ») dans le discours inaugural de Ruggero Bonghi du banquet du 10 novembre. Dans ce cadre, ces liens « faibles », composant la majorité du capital relationnel de Zola voyageant en Italie, peuvent paradoxalement affecter, par leur nombre, leur contexte de consécration institutionnelle, leur visibilité médiatique, le capital littéraire de Zola, un capital plus inhérent, a priori, à la relation avec Béhaine.
Le réseau romain

Fig 8 : Graphique des liens référencés de Zola lors de son voyage à Rome en 1894, créé avec le logiciel Python"
illustre la manière dont 59% des liens se fédèrent, à un moment ou à un autre, à Rome où Zola passe par ailleurs la majorité de son séjour. Sur ces 59 liens, la moitié (29 liens) a une très faible intensité (10). En revanche, les trois liens qui valent plus de 100, en dehors de celui avec Béhaine, sont redevables des circonstances romaines : Attilio Luzzatto (110), Edoardo Bertolelli (105) et Ruggero Bonghi (100). Luzzatto est le directeur et actionnaire de La Tribuna lors du voyage de Zola : il participe directement et durablement au succès commercial de Zola, car sous sa direction, les tirages du journal augmentent et la page littéraire, La Tribuna illustrata, acquiert une certaine reconnaissance. Sur les huit rencontres identifiées, deux se déroulent chez Luzzatto lui-même et une chez le chef d’État Francesco Crispi, le 12 novembre 1894, preuves de l’intimité du lien90. Mentionnés trois fois dans le Journal, le 8 et le 19 novembre, il est le destinataire de deux lettres91, dont la première date du 25 décembre 1895, le lendemain du début de la publication de Rome dans La Tribuna92 : Zola prie Luzzatto de « signaler ainsi toutes les erreurs que vous découvririez93 ». Médiateur clé du marché, Luzzatto se fait aussi garant du coefficient du réalisme, voire de l’identité esthétique naturaliste. Au cœur, lui aussi, des intérêts de Zola, l’administrateur de La Tribuna, le comte Edoardo Bertolelli s’entretient longuement avec Zola le 16 novembre, lui fournissant même des « notes94 » lors du séjour napolitain. Sept rencontres ont pu être avérées, parmi lesquelles deux ont lieu le 1er novembre : du Grand Hôtel, Bertolelli accompagne en cicerone les Zola dans leur visite de l’après-midi à Saint-Pierre. Deux lettres lui sont adressées par Zola, qui le remercie pour un livre de Leone Vicchi, en juillet 189595, et discute de l’imminente publication en feuilleton de Rome dans une lettre du 23 octobre 189596. Mentionné dans une lettre à Alexandrine, lorsqu’elle voyage seule à Rome en novembre 189597, il est aussi recommandé à Fernand de Rodays, en août 1897, pour qu’il puisse assurer les ventes du Figaro en Italie98. Les rencontres de Rome, où résident et travaillent Luzzatto et Bertolelli, représentent sans doute l’acmé de l’interdépendance des profits symboliques : la relation d’interconnaissance recoupe à ce moment-là, d’une manière inextricable, l’interreconnaissance. Ruggero Bonghi, qui participe par ailleurs lui aussi à la Tribuna illustrata, fonde, en 1894, une Société d'études italiennes à Paris. En tant que président de l’Associazione della stampa italiana lors du voyage de Zola, il prononce un discours fortement médiatisé lors du banquet du 10 novembre99, car il attire notamment les antipathies des milieux catholiques100. La polémique est telle qu’il ressent le besoin de restituer son « véritable » discours dans la Cultura, la revue hebdomadaire dont il est le directeur de 1882-1895101. Six rencontres romaines ont pu être identifiées, et la dernière se passe chez Bonghi le 3 décembre102. Le Journal de Zola le mentionne huit fois103, le qualifiant aussi de « finaud104 » et de « très curieux105 », alors qu’il est invisible dans la correspondance zolienne de ces années-là. Marzot et Menichelli insistent sur l’admiration de Bonghi pour Zola, alors que Porta tient à en mettre en avant l’antinaturalisme106. Les rencontres romaines, témoignant sans doute d’une convergence d’intérêts puissante et temporaire, s’exposent, à ce moment-là, à l’ambiguïté de l’astéisme : « mon approbation a été moins grande que mon admiration107 », déclare Bonghi dans son discours.
Un lien « moyen », comme celui avec Francesco Crispi (30), à première vue purement institutionnel, peut être compté parmi les liens « impurs et enchevêtrés108 », en raison des différentes circonstances des contacts (« concrets » ou « abstraits », inhérents à différents dispositifs textuels) susceptibles de mobiliser des ressources différentes. Crispi, invisibilisé dans les interviews et les correspondances, est mentionné 4 fois dans le Journal : le Crispi « assourdi109 » et « violent110 » de la doxa journalistique, ainsi qualifié le 11 novembre, compose avec l’« homme encore vert pour ses soixante-quatorze ans111 » côtoyé, chez lui, pour « une demi-heure112 » (ou « trois quart-d’heure113 », en accord avec le Fanfulla). Or, chez le sicilien Crispi, dont Zola observe l’« attitude114 » à l’ouverture du Parlement, les ressources « dramatiques », issues de l’« impression directe, vivante115 » de l’entrevue, mais aussi de la doxa, prévalent, à ce moment-là, sur les ressources « documentaires » représentées sans doute davantage par d’autres liens moyens, comme ceux avec le ministre de la Finance Paolo Boselli (35)116, le ministre de l’Agriculture Guido Baccelli (30)117, et le maire de Rome Emanuele Ruspoli (20)118.
Au banquet du 10 novembre organisé par L’Associazione dei giornalisti italiani, 31 participants ont été mis avant dans la presse consultée.

Fig. 9 : Graphique des liens référencés de Zola lors de sa visite à l’Albergo Roma de Rome, le 10 novembre 1894, créé avec le logiciel Python
Sur l’ensemble des liens romains qu’on a pu identifier, les rencontres du banquet dépassent donc la moitié. La chronique italienne, censée se situer au plus près du factuel, double le spectacle d’un « spectacle scénographique119 », façonne l’événement en parade, en défilé d’intervenants prenant la parole120.

Fig. 10 : « Le banquet des journalistes et le concert de l’Artistica à l’honneur de Zola », Illustrazione italiana, n. 47, 25 novembre, p. 349.
La soirée avait suivi, logiquement, la petite réception de Zola dans le siège de La Tribuna, le 8 novembre à 15h15121.

Fig. 11 : « L’écrivain français Émile Zola reçu dans les bureaux de La Tribuna à Rome », La Tribuna illustrata, n. 47, 18 novembre 1894, p. 376.
Le somptueux banquet se prête à la capitalisation relationnelle de Zola, en raison des modalités d’inscriptions122, du nombre des participants et du cadre à la fois mondain et officiel (avec un orchestre de « mandolinistes123 »), qui amplifie le hasard des interactions, tout en le réglant, par exemple, par la disposition des invités à table rapportée par les journaux124 : Zola se trouve entre Bonghi (seul acteur de la soirée mentionné par Zola dans son Journal), qui préside le banquet, et l’assesseur municipal de Rome, Giulio De Angelis, qui a un lien plutôt « moyen » (20) avec Zola et très fort avec Bonghi lui-même125 ; à la droite de Bonghi est assis Maggiorino Ferraris, qui a un lien d’intensité « moyenne » (40) avec Zola126. Les liens les plus « forts » du réseau italien présents au banquet, Bonghi, Luttazzo, Bertolelli et Billot (90)127, se détachent des 21 liens « faibles » (10) qui représentent deux tiers du total128. Dans le cadre du banquet, Zola entretient des liens « moyens » avec Boselli, Baccelli, Ruspoli, ainsi qu’avec Edoardo Arbib (20) et William J. Stillmann (15). D’une part, le statut fortement « hybride » des trois hommes politiques romains129 est susceptible de mobiliser un « très large spectre des ressources130 » en fonction des besoins de Zola, d’autre part, les circonstances du banquet accentuent la dimension « relationnelle » de la rencontre en dépit de la dimension « sociale », plus propice aux entrevues privées favorisant la prise maitrisée, cadrée de renseignements. En revanche, les journalistes Arbib, que Zola reçoit au Grand Hôtel, et Stillman, qui souhaite renseigner Zola sur « des choses (peut-être) intéressantes131 » à lui confier132, représentent, explicitement et consciemment, des ressources inhérentes au capital social de Zola qui, par la même occasion, reçoit « les cartes de visite de presque tous les journalistes italiens133 » dans une coupe de bronze. Les réseaux de Naples,

Fig. 12 : Graphique des liens référencés de Zola lors de son voyage à Naples en 1894, créé avec le logiciel Python"
Florence

Fig. 13 : Graphique des liens référencés de Zola lors de son voyage à Florence en 1894, créé avec le logiciel Python"
Venise

Fig. 14 : Graphique des liens référencés de Zola lors de son voyage à Venise en 1894, créé avec le logiciel Python"
et Milan

Fig. 15 : Graphique des liens référencés de Zola lors de son voyage à Milan en 1894, créé avec le logiciel Python"
que l’on envisage d’analyser dans le cadre d’une prochaine contribution, peuvent tout de même être visualisés en forme d’annexe134.
Vers l’imaginaire réticulaire de la création
Dans le cadre de cet article, nous nous sommes moins attachée à reconstruire les conditions de possibilité de ces relations (ce qui relèveraient davantage d’une perspective diachronique et de l’épistémologique du champ135), que d’en quantifier les ressources, saisies, autant que possible, dans leur fibre qualitative. Il ne s’agissait pas de trancher sur le statut intime/médiatique, privé/public des relations zoliennes, mais de pratiquer une coupe synchronique du capital, de le sectionner de la chronique au Journal, du public à l’intime. On a tenté alors de problématiser la « différence hiérarchique136 » entre les acteurs structurant l’appréhension traditionnelle du capital symbolique (une différence entre les acteurs italiens et Zola, et entre des espaces culturels et linguistiques différents comme la France et l’Italie en 1894, qui s’expose aux limites d’une historisation rigoureuse137), d’autre part, de conjurer la tentation de causalité entre ressource et profit : tenter de prendre en compte « toutes les relations d’interconnaissance et d’interreconnaissance138 » que l’on a pu attester a permis de questionner à nouveaux frais, dans le cadre d’une analyse réticulaire, des liens interpersonnels a priori considérés comme « forts », comme celui avec Behaine, assez « faibles », comme celui avec Arbib, ou « asymétriques », comme celui avec Luzzatto, se révélant paradoxalement comme « plus efficaces que les liens forts139 ». La visualisation du réseau générée à l’aide du langage informatique Python – tenue désormais pour un support narratif et visuel des relations – peut contribuer à éclairer, en filigrane, les conditions de la connaissance de l’Italie par Zola. Parmi celles-ci, la rencontre oriente les logiques mutuelles d’objectivation d’une expertise (celle de Zola et celle des acteurs rencontrés), tour à tour romanesque, documentaire, sociale et géographique, vers une déprise maîtrisée. Située à la jonction entre l’illusio du jeu social – sa participation inconditionnée et irréfléchie – et son désenchantement, la rencontre peut être ainsi analysée comme le relais d’un imaginaire réticulaire de la création.
Fiches biographiques du réseau italien
Ces fiches ont été réalisées notamment grâce au Dizionario Biografico Treccani https://www.treccani.it/enciclopedia/elenco-opere/Dizionario_Biografico/. Elles concernent les acteurs italiens répertoriés que Zola rencontre lors de son voyage. Nous avons tenu compte également de certaines notations biographiques, comme celle de Bertolelli, qui sont transcrites aussi dans la Correspondance sous la forme des notes introductives des lettres : elles sont pourtant écrites à partir d’enjeux et d’objectifs différents. La rédaction de ces fiches a été orientée, autant que possible, par trois critères : décrire le « statut social » croisant différentes fonctions (il reste à cerner la manière dont ces différents capitaux inhérents aux métiers de journaliste, d’écrivain, d’homme politiques etc. se recoupent, se cumulent ou se soustraient, affectant les types de ressources et de profits des acteurs), tendre à la synchronicité, au moment du voyage de Zola, évoquer les relations, s’il y en a, avec Zola et le naturalisme.
Aguglia Francesco (Rome 1852 – ivi 1921). Avocat et magistrat. Conseiller provincial de Rome, puis député du Royaume après 1892.
Antonelli Pietro (Rome 1853 – ivi 1901). Comte, diplomatique et explorateur. En 1883, il signe un traité d’amitié et de commerce entre l’Italie et le Scioa. Il est le représentant officiel de la politique du ministère des Affaires étrangères sous le gouvernement Crispi. En 1894, il est nommé ministre plénipotentiaire à Buenos Aires.
Baldassarre Avanzini (La Spezia 1840 – Brescia 1905). Journaliste et directeur de journaux et de revues. En 1894, il quitte, après vingt ans, la direction du Fanfulla, tout en collaborant avec Il Messaggero qu’il avait fondé quinze ans plus tôt.
Arbib Edoardo (Florence 1840 – Rome 1906). Journaliste, homme politique, écrivain. En 1860, il rejoint Garibaldi en Sicile. Après avoir dirigé le Corriere della Venezia et la Gazzetta del Popolo de Florence, il fonde à Rome La Libertà en 1870. Élu député dans la Droite en 1879, il adhère ensuite au « trasformismo », en adoptant dans son journal des positions anti-françaises entre 1886 et 1888. Lors du voyage de Zola, il est le directeur de L’Italie depuis 1893. Il publie des romans-feuilletons d’inspiration psychologique, comme La moglie nera (1874) ou Mogli oneste (1897).
Baccelli Guido (Rome 1830 – ivi 1916). Médecin et homme politique. Professeur de médecine légale, il dirige la clinique médicale de l’Université de Rome à partir de 1856. Député en 1874, il est ministre de l’Éducation nationale lorsque Zola voyage en Italie (il l’est aussi entre 1881 et 1884 et entre 1898 et 1900). En 1901-1903, il est le ministre de l’Agriculture.
Barozzi Niccolò (Venise 1826 – ivi 1906). Érudit. Directeur des galeries et du musée Correr et auteur de travaux sur l’histoire vénitienne, il publie avec Berchet les Relazioni degli Stati europei lette al Senato dagli ambasciatori veneziani nel sec. XVII en onze volumes (1856-1978).
Barzilai Salvatore (Trieste 1860 – Rome 1939). Homme de loi et journaliste, critique de théâtre, correspondant à l’étranger pour La Tribuna. En 1890, il est élu député parmi les démocrates radicaux.
Bertolelli Edoardo (1853 – 1913). Conte, journaliste publiciste, directeur de la revue satyrique La Lima, directeur administratif de l’Italie de Rome. En 1894, il est l’administrateur de La Tribuna.
Bodio Luigi (Milan 1840 – Rome 1920). Statisticien, professeur à l’École de commerce de Venise, conseiller d’État (1898-1909), il est nommé sénateur en 1900. Chef de la direction générale de statistique (1878) et du Commissariat de l’émigration (1901), il élabore une nouvelle politique de l’émigration, tout en contribuant au renouvellement de la statistique officielle italienne.
Bonghi Ruggiero (Naples 1826 – Torre de Greco 1895). Philologue, historien, critique littéraire, professeur universitaire, homme politique. Il est député de la Destra storica et ministre de l’Éducation. Il soutient les prérogatives de la Couronne contre les dérives du parlementarisme. En 1894, il est le président de l’Associazione della stampa romana qui organise le banquet de l’Albergo Roma à l’honneur de Zola.
Borelli Medea Angelini (Algeria 1860 – Florence 1924). Chanteuse soprano et enseignante de chant.
Boselli Paolo (Savona 1838 – Rome 1932). Homme de loi, économiste, universitaire, député de la Destra storica, ministre de l’Éducation avec le gouvernement Crispi. Il est ministre de la Finance lors de la rencontre avec Zola en 1894.
Caetani-Lovatelli Ersilia (Rome 1840 – ivi 1925). Archéologue, chercheuse, animatrice de la vie culturelle romaine, associée de l’Académie des Lyncéens.
Cameroni Felice (Milan 1844 – ivi 1913). Journaliste proche des positions socialistes, critique littéraire et théâtral. Ami de Verga, il est l’un des premiers médiateurs de Zola en Italie, qu’il rencontre pour la première fois à Paris en 1889140. La correspondance entre Cameroni et Zola est intense141. Il l’attend à la gare de Milan en 1894, lors du passage de l’écrivain en ville. Le 13 décembre 1894, il publie « A proposito del futuro romanzo di Zola » dans Il Sole de Rome.
Caponi Jacopo (Venise 1832 – San Remo 1909). Journaliste et écrivain. Après la libération de Venise, en 1867, il s’installe à Paris en tant que correspondant de la Perserveranza de Milan. Collaborateur du Fanfulla, il publie avec Treves Guida di Parigi. En 1881, il publie le roman Là, là, là, inspiré sans doute des Frères Zemganno des Goncourt. Correspondant parisien pour La Tribuna et L’Illustrazione italiana, il reçoit la Légion d’honneur.
Capuana Luigi (Mineo 1839 – Catane 1915). Écrivain, critique, journaliste. En 1879, il dédie son premier roman, Giacinta, à Émile Zola, avec lequel il entretient pourtant des relations assez indirectes. Au cours des années 1880, il élabore le cadre théorique du vérisme avec Giovanni Verga. En 1894, il rencontre Zola à Rome à deux occasions, dont la première est restituée dans l’interview à Zola pour La Tribuna illustrata (« E. Zola », V, 11, novembre 1894, p. 347-351).
Carafa Capecelatro Enrichetta (Turin 1863 – Naples 1941). Poétesse et traductrice, elle publie, au cours des années 1890, quelques recueils de poèmes loués par la critique. Elle est l’épouse de Riccardo Carafa.
Carafa Riccardo (Naples 1859 – Bologne 1920). Duc, écrivain, journaliste, homme politique. En 1893, la pièce de théâtre Gli ultimi d’Alcamo est représentée à Naples. Il est parmi les fondateurs de la revue Napoli nobilissima illustrant le patrimoine artistique napolitain. À partir du début du siècle, il défend des positions politiques conservatrices, autoritaires et antidémocratiques.
Carocci Guido (Florence 1851 – ivi 1916). Journaliste et chercheur. D’abord chroniqueur de la presse quotidienne florentine (Gazzetta del Popolo, Gazzetta d’Italia, Fieramosca, Nazione), il fonde Arte e storia en 1882, où il combine des finalités morales, patriotiques et pédagogiques. Spécialiste du patrimoine artistique de Florence, de son histoire et de sa topographie (I dintorni di Firenze, 1875).
Castelnuovo Enrico (Florence 1839 – Venise 1915). Écrivain et journaliste. Admirateur de Zola.
Centelli Attilio. Journaliste et chercheur. Collaborateur de L’Illustrazione italiana, il est directeur de la Domenica letteraria jusqu’à 1915. En 1894, sa monographie Giangiorgio Trissino est publiée.
Cimmino Francesco (Naples 1862 – ivi 1939). Professeur de sanscrit à l’Université de Naples de 1914 à 1935. Défini par Benedetto Croce un « poète sentimental », il compose des poésies adaptées en chansons notamment par Tosti et De Leva.
Colonna Vittoria (Naples 1846 – Rome 1939). Duchesse romaine, épouse de Francesco Sforza Cesarini.
Conforti Luigi (Turin 1854 – Naples 1907). Poète et critique littéraire. Secrétaire du Musée national de Naples, il fonde Napoli Nobilissima et il dirige la revue illustrée Cronaca partenopea. En 1893, il publie des guides et des essais historiques à propos de Naples, parmi lesquels, en 1893, la Guida generale di Napoli.
Corcos Vittorio Matteo (Livorno 1859 – Florence 1933). Peintre et portraitiste réaliste, il fréquente les milieux littéraires et artistiques de l’Italie et de la France.
Crispi Francesco (Ribera 1818 – Naples 1901). Avocat, député, ministre, président du Conseil. Protagoniste du Risorgimento, il participe aux Mille de Garibaldi. Il est député pour la Sinistra storica, puis ministre des Affaires étrangères, ministre de l’Intérieur et, pour quatre fois, président du Conseil. En 1894, il en est à son deuxième mandat.
Croce Benedetto (Pescasseroli 1866 – Naples 1952). Philosophe, historien, critique littéraire, représentant du néo-idéalisme, adhérent à la Destra storica. Il soutient la « révolution-conservation », à la fois programme politique et culture morale de matrice libérale. Il exerce son magistère intellectuel par sa revue La Critica, publiée d’abord à Trani, puis à Bari après 1903. Au cours des premières décennies du XXe siècle, il devient sénateur, puis ministre de l’Éducation.
De Angelis Giulio (Rome 1845 – Anzio 1906). Peintre et architecte reconnu, administrateur local. Il dessine la villa romaine de Bonghi. En 1894, il est assesseur à la mairie de Rome.
De Gubernatis Angelo (Turin 1840 – Rome 1913). Poète, dramaturge, librettiste d’opéra, essayiste, critique littéraire, universitaire. D’abord proche de l’anarchisme, il se rapproche ensuite des thèses progressistes. Spécialiste de linguistique comparée, il promeut une approchée comparée de la littérature européenne. En 1894, il est professeur de littérature italienne à l’Université de Rome.
De Petra Giulio (Casoli 1841 – Naples 1925). Archéologue. À partir de 1872, il devient professeur d’archéologie à l’Université de Naples, pour se charger, en 1893, de la direction des fouilles de Pompée, notamment pour ce qui concerne les habitations privées. Il est nommé sénateur en 1914.
Evangelisti Evaristo. Collaborateur de La Tribuna en 1894.
Fabbri Federico (Ravenne 1835 – Rome 1912). Patriote, préfet, journaliste. Après sa participation au mouvement patriotique, il est nommé préfet dans la province de Ravenne entre 1868 et 1870. Franc-maçon, favorable à la Sinistra storica de Baccarini et de Crispi, en 1884 il devient chef rédacteur de La Tribuna. En 1894, il rédige des correspondances de Tunis qui suscitent des polémique, alimentées par ailleurs par son implication dans le scandale de la Banque romaine.
Fambri Paolo (Venise 1827 – ivi 1897). Patriote, écrivain, journaliste, ingénieur. Il participe aux guerres d’Indépendance en 1859 et à l’Unification entre 1861 et 1864. Il dirige avec Bonghi La Stampa de Turin. Se rapprochant de la Destra storica, il devient, lors des années 1870, l’une des références intellectuelles à propos des questions militaires (Questioni di guerra e finanza: volontari e regolari, 1870).
Ferrari Ettore (Rome 1845 – ivi 1929). Peintre, sculpteur, conseiller municipal de Rome. Il est l’auteur d’une sculpture de Giordano Bruno dans la place de Campo dei Fiori à Rome, érigée en 1887. En 1894, il est député au Parlement parmi les républicains radicaux. Il adhère à la Franc-maçonnerie.
Ferraris Maggiorino (Acqui Terme 1856 – Rome 1929). Avocat, homme de loi, élu député parmi les libéraux. En 1894, il est ministre des Postes et des Télégraphes. À partir de 1897, il dirige La Nuova Antologia, tribune d’un libéralisme modéré, mêlant le réformisme social à des revendications radicales, catholiques ou inspirées de Giolitti.
Fogazzaro Antonio (Vicenza 1842 – ivi 1911) Écrivain, dramaturge. Il compose ses premières odes et hymnes dans les années 1860-1870, tout en travaillant dans un cabinet d’avocat. Influencé par le romantisme européen (Heine, Schiller), son rapport au naturalisme, qu’il souhaite ennoblir d’idéalisme, est controversé. Catholique-libéral, à partir de 1891, il tente de concilier la théorie évolutionniste avec la doctrine catholique. Le roman Piccolo mondo antico paraît en 1895.
Fradeletto Antonio (Venise 1858 – Rome 1930). Critique théâtral, secrétaire général de la Biennale d’art de Venise. Il est député de 1900 à 1919, ministre pour les terres libérées et sénateur à partir de 1920.
Gabardi Brocchi Gabardo (Florence 1845 – Rovellasca 1915). Homme de loi, journaliste, écrivain et dramaturge, compositeur et critique musical.
Gallina Giacinto (Venise 1852 – ivi 1897). Dramaturge d’inspiration sentimentale et pathétique. Lors du voyage de Zola, il écrit la pièce La base de tuto autour de la dégradation des milieux, qui sera considérée comme son chef-d’œuvre.
Giachetti Carlo. Assesseur de la mairie de Florence.
Giacosa Giuseppe (Colleretto Parella 1847 – ivi 1906). Dramaturge, journaliste, librettiste d’opéra. Dans les années 1880, sa production théâtrale est influencée par le Naturalisme à théâtre (1881) de Zola et par l’amitié avec Verga.
Guiccioli Alessandro (Venise 1843 – Rome 1922). Diplomate, député dans la Droite. Lors de la prise de Rome de Porta Pia, il est l’un des premiers à pénétrer, en septembre 1870, dans l’État Pontifie. Il prend des positions antiparlementaires et hostiles aux anarchistes et aux socialistes. Maire de Rome en 1888-1889 et préfet de Florence en 1890, il devient préfet de Rome de 1894 à 1896. Guiccioli fait l’objet d’une polémique liée aux démissions de Ruspoli en tant que maire de Rome, le 7 novembre 1894.
Leoncavallo Ruggero (Naples 1857 – Montecatini 1919). Compositeur de musique pour le théâtre. Il s’affirme avec I pagliacci, représenté à Milan en 1892. Avec Mascagni, Puccini, Giordano et Cilea, il participe du théâtre « vériste » des années 1890.
Levi Cesare Augusto (Venise 1866 – ivi 1927). Poète et archéologue de l’histoire vénitienne. En 1894, il publie le recueil I canti del mare et, en 1900, Le Collezioni veneziane d'arte e d'antichità dal secolo XIV ai nostri giorni.
Longo Bartolo (Latiano 1841 – Pompéi 1926). Avocat. Dans la vallée de Pompéi, il promeut la construction d’un sanctuaire dédié à la Madonna del Rosario, tout en se dédiant aux actions apostoliques et œuvres de charité.
Luzzatto Attilio Italico (Udine 1850 – Rome 1900). Avocat et journaliste, puis député. En 1894, il est le directeur et l’actionnaire de La Tribuna de Rome.
Mantegazza Paolo (Monza 1831 – San Terenzo 1910). Médecin pathologue, universitaire, vulgarisateur scientifique d’inspiration positiviste, ethnologue, écrivain. Il est député des libéraux et membre du Conseil supérieur de la Santé.
Marchetti Filippo (Bolognola 1831 – Rome 1902). Musicien, enseignant de chant et président de l’Accademia di S. Cecilia à Rome. Il compose des pièces théâtrales, comme Ruy Blas (1869), et de la musique de chambre.
Marconi Francesco (Rome 1855 – ivi 1916). Ténor de réputation internationale. Il étudie avec Bartolini et il propose un répertoire majoritairement italien.
Margherita di Savoia (Turin 1851 – Bordighera 1926). Reine d’Italie à partir de 1878. Protagoniste de la vie culturelle, elle attire les sympathies de Carducci et D’Annunzio. Conservatrice en politique, à la fin du siècle, elle vire à l’autoritarisme, tout en manifestant, plus tard, son soutien au fascisme.
Molmenti Pompeo Gherardo (Venise 1852 – Rome 1928). Écrivain, historien, chercheur en histoire de l’art reconnu pour La storia di Venezia nella vita privata, dalle origini alla caduta della repubblica (1879). Professeur à l’Académie des Beaux art de Venise, il est nommé député en 1890 et sénateur depuis 1909.
Monteverde Giulio (Bistagno 1837 – Rome 1917). Sculpteur reconnu. En 1889, il est nommé sénateur du Royaume.
Monticelli Franco (Naples 1860 – ivi). Député de la XVIIe et de la XVIIIe législation du Royaume d’Italie.
Odescalchi Baldassarre Ladislao (Rome 1844 – Civitavecchia 1909). Prince, promoteur de l’Unité italienne auprès de l’aristocratie romaine, puis parlementaire centre-gauche. En 1894, il est député au Sénat.
Ojetti Ugo (Rome 1871 – Florence 1946) Journaliste, romancier, essayiste, critique d’art. En 1894, il commence son activité journalistique dans La Tribuna et La Nuova Rassegna. En tant que secrétaire du principe Odescalchi, il accompagne Zola chez ce dernier lors de son voyage. Dans le recueil d’entretiens paru l’année suivante, Alla scoperta dei letterati (1895), il adopte des positions antinaturalistes et idéalistes. Entré en 1898 au Corriere della Sera, il en est le directeur de 1926 à 1927.
Palestini Luigi (Foligno 1852 – Rome 1929). Avocat. Député de la XVIIIe législation du Royaume d’Italie. Candidat aux élections politiques de 1895 pour le Collegio di Foligno, il est soutenu par les monarchistes, libéraux et modérés.
Pascarella Cesare (Paris, 1858 – Rome, 1940). Peintre et poète. Il s’affirme grâce à ses poèmes en dialecte romain dans des revues culturelles. En 1894, le poemetto142 La scoperta dell’America le consacre en Italie.
Paolocci Dante. Dessinateur, correspondant artistique de L’Illustrazione italiana. Il est notamment l’auteur du dessin du banquet de Albergo Roma paru dans L’illustrazione italiana.
Pecci Anna Laetitia (Rome 1885 – Marlia, 1971). Comtesse, mécène, petite fille du Pape Léon XIII. Célèbres sont ses salons littéraires à Paris, autour duquel elle rassemble Salvador Dalì et Paul Valéry, à Rome, où elle rassemble, entre autres, Alberto Moravia et Giuseppe Ungaretti. À New York, en accord avec le ministère de la Culture populaire, elle promeut l’art italien. En 1894, elle n’a que neuf ans.
Pessina Enrico (Naples 1828 – ivi 1916). Avocat pénaliste, universitaire, magistrat. Élu pour le Centre-gauche, il est ministre de la Justice en 1884-1885. Le 28 novembre 1894, il publie dans Il Mattino de Rome, l’article « Brindisi in onore di Emilio Zola ».
Pettinati Nino (1857 – 1926). Écrivain, poète et journaliste. En 1894, il est le secrétaire de la Federazione nazionale stampa italiana.
Pica Vittorio (Naples 1862 – Milan 1930). Essayiste, critique littéraire et critique d’art, animé par un intérêt intense et constant pour la littérature naturaliste française. Depuis 1881, il publie des articles concernant notamment les frères Goncourt, avec lesquels il entame une correspondance143. Il interviewe Zola, pour la première fois lors de son voyage, pour La Riforma le 2 novembre 1894.
Primoli Luigi (Paris 1858 – Rome 1925). Comte, fils de Charlotte Bonaparte, photographe. Il fait ses études à Paris, où il fréquente Théophile Gautier, Prosper Mérimée, Flaubert et les frères Goncourt. Depuis 1870, il vit à Rome, mais il se rend souvent à Paris où il noue notamment d’amitié avec Maupassant et Paul Bourget qui lui dédie son roman Cosmopolis(1893).
Puccini Giacomo (Lucca 1858 – Bruxelles 1924). Musicien. Manon Lescaut (avec le livret d’Oliva), représenté à Turin en 1893, le consacre auprès du public. La Bohème (1896) et Madama Butterfly (1904), d’abord accueillies avec des réserves, intègrent le répertoire international. Il est nommé sénateur l’année de sa mort.
Rava Luigi (Ravenne 1860 – Rome 1938). Philosophe du droit, professeur universitaire, chercheur dans le domaine de la législation sociale, il est élu député en 1890. En 1894, il est sous-secrétaire du ministère des Postes et des Télégraphes. Au début du XXe siècle, il est ministre de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, puis ministre de l’Éducation.
Ruspoli Emanuele (Rome 1837 – ivi 1899). Prince de Poggio Suasa, politicien, entrepreneur, administrateur local. Après avoir participé au Risorgimento, il devient député du Centre. En 1894, il est le maire de Rome.
Salvini Tommaso (Milan 1829 – Florence 1915). Acteur de théâtre connu à l’international.
San Martino Valperga Enrico (Turin 1834 – Rome 1947). Comte des San Martino, en Piémont. Protagoniste de la vie culturelle italienne, de 1892 à 1893, il est le président de l’Accademia filarmonica romana, et en 1895 celui de la Regia Accademia de Santa Cecilia jusqu’à sa mort. Il devient, en 1923, le président du Conseil directif de la Scuola nazionale di cinematografia et membre associé de l’Académie des beaux-arts de Paris. En 1905, il est nommé Sénateur du Royaume en 1911 et chargé de nombreux titres honorifiques.
Santacroce Mimi (Santafiora). Comtesse romaine. Dame d’honneur de la reine, elle est la veuve de Bosio Cesarini Sforza, comte de Santafiora.
Santini Augusto (Osimo 1854 – …). Deputé de la XVIIIe législation du Royaume d’Italie. Avocat, Journaliste, publiciste.
Sarfatti Attilio (Venise 1863 – ivi 1900). Poète. Il est reconnu par ses poèmes en dialecte vénitien, comme Rime veneziane (1884) et Il minuetto (1890).
Selvatico Riccardo (Venise 1849 – Biancade 1901). Poète, dramaturge, il collabore avec Verga pour la mise en scène de Cavalleria rusticana en 1884. Il est conseiller municipal de Venise et il en devient le maire en 1889144. En 1895, il fonde, avec Antonio Fradeletto, ce que deviendra la Biennale de Venise. En 1897, il est élu député.
Serao Matilde (Petrasso 1856 – Naples 1927). Écrivaine et journaliste, elle collabore avec plusieurs quotidiens et revues. En 1884, elle publie Il ventre di Napoli, en échos au Ventre de Paris de Zola. En 1892, elle fonde, avec son mari Edoardo Scarfoglio, Il Mattino de Naples.
Sighele Scipio (Brescia 1868 – Florence 1913). Criminologue, psychologue, sociologue, avocat. En 1891, il publie La folla delinquente, traduit en français l’année suivante. Il entretient une correspondance avec Zola. Précurseur de la psychologie collective, il anticipe les thèses de Gustave Le Bon (La psychologie des foules, 1895). En 1895, il publie Contro il parlamentarismo, saggio di psicologia collettiva, où il propose de réformes d’inspiration démocratique. Il est expulsé des territoires de l’Empire autrichien en raison d’un article considéré comme subversif paru dans La Revue en 1912.
Sogliano Antonio (Naples 1854 – ivi 1942). Archéologue, inspecteur des fouilles de Pompéi, directeur du musée de Palerme et du musée de Villa Giulia de Rome, professeur des antiquités de Pompéi à l’Université de Naples de 1906 à 1929. Associé de l’Académie des Lyncéens en 1920.
Spinelli Nicola (Turin 1865 – Rome 1909). Compositeur. En 1889, son Labilia arrive deuxième au concours Sonzogno après Cavalleria rusticana de Mascagni. A basso porto (1894) marque sa consécration internationale.
Tonelli Philippe. Écrivain corse, auteur de Retribution. A Corsican vendetta story (1885).
Torelli Achille (1844 – 1922). Dramaturge, célèbre pour I Mariti (1867). Directeur de la bibliothèque San Giacomo de Naples, il est reconnu par un travail d’érudition Sul Cantino dei Cantici (1892). Il est l’administrateur du théâtre San Carlo de Naples.
Torrigiani Piero (Florence 1846 – Quinto 1920). Sénateur, administrateur local. En 1894, il est le maire de Florence.
Umberto I (Turin 1844 – Monza 1900). Il devient Roi d’Italie en 1878. Favorable à la Triple Alliance, il soutient la politique d’expansion coloniale de Crispi. En raison de ses positions autoritaires de la fin du siècle, il est tué par l’anarchiste Bresci en 1900.
Vannucini Luigi (Foiano della Chiana 1828 – Bagni di Lucca 1911). Compositeur et directeur d’orchestre.
Vitta Cino (Florence 1873 – Florence 1956). Juriste, universitaire,. Il est administrateur local à Florence lors de la Première Guerre mondiale.
Ximenes Eduardo (Palerme 1852 – Roma 1932). Illustrateur et écrivain. Il fonde L’Illustrazione italiana, dont il est le directeur artistique pour vingt ans. Sul campo di Adua, journal de terrain entre l’Érythrée et l’Éthiopie en mars-juin 1896, est considéré comme l’un des premiers reportages de guerre. Il illustre La vita militare de Edmondo de Amicis en 1908.
Zola Carlo. Conseiller de la Cour d’appel de Brescia et cousin d’Émile Zola. Il se rencontrent à Desenzano lors du voyage en Italie.
Notes
1 Vittorio Pica, « Emilio Zola a Roma », La Riforma, 2 novembre 1894, p. 1.
2 « Emilio Zola a Roma », Folchetto, 1 novembre 1894, p. 3. Toutes les traductions sont faites par mes soins.
3 Interview d’Anonyme à Émile Zola, « Le voyage de M. Zola en Italie », Le Temps, 17 décembre 1894, dans Émile Zola, Œuvres complètes d’Émile Zola, t. XVI, Paris, Nouveau Monde, 2007, p. 915. Les deux citations se réfèrent à la même page.
4 Fanfulla, 9 novembre 1894, p. 3.
5 « Da Napoli », Fanfulla, 24 novembre, p. 2. À la différence des autres gares italiennes, personne ne pourra « l’accueillir à la gare » de Naples. Voir aussi « Napoli. 24 nov. », Popolo romano, 25 novembre 1894, p. 2.
6 « Da Napoli », Fanfulla, 24 novembre, p. 2.
7 « Dalle province del Regno. Napoli », Popolo romano, 27 novembre 1894, p. 2.
8 « Cronaca. La partenza di E. Zola », La Riforma, 6 décembre 1894, p. 2.
9 « Emilio Zola a Venezia », La Riforma, 10 décembre 1892, p. 2.
10 « Emilio Zola a Milano (Nostro dispaccio particolare). Milan, 13, 10h », La Riforma, 14 dicembre 1894, p. 1. Jacopo Caponi croit, en revanche, que Zola est passé par Brescia. (Jacopo Caponi, Ricordi di Folchetto, Turin, Società Tipografico-Editrice Nazionale, 1908, p. 275). Le 18 novembre 1894, Augusto Setti, dans son article « La famiglia Zola in Italia » (L’illustrazione italiana, le 18 novembre 1894, p. 330), assure qu’Émile et le septuagénaire Carlo « ne se sont jamais vus ». La Riforma ironise quelques jours plus tard sur les hypothèses fantaisistes autour de la généalogie de Zola que l’article de Setti aurait alimentées (« In punta di penna », La Riforma, 23 novembre 1894, p. 1).
11 « Emilio Zola a Milano (Nostro dispaccio particolare). Milan, 13, 10h », art. cit., p. 1.
12 Les formulations de Gian Carlo Menichelli (Bibliographie de Zola en Italie, Paris, Institut français de Florence, 1960, p. 78) et l’introduction de l’interview « Le voyage de M. Émile Zola en Italie », dans les Œuvres complètes (op. cit., p. 914) peuvent être mal interprétées : « Le voyage de Z. à Rome, où il séjourna du 1er novembre au 15 décembre 1894 » ; « Zola et sa femme partirent le 31 octobre pour l’Italie, où le romancier devait se documenter pour Rome. Ils rentrèrent le 14 décembre ».
13 « L’arrivo di Emilio Zola », La Gazzetta di Venezia, 9 décembre 1894, p. 2. À son arrivée à la gare de Venise, Zola s’exclame : « À Bologne, j’ai salué l’illustre poète Carducci ». Il n’y a pas d’autres traces de ce passage, ni dans les autres journaux consultés, ni dans le Journal, ni dans la correspondance.
14 Émile Zola, « Préface », dans Charles Chincholle, Les Mémoires de Paris, Paris, Librairie moderne, 1889, p. VII.
15 « Da una domenica all’altra », La Tribuna. Supplemento illustrato della Domenica, n. 47, 18 novembre 1894, p. 370.
16 « Le voyage de M. Zola en Italie », art. cit., p. 915.
17 Parmi les travaux dédiés aux différentes villes italiennes visitées en 1894, nous signalons : Giorgio Longo, « Zola à Rome : rencontres et amitiés photo-littéraires », dans Mathilde Falguière-Léonard, Céline Grenaud-Tostain, Jean-Sébastien Macke, Bruno Martin (dir.), Émile Zola et la photographie, Une page d’amour, Paris, Herman, Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie, 2023, p. 56-63 et Paul Arrighi « Zola à Naples »,Études italiennes, vol. II, 1932, p. 28-44.
18 Vittorio Pica, « Emilio Zola a Roma », art. cit., p. 1. La réception controversée du roman porte moins sur les enjeux esthétiques autour du degré de « réalisme » ou de « vraisemblance », que sur l’acceptabilité morale et politique d’une « quatrième Rome » qui est, à l’époque, en pleine reconstruction. Sur ce sujet, voir Anne-Christine Faitrop-Porta, « Il realismo di “Roma” al vaglio della critica romana (1896-1960) », dans Giancarlo Menichelli, Valeria De Gregorio Cirillo (dir.), Il terzo Zola-Emile Zola dopo “I Rougon –Macquart”, Naples, ed. Istituto Universitario Orientale, 1990, p. 141-171. Voir aussi Silvia Disegni, « Traduction de Rome de Zola en italien et mise à l’Index », dans Bruna Donati et Sophie Guermès (dir.), Traduire Zola, du XIXe à nos jours, Rome, Roma Tre Press, 2018, p. 105-123.
19 Dans ce travail, on tente (audacieusement) de les compter : on reviendra sur ces choix méthodologiques.
20 Gisèle Sapiro, « Réseaux, institution(s) et champ » dans Daphné de Marneffe et Benoit Denis (dir.), Les Réseaux littéraires, Bruxelles, Le Cri, p. 45.
21 « Le voyage de M. Zola en Italie », art. cit., p. 915.
22 Interview d’A. G. à Émile Zola, « Rome de M. Émile Zola », Le Gaulois, 6 mars 1895, dans Émile Zola, Œuvres complètes d’Émile Zola, op. cit., p. 919.
23 Émile Zola, lettre à Alexandrine, Paris, 18 novembre 1895, dans Émile Zola, B. H. Bakker (éd.), Correspondance. octobre 1893-septembre 1897, vol. 8, Montréal, Paris, Presses de l'Université de Montréal, Éd. du Centre national de la recherche scientifique, 1991, p. 270.
24 Dans la vaste bibliographie sur la génétique zolienne, je me limite à signaler la contribution la plus récente et significative : Olivier Lumbroso, Dans l’atelier d’Émile Zola, Paris, Hermann, 2024.
25 Vincent Laisney, « Réticulairement. Sociabilités littéraires et capital relationnel au XIXe siècle », dans Le Magasin du XIXe, n. 10, « Réseaux », 2020, p. 113.
26 Idem. La définition de Vincent Laisney (« ensemble des ressources actuelles ou potentielles liées à la possession d’un réseau durable de relations plus ou moins institutionnalisées d’interconnaissance et d’interreconnaissance ») nous paraît plus efficace que celle proposée par Paul Aron et Benoit Denis (« Réseaux et institutions faible », dans Daphné de Marneffe et Benoit Denis (dir.), Les Réseaux littéraires, op. cit., p. 14-17) qui recouperait en partie celle de capital social.
27 L’ensemble des ressources qui constituent le capital relationnel ne se convertissent pas toujours et pas immédiatement (au sens temporel et causal) en profits, de sorte qu’on peut parler, avec Claisse, de « ressources “déperditives” » (Frédéric Claisse, « De quelques avatars de la notion de réseau en sociologie », dans ibid., p. 26).
28 Nous avons exclu en effet les très nombreux contacts postérieurs au voyage et issus de celui-ci, comme Zola le confie au Galois l’année suivante : « toute une correspondance s’est établie, correspondance qui n’a pas encore pris fin. Pensez donc que j’ai à l’heure actuelle, plus de mille pages de notes ! ». (« Rome de M. Émile Zola », art. cit., p. 919). Nous reviendrons sur les choix du corpus.
29 Idem.
30 Ibid., p. 918.
31 Émile Zola, lettre Au comte Giuseppe [Gégé] Primoli, Rome, 5 novembre 1894, dans Gian Carlo Menichelli, « Lettere inedite di Emile Zola ai conti Primoli », Studi Francesi, II, 6, septembre-décembre 1958, p. 426.
32 D’après le témoignage d’Ugo Ojetti, par ailleurs, Zola aborde le terrain italien, avec « son programme de travail et ses questionnaires et les fiches à remplir », par une approche que l’on pourrait qualifier aujourd’hui de quantitative (Ugo Ojetti, « Zola », Cose viste, vol I, Milan, Fratelli Treves, 1923, p. 256).
33 « Le voyage de M. Émile Zola en Italie », art. cit, p. 915.
34 Émile Zola, lettre Au comte Giuseppe [Gégé] Primoli, Rome, 5 novembre 1894, art. cit., p. 426.
35 « Rome de M. Émile Zola », art. cit., p. 919.
36 Ugo Ojetti, Cose viste, op. cit. et Jacopo Caponi, Ricordi di Folchetto, Turin, Società Tipografico-Editrice Nazionale, 1908.
37 Ces bornes temporelles recoupent celles du volume de la Correspondance, octobre 1893-septembre 1897, op. cit. Nous avons également consulté Anna Longoni (éd.), Lettere a Capuana, Milan, Bompiani, 1993, p. 58-61, pour celle adressée à Luigi Capuana le 30 novembre 1894. Pour quelques lettres inédites destinées à Zola lors de son voyage à Rome, voire René Ternois, Zola et ses amis italiens : documents inédits, Paris, les Belles lettres, 1967.
38 En France, l’« interview » littéraire de Jules Huret en 1891, Enquête sur l’évolution littéraire, anticipe celle de Le Cardonnel et Vellay qui la consacrent comme un dispositif à la fois formel et médiatique. Dans la presse italienne de 1894, « l’interview (comme on dit) » (Illustrazione italiana, n. 45, 11 novembre 1894, p. 307), ou l’« “interview” » entre guillemets (Fanfulla, « Zola a Roma », 4 novembre 1894, p. 2) sont l’indice d’un néologisme ou d’une forme peu codifiée. Un travail sur les origines historiques et épistémologique de l’interview (intervista) en Italie reste à faire.
39 Ce sont les bornes du volume XVI des Œuvres complètes éditées par Mitterand.
40 Ugo Ojetti, « Zola », Cose viste, op. cit., p. 261-263.
41 Jacopo Caponi, Ricordi di Folchetto, op. cit., p. 274. Caponi aurait été l’intermédiaire de la rencontre entre Barozzi et Zola, et entre ce dernier et Cesare Augusto Levi. « Je lui avais donné deux lettres, l’une pour Nicolò [sic] Barozzi […] et l’autre pour le commandeur Cesare Augusto Levi, lui aussi connu pour ses recherches autour d’anecdotes historiques vénitiennes ».
42 On peut toutefois présumer que la « célèbre écrivaine dont on tait le nom » dans la Gazzetta di Venezia, qui s’entretient « aimablement » avec Zola à Naples, est Matilde Serao. (« Aneddote Zoliane », La Gazzetta di Venezia, 4 décembre 1894, p. 3).
43 René Ternois, Zola et son temps : Lourdes, Rome, Paris, Paris, Les Belles lettres, 1961, p. 484.
44 Ibid., p. 486.
45 Ibid., p. 484.
46 Ibid., p. 497.
47 Giuseppe Ottino, La Stampa periodica. Il commercio dei libri e la tipografia in Italia, Milan, Libreria Editrice G. Brigola, 1875, p. 11. Le prix de l’abonnement annuel, relativement cher, est de 24 lires (ibid., p. 30). Il tire à 15.000 exemplaires, lors du recensement d’Ottino.
48 Imprimée, de 1879 et 1919 chez Artero e C, Off. Poligr italiana de 1879 à 1919. Destiné à l’élite socio-culturelle francophone, Fanfulla publie, en français, les vers de Guido Menasci en 1894 et en 1896, ainsi que la conférence romaine de Pierre de Nolhac en 1894, ce qui témoigne du prestige avant tout linguistique de la France. Les vertus pédagogiques et morales de la littérature sont souvent mises en valeurs.
49 Biblioteca del Senato della Repubblica. L’Italia del Risorgimento. Giornali e riviste nelle raccolte della biblioteca del Senato (1700-1918), Roma, 1998, p. 98. Il est imprimé à la typographie Altero de 1891 à 1894. À partir du 13 novembre 1894, il se fonde avec le Don Chisciotte.
50 Ibid., p. 160. Il est imprimé chez le stab. tip. del Popolo romano de 1884 à 1922.
51 Giuseppe Ottino, La Stampa periodica, op. cit., p. 11. Édité par l’éditeur Società entre 1867 et 1896, il tire à 4000 exemplaires, avec un prix d’abonnement annuel de 30 lires, plus cher que celui du Fanfulla (ibid., p. 37).
52 Biblioteca del Senato della Repubblica, L'Italia del Risorgimento, op. cit., p. 103. Imprimée de 1848 à 1949 à la typographie della Gazzetta di Venezia et ensuite à celle de la Società anonima Veneta, il nait d’abord comme périodique. Sur l’histoire de la Gazzetta di Venezia, voir Guglielmo Berchet, La Gazzetta di Venezia. Saggio storico, Venice, tipografia della Gazzetta, 1875.
53 Ce sont les jours de la permanence du séjour de Zola en ville.
54 Édité par L. Vallardi, il est imprimé à Trani de 1882 à 1912. Bonghi, que Zola rencontre en Italie, en est le directeur de 1882 à 1895.
55 Imprimée du 6 janvier 1890 à décembre 1896, en 1894, « La Tribuna - c’est bien connu - est le journal qui a le monopole des publications à Rome des romans de Zola » (« Zola e il Papa », Folchetto, 4 novembre 1895, p. 3). Lors du voyage de Zola, il en le directeur Eugenio Rubichi (dont le pseudonyme est « Richel »).
56 Édité par Treves de 1875 à 1962.
57 Le 1, 4 et 7 novembre 1894.
58 Ugo Bellocchi, Bibliografia del giornalismo italiano, Rome, Centro di documentazione giornalistica, 1991, p. 15. Au cours de l’année 1885, 447 périodiques voient le jour et 464 disparaissent.
59 Ruggero Bonghi, « Préface », dans Nicola Bernardini, Guida della stampa periodica italiana, Lecce, Tipografia editrice salentina, 1890, p. V. Voir aussi Dario Papa, Il giornalismo: revista estera ed italiana, Verona, Franchini, 1880, p. 8.
60 Voir par exemple Folchetto, lun 12 nov 1893, p. 3. Le Folchetto fictionnalise le reporter en détective, « spécialiste des menus détails, petite moustache », plus en lien avec l’imaginaire populaire et le privé anecdotique qu’avec la professionnalisation d’un métier. D’après Folchetto, Zola est taxé de « reporter quelconque » (épithète visiblement dévalorisant) par une « horde de critique » (« Emilio Zola a Roma », art. cit., Folchetto, p. 1).
61 « Esagerazioni smaccate. Onori a Zola », Gazzetta di Venezia, 12 novembre 1894, p. 1.
62 Idem.
63 Anne-Christine Faitrop-Porta, « Octobre 1892 : Ernest Renan et la presse italienne » dans Études Renaniennes, n°78, 4e trimestre 1989, p. 3-25. Voir aussi Pia Falciola, La Littérature française dans la presse vériste italienne, Florence, Paris, Sansoni, Didier, 1977.
64 https://github.com/imohitmayank/jaal. Je tiens à remercier tout particulièrement Richard Garreau et Cédric Van Rompay pour leur aide précieuse, ainsi que Lucie Amir pour ses conseils précieux.
65 Ce n’est évidemment qu’un nombre extrêmement exigu par rapport aux centaines de personnes rencontrées que l’on pourrait identifier dans le cadre d’un travail de plus grande ampleur.
66 Cette méthode « artisanale » a favorisé un usage raisonné du logiciel. Python a certes permis in primis de visualiser des résultats, mais il a aussi orienté nos principes d’analyse par des filtres permettant d’isoler certains liens en accord avec certains critères et de construire les différents graphiques.
67 Nous avons donc exclu du compte les rencontres, attestées dans la correspondance, qui ont suivi celles du séjour italien, comme la visite de Jacopo Caponi et d’Edoardo Bertolelli à Médan le 29 juin 1895.
68 Les relations entre les acteurs du réseau italien ne sont pas visualisées, mais elles sont évoquées dans l’analyse.
69 Frédéric Claisse, « De quelques avatars de la notion de réseau en sociologie », art. cit., p. 29. Si, en accord avec Claisse, les « citations croisées » et l’intertexte de la correspondance ne peuvent avoir de valeur heuristique absolue dans la construction d’un réseau, on s’écarte, en revanche, des conclusions « objectivistes » qui distinguent « la réalité d’une relation avec sa représentation ». La notion de « réalité » (vs irréel) porte des implications ontologiques et historiques qui restent à préciser à l’aune de l’analyse du champ médiatique de la fin du XIXe siècle et de la dimension poétique des textes journalistiques, mais aussi du traitement des sources numérisés et de la pertinence sémiologique de l’intertexte. La distinction entre « concret » et « abstrait » peut se révéler, selon nous, plus opérante pour l’analyse d’un réseau comme le nôtre.
70 Vincent Laisney, « Réticulairement. Sociabilités littéraires et capital relationnel au XIXe siècle », art. cit., p. 111.
71 Émile Zola, lettre à Edmond de Goncourt, Rome, 15 novembre 1894, dans Émile Zola, Correspondance, op. cit., p. 181.
72 Voir la lettre de remerciement à Goncourt, Paris, vers le 25 octobre 1894, dans ibid., p. 173. Lorsque Alexandrine voyage seule à Rome l’année suivante, Zola mentionne Béhaine à deux reprises, dans une lettre du 12 novembre 1895 (ibid., p. 261), ainsi que dans une autre lettre du 17 novembre 1895, où il encourage son épouse à accepter une invitation chez Béhaine (ibid., p. 268). Il est par ailleurs mentionné trois fois dans l’interview pour Le Temps du 17 décembre 1894.
73 Les autres rencontrent se déroulent au palais Rospigliosi (1 novembre), à Saint-Paul-hors-les-murs (3 novembre), à l’Aventin (14 novembre) et chez les Hébert (18 novembre).
74 Vincent Laisney, « Réticulairement. Sociabilités littéraires et capital relationnel au XIXe siècle », art. cit., p. 114.
75 Ugo Ojetti, « Zola », Cose viste, op. cit., p. 258.
76 « Da Napoli. Emilio Zola », Fanfulla, 24 novembre 1894, p. 2.
77 « Roma. 11 novembre. La riunione in onore di Zola », Fanfulla, 12 novembre, p. 3. Pour La Riforma, les participants sont « bien plus de cent » (« Il banchetto ad Emilio Zola all’Albergo Roma », La Riforma, 12 novembre 1894, p. 2).
78 « Zola a Venezia », La Gazzetta di Venezia, 11 décembre 1894, p. 3.
79 « Dalle provincie (lettere e telegrammi). Zola a Venezia. Venezia, 10 », La Riforma, 12 décembre 1894, p. 2.
80 « Emilio Zola a Milano (Nostro dispaccio particolare) », art. cit., p. 1.
81 Le banquet du 13 est aussi organisé par l’Associazione lombarda dei giornalisti, le Circolo filologico e la Società degli autori italiani.
82 « Cronaca fiorentina. Il banchetto a Zola », La Riforma, 8 décembre 1894, p. 2. Le 2 décembre, La Riforma avait pourtant annoncé que les inscriptions au banquet étaient « vraiment très rares », moins d’une « vingtaine » (« Cronaca fiorentina. Il banchetto a Zola. Firenze, 30 », La Riforma, 2 décembre 1894, p. 2).
83 A. P. « Un po’ di misura. A proposito di Francofilia », Gazzetta di Venezia, 3 décembre, p. 1.
84 Comme le rappelle Christophe Charle, cette pratique en France s’éteint au début de la Troisième République. (Les Intellectuels en Europe au XIXe siècle, Paris Seuil, 2001, p. 257).
85 « A proposito dei tumulti di maggio », Rassegna Nazionale, vol. 101, année XX, Firenze, Ufizio del periodico, 1898, p. 540.
86 Christophe Charle, op. cit., p. 182.
87 Voir les fiches biographiques en annexe.
88 Émile Zola, « Samedi 17 novembre 1894 », Journal de Rome, dans Émile Zola, Œuvres complètes, op. cit., p. 872.
89 Enrico Nencioni, « Un matrimonio d’amore », 28 août 1881, Fanfulla della Domenica p. 2.
90 Ils se rencontrent aussi à la gare de Rome, à l’arrivée de Zola, au Grand Hôtel où Zola est logé, le lendemain, le 8 novembre, ainsi que le rapporte le Journal, à la réception au siège de La Tribuna, le 8 novembre à 15h15, et au banquet du 10 novembre à l’Albergo Roma.
91 Émile Zola, lettre à Attilio Luzzatto, Paris, 25 décembre 1895, dans Correspondance, op. cit., p. 290 ; Émile Zola, lettre à Attilio Luzzatto, Médan, 19 mai 1896, dans ibid., p. 321.
92 Dans ce début de publication en feuilleton, Jacopo Caponi qui n’a, pour sa part, qu’un lien plutôt « moyen » avec Zola (25) (il s’intensifiera par la suite), est en revanche un intermédiaire fondamental puisqu’il transmet à Luzzatto, le 22 novembre 1895, « les deux premiers chapitres de Rome » (Émile Zola, lettre à Jacopo Caponi, Paris, jeudi soir, 21 novembre 1895, dans op. cit., p. 277). Caponi, dans ses Ricordi, rappelle par ailleurs d’avoir accompagné Madame Luzzatto à Médan.
93 Émile Zola, lettre à Attilio Luzzatto, 25 décembre 1895, dans Émile Zola, Correspondance, op. cit., p. 290.
94 Émile Zola, « 23-28 novembre », Journal, op. cit., p. 888.
95 Émile Zola, lettre à Edoardo Bertolelli, Médan, début juillet 1895 [?], dans op. cit., p. 234. Il s’agit du livre Français à Rome paru en 1892.
96 Émile Zola, lettre à Edoardo Bertolelli, Paris, 23 octobre 1895, dans ibid., p. 255-256.
97 Émile Zola, lettre à Alexandrine Zola, Paris, 15 novembre 1895, dans ibid., p. 265 : « J’ai fait envoyer au comte les volumes de ma série ».
98 Émile Zola, lettre à Edoardo Bertolelli, Médan, 22 août 1897, dans ibid., p. 419.
99 Brouillé par la polémique, le discours est rapporté par le Fanfulla della Domenica un mois plus tard « Il brindisi di Bonghi à E. Zola », Fanfulla della Domenica, 9 décembre 1894, p. 4. Il en parle notamment Rastignac (Vincenzo Morelli), « Il discorso di Bonghi”, Don Chisciotte, 11 nov 1894 ; N.N., « Il banchetto e il concerto artistico in onore di Zola », L’Illustrazione Italiana, XXI, vol. II, 47, 25 novembre 1894, p. 349-351.
100 Gian Carlo Menichelli, Bibliographie de Zola en Italie, Institut français de Florence, p. 81.
101 Biblioteca del Senato della Repubblica. L’Italia del Risorgimento, op. cit., p. 80.
102 Les cinq autres se déroulent le 8 novembre au siège de La Tribuna, le 10 novembre lors du banquet Albergo Roma, le 13 novembre dans la demeure privée de Santafiora, le 18 et le 20 novembre dans des lieux non précisés de Rome.
103 Dans son Journal, Zola évoque par ailleurs l’emplacement de sa maison le 11 novembre (mentionné encore le 16 novembre) et le discours de la veille (autres mentions : le mardi 20, le mercredi 21 novembre et le lundi 3 décembre).
104 Émile Zola, « dimanche 18 novembre », Journal, op. cit., p. 877.
105 Émile Zola, « mardi 13 novembre », ibid., p. 863.
106 Anne-Christine Faitrop-Porta, La Letteratura francese nella stampa romana (1880-1900), op. cit., p. 47-49.
107 Ruggero Bonghi, « Il brindisi a E. Zola », La cultura, n. 42, IV année, 5-12 novembre 1894, dans La Cultura. Rivista critica ebdomadaria, Roma, Tipografia della mantellate, 1894, p. 658.
108 Vincent Laisney, « Réticulairement. Sociabilités littéraires et capital relationnel au XIXe siècle », art. cit., p. 114.
109 Émile Zola, « dimanche 11 novembre », Journal, op. cit., p. 855.
110 Idem.
111 Émile Zola, « 12 novembre », ibid., p. 858.
112 Idem.
113 Fanfulla, 14 novembre 1894, p. 3.
114 Émile Zola, « lundi 3 décembre », Journal, op. cit., p. 898.
115 « Rome de M. Émile Zola », art. cit., p. 918.
116 Zola et Boselli se rencontrent trois fois : le 8 novembre à 15h15 au siège de La Tribuna, le 10 novembre au banquet et le 30 novembre chez Boselli lui-même et cette rencontre est mentionnée dans le Journal. Zola et Boselli s’étaient connus à Gênes, en septembre 1892, « à l’époque de l’exposition colombienne », comme le rappelle Il Secolo XIX (Emilio Zola, Il Secolo XIX, 1-2 dicembre 1894, p. 1).
117 Zola rencontre Baccelli le 8 novembre à Rome (on n’a pas pu identifier le lieu), ainsi qu’il l’atteste dans son Journal le même jour, et sans doute au banquet du 10 novembre. Il est loué à deux reprises dans l’interview « Le voyage de M. Émile Zola en Italie ».
118 Zola et Ruspoli ne se rencontrent qu’au banquet du 10 novembre ; Zola le mentionne dans son Journal (« du vendredi 23 novembre au mercredi 28 novembre », p. 889) deux fois.
119 A. P., « Un po’ di misura ! A proposito di Francofilia », art. cit., p. 1.
120 Voir par exemple « Il brindisi. Il discorso di Zola. Rome, 10, 11h10 p.m. », La Gazzetta di Venezia, 11 novembre 1894, p. 1.
121 À la réception organisée au siège de La Tribuna, sept journalistes aux multiples fonctions sociales [voir fiches] ont pu être identifiés : Attilio Luzzatto, Baldassarre Avanzini, Edoardo Bertolelli, Evaristo Evangelisti, Federico Fabbri, François Carry. Ils sont accompagnés par Maggiorino Ferraris, Luigi Rava, sous-secrétaire du ministère des Postes et des Télégraphes et Paolo Boselli.
122 « Cronaca di Roma. Banchetto a Zola », Il Popolo romano, p. 2.
123 « Emilio Zola in Roma », Fanfulla, 3 novembre 1894, p. 4.
124 Voir, par exemple, Il Folchetto, 12 novembre 1894, p. 1.
125 Giulio De Angelis et Zola se rencontrent deux fois, la première au banquet du 10 novembre, la deuxième à Rome le 22 novembre. Au banquet, « De Angelis, assesseur, salue Zola au nom de Rome. Il parle en italien » (« Il brindisi. Il discorso di Zola. Rome, 10, 11h10 p.m. », art. cit., p. 1) : le filtre linguistique et le discours institutionnel affectent la nature et l’intensité de la rencontre. Peintre et architecte reconnu, il dessine la villa romaine de Bonghi.
126 En 1894, Ferraris est le ministre des Postes et des Télégraphes. Lors du séjour romain, il rencontre trois fois Zola, dont l’une chez lui le 30 novembre 1894. Ils s’y étaient déjà vus lors de la réception de La Tribuna le 8 novembre. Aucune mention n’apparait dans le Journal, la correspondance et les interviews.
127 Albert Billot est l’ambassadeur de France à Rome qui organise l’audience de Zola avec le Roi Humbert I et avec la Reine Marguerite de Savoie : il est alors pour Zola un « guide écouté en pareille circonstance » (« Le voyage de M. Zola en Italie », art. cit., p. 915). Six rencontres (au palais Farnese de Rome, le 31 octobre 1894, peut-être au banquet du 10, encore au palais Farnese, le 11 novembre, à une audience royale romaine le 29 novembre 1894, le 1 décembre, à la demeure privée de Billot et le 8 décembre à Florence), quatre mentions dans le Journal (deux fois le 31 octobre (p. 819), 1 décembre 1894 (p. 897), 4 décembre 1894 (p. 899), ont pu être par ailleurs attestées.
128 Ces liens concernent Alessandro Guiccioli, Angelo De Gubernatis, Augusto Santini, Carlo Monticelli, Dante Paolocci, Edoardo Ximenes, Enrico San Martino Valperga, Ettore Ferrari, Filippo Marchetti, Francesco Aguglia, Francesco Marconi, Franco Monticelli, Giulio Monteverde, Hans Barth, José Villegas Cordero, Luigi Bodio, Luigi Palestini, Nicola Spinelli, Nino Pettinati, Pietro Antonelli et Salvatore Barzilai. D’après le Fanfulladu 12 novembre, Guiccioli, Billot et Baccelli « s’excusent de ne pas pouvoir intervenir » (p. 3). La formulation demeurant équivoque, nous les avons tout de même indexés : leur participation au banquet doit être considérée, à ce stade, comme une hypothèse.
129 Je renvoie aux fiches.
130 Vincent Laisney, « Réticulairement. Sociabilités littéraires et capital relationnel au XIXe siècle », art. cit., p. 114.
131 Émile Zola, lettre à William J. Stillmann 7 novembre 1894, p. 179. Zola accepte l’invitation faite par Stillmann la veille.
132 Par les sources consultées, nous n’avons pas pu vérifier et circonstancier cette rencontre privée qui n’a donc pas été comptabilisée.
133 « Il brindisi. Il discorso di Zola. Rome, 10, 11h10 p.m. », art. cit., p. 1.
134 Cet article ne constitue que la première partie d’un travail conçu en deux temps afin de déployer un regard qualitatif, précis, circonstancié, des résultats quantitatifs obtenus à propos des réseaux de Naples, Florence, Venise et Milan.
135 Joseph Jurt, « Les groupes littéraires dans la deuxième moitié du XIXe siècle », dans Denis Saint-Amand, La dynamique des groupes littéraires, Liège, Presses Universitaires de Liège, 2016, p. 50.
136 Vincent Laisney, « Réticulairement. Sociabilités littéraires et capital relationnel au XIXe siècle », art. cit., p. 113.
137 Christophe Charle, Les Intellectuels en Europe au XIXe siècle, op. cit., p. 258-259. L’absence de « biographies collectives reconstituant itinéraires et prises de position » (ibid. p. 351) des intellectuels italiens rajoute une difficulté supplémentaire à la comparaison déjà problématique entre les milieux intellectuels français et italiens. Voir aussi Christophe Charle, L’Europe des intellectuels : figures et configurations XIXe-XXe siècle, Paris, CNRS Éditions, 2024.
138 Vincent Laisney, « Réticulairement. Sociabilités littéraires et capital relationnel au XIXe siècle », art. cit., p. 113.
139 Evanghelia Stead et Hélène Védrine, « Le hasard et la labilité. Les réseaux des revues en Europe (1860-1930) », dans Le Magasin du XIXe, op. cit., p. 123.
140 Voir Émile Zola, Correspondance, op. cit., p. 189. La note explicative de la lettre 161 précise, en revanche, que Zola et Cameroni se rencontrent « pour la première fois » à Milan en 1894.
141 Paolo Tortonese (éd), Cameroni e Zola: lettere, Paris, Honoré Champion, Slatkine, 1987.
142 Un poemetto est un poème d’extension limitée, constitué par le récit d’un épisode circonscrit. Le style est élégant et raffiné, et le ton sentimental.
143 Nunzio Ruggiero (éd.), Votre fidèle ami de Naples. Lettere a Edmond de Goncourt (1881-1896), Naples, Guida, 2004.
144 Émile Zola, Correspondance, op. cit., p. 180. D’après la Correspondance de Zola, il devient maire de Venise en 1890.