Le naturalisme français vu par les hommes de lettres brésiliens dans la presse des années 1880
Table des matières
PEDRO PAULO GARCIA FERREIRA CATHARINA
1La révolution littéraire du naturalisme, qui s’est répandue à l’échelle internationale pendant les deux dernières décennies du XIXe siècle, réorganise la cartographie littéraire de la République mondiale des lettres2. Le Brésil, inséré dans l’espace médiatique international3, intègre cette géographie spécifique qui ignore les frontières physiques. Dans la presse brésilienne, surtout à partir des années 1880, des hommes de lettres s’occupent du naturalisme pour l’expliquer ou pour le critiquer, comme le montre le tableau ci-dessous. Leurs articles contiennent des références directes ou indirectes aux œuvres littéraires et aux textes français qui théorisent et commentent l’esthétique. Certains constituent même des séries, comme ceux de Manoel Valadão, Valentim Magalhães, Araripe Jr. et Viveiros de Castro, entre autres.

Fig. 1 – Tableau des articles publiés dans la presse brésilienne au sujet du naturalisme français dans les années 1880.
Parus dans des périodiques de différentes régions du Brésil, ces articles témoignent de l’importance du mouvement naturaliste pour la discussion au sujet de la littérature nationale, à un moment politique charnière pour le pays, entre l’Empire et la République, cette dernière ayant été proclamée le 15 novembre 1889. Le naturalisme y était perçu par les médiateurs de l’époque dans sa pluralité, doté d’une ascendance et d’une descendance. Revisiter ces articles permet ainsi d’élargir le réseau d’agents responsables de la circulation transnationale du naturalisme, certains étant aujourd’hui méconnus, voire inconnus. En outre, comme on peut le noter dans le tableau, dans le cas du Brésil, cette circulation passe souvent par le Portugal4.
À travers un réexamen de certains de ces textes, j’essayerai d’appréhender quelques-unes des valeurs clés du naturalisme en tant qu’esthétique qui s’exporte et qui s’intègre dans un nouveau contexte culturel. La lecture de ces articles, parfois complexe, révèle un tissu très riche de références littéraires, scientifiques et philosophiques qui s’avère ardu à restituer dans sa totalité. Les hommes des lettres brésiliens des années 1880, qui en général lisaient couramment en français, avaient accès aux textes qui circulaient en Europe, et entre l’Europe et les Amériques et, en tant que passeurs culturels5 dans les organes de presse, transmettaient aux lecteurs les idées modernes de la vie intellectuelle et littéraire de leur temps.
La plupart des textes retrouvés défendent le naturalisme, tout en adoptant le point de vue moderne de l’esthétique, à quelques différences près. Dans cet article, je vais privilégier ceux de quatre médiateurs, dont trois sont peu connus de nos jours, qui ont contribué à la vulgarisation du naturalisme dans son réseau international. Je laisserai ainsi de côté les textes ayant été publiés par la suite en format livre et qui feront partie du canon critique de la littérature brésilienne, tels ceux qui forment les deux séries « Naturalisme et pessimisme » et « La Terre d’Émile Zola et L’Homme d’Aluísio Azevedo », du célèbre critique brésilien Araripe Jr. Mon intention est aussi celle d’identifier les écrivains et les textes français associés au naturalisme dans ces analyses médiatiques, ainsi que les idées centrales portant sur l’esthétique, afin de mieux comprendre la réception de cette dernière.
Zola au centre
Dans certains articles, la position centrale d’Émile Zola apparaît comme incontournable. La presse renforce cette perspective en répondant à l’effort de l’écrivain de construire une carrière solide en même temps qu’il tente d’imposer une esthétique révolutionnaire. C’est le cas de l’article intitulé « Emilio Zola », publié le 25 avril 1881 en dernière page du journal Diário de Pernambuco6, le Pernambouc étant à l’époque une province au Nord du pays. Ce texte non signé fait une sorte de synthèse de l’œuvre de Zola en s’appuyant sur l’article que Paul Alexis avait publié le 12 mars dans le « Supplément Littéraire du dimanche » du Figaro, qui accompagne les portraits des principaux personnages de Nana,empruntés au volume illustré qui allait paraître chez Marpon & Flammarion.

Fig. 2 – Le Figaro, le 12 mars 1881, p. 3. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k273930q/f1.item.texteImage (consulté le 24/01/2024).
On y trouve les grandes lignes du projet de Zola pour la série des Rougon-Macquart, « sur la base de ses études physiologiques, en appliquant aux personnages de ses romans les vices héréditaires sous leurs différentes formes7 ». L’article passe en revue tous les romans publiés jusqu’alors : La Fortune des Rougon, dans lequel l’auteur « a conçu l’arbre généalogique de toute la série, curieux document qu’il publiera plus tard dans Une Page d’amour » ; La Curée, qui « dépeint les mœurs du monde de la finance » ; Le Ventre de Paris, « une photographie fidèle des marchés parisiens, dont les pages bouleversent parfois l’estomac du lecteur » ; La Conquête de Plassans, « un roman d’analyse et de passion » ; La Faute de l’abbé Mouret, « une étude brillante de la nature dans un village méridional isolé, imprégné de mysticisme » ; Son Excellence Eugène Rougon, « un portrait fidèle de la cour de Napoléon III, avec ses intrigues politiques ». L’auteur de l’article se penche ensuite sur l’histoire de la conception et de la publication de L’Assommoir, roman à grand succès très polémique dont les traductions en différentes langues auraient contribué à la célébrité de son auteur. Il commente rapidement Une Page d’amour, œuvre dans laquelle Zola « analyse la passion » et où se trouvent de « remarquables descriptions de Paris ».
On signale l’intérêt plus ou moins vif éprouvé par les lecteurs pour certains de ces romans, notamment L’Assommoir et Nana, celui-ci étant le dernier roman publié de la série, qui montre « dans toute sa répugnante exactitude, la vie de ces misérables filles du vice [...] qui sont devenues, en France surtout, un élément dissolvant des classes sociales supérieures ». L’auteur de l’article fournit les précisions suivantes : la date de publication, le nombre d’exemplaires vendus à l’avance (35.000), la centaine d’éditions produites en une année, qui ont servi également à propulser la vente des autres romans d’Émile Zola.
L’article informe le lecteur brésilien du fait que la série sera composée de 20 romans et en donne certains thèmes : encore un roman sur le peuple, un autre sur la chute de l’Empire et les mœurs militaires, d’autres encore sur la vie à la campagne, sur l’histoire des grands magasins et sur celle des chemins de fer. Le paragraphe final de cette vue d’ensemble du cycle des Rougon-Macquart fait référence à la reprise de l’article de Paul Alexis et au dernier roman prévu : « Comme le dit l’auteur dont nous avons repris certaines de ces notes, il faut attendre que l’œuvre soit achevée avant de la condamner ou de l’admirer avec justice. Dans le dernier roman, la science résumera et justifiera les desseins d’Émile Zola. »
Calqué sur l’article qu’Alexis avait publié quelques semaines auparavant, celui-ci procure ainsi aux lecteurs brésiliens une connaissance générale, mais assez complète, du monument littéraire qui est en train de se construire et dont ils suivent les étapes depuis quelques années dans les pages des journaux et des revues qui circulent dans le pays, par le biais des annonces de livres en vente et des nouvelles diverses sur la vie et l’œuvre de Zola, ou à travers les adaptions pour le théâtre. Cependant, on trouve également dans la presse brésilienne des discussions critiques plus élaborées qui montrent que le naturalisme ne se réduisait pas à celui du maître de Médan.
Naturalisme, morale et le progrès en littérature
Sept mois après la parution de Nana en France8, Paulo Marques9, journaliste et romancier de 23 ans, né dans l’ancienne province de São Pedro do Rio Grande do Sul et « partisan de l’école de Zola », réagissait aux attaques contre le naturalisme en proposant dans un petit journal trimensuel, Tribuna do Comércio ; órgão da Lavoura e Colônia portuguesa [Tribune du Commerce ; organe de presse et de la colonie agricole portugaise], une série d’articles intitulée « Nana. Études critiques10 ». Il fait paraître en même temps dans la case feuilleton le roman naturaliste Alaïza, perfil de mulher (Alaïza, profil d’une femme) dont le début du cinquième chapitre atteste son parti pris esthétique :
Le lecteur se rendra compte au premier coup d’œil de la réalité de ce que nous avons écrit dans les chapitres précédents. Cependant, pour mieux remplir notre mission, il nous a semblé plus opportun d’étudier de près l’enfance de notre héroïne d’un point de vue physiologique, sans négliger l'environnement dans lequel elle a vécu11.
Jeune militaire marqué par les idées positivistes, Marques est un admirateur d’Émile Zola chez qui il reconnait « l’actuel chef de l’école naturaliste en France ». Il indique d’emblée la réaction négative de la part de beaucoup de lecteurs au roman Nana. Cette réaction serait toute naturelle, car le roman propose une révolution, une réforme des vieilles écoles, nécessaire au progrès. Il explique le combat qui se produit dans le champ littéraire français et qui attire également l’attention des hommes des lettres d’autres nations, comme ceux du Brésil :
[…] un pugilat d’idées opposées et les adversaires [qui] se battent longtemps […]. Ainsi, l’école naturaliste, dont la réputation est aujourd’hui cimentée par une critique scientifique, impartiale et dépassionnée, doit encore faire face au grand nombre d’adversaires qui la défient sur les meilleurs moyens de l’éducation populaire, et tout cela parce qu’elle est sûre de sa victoire.
Le nom d’Auguste Comte vient aisément sous la plume de ce jeune homme de lettres positiviste pour qui « l’expérience et l’observation constituent les grands moteurs de la science exacte ». Il associe naturalisme, positivisme et morale, en prônant une littérature capable d’examiner « la société sous toutes ses coutures, sans tenir compte des scrupules et des pudeurs idéales de chacun, parce que la science doit être claire pour être comprise ». Pour lui, « l’écrivain ne doit être qu’un maître impartial, sévère et surtout exact ».
Marques défend l’idée que la société est un « organisme complexe » qui doit être rendu dans un langage approprié, c’est-à-dire basé sur la vérité et le réel. Les termes dépravés, souvent utilisés par les naturalistes dans leurs œuvres, ne seraient pas adéquats pour la description d’une scène de famille, mais au contraire bien justifiés dans des scènes passées dans un bordel ou dans une maison de jeu, par exemple, car, « si on veut photographier le vrai, ces termes apparaîtront sans aucun doute, les scènes devant être fidèles et les personnages identiques à ceux que l’on a copiés et vus ».
Son raisonnement s’achemine vers une vision moralisante de la littérature naturaliste. Pour lui, « il est facile de reconnaître dans le naturalisme la marque du positivisme qui exerce sa très noble mission ». Nana serait ainsi le roman que les parents devraient offrir à leurs filles, pour provoquer chez celles-ci « le dégoût et l’horreur ». Le grand succès de vente de Zola s’explique : « c’est parce que ses livres représentent véritablement le progrès de la littérature moderne, c’est-à-dire celle […] qui copie, photographie, étudie et observe la société et la nature sous un point de vue rigoureusement exact […] telle doit être la mission de l’écrivain sensé et moral ». Le roman fonctionnerait donc comme un remède : « La plaie se referme au fer brûlant ». Bref, la littérature moderne – c’est-à-dire le naturalisme – doit remplir son devoir : « éduquer, enseigner, montrer, indiquer » !
Une critique aveugle
C’est également un jeune homme de 22 ans, Alcides Lima12, avocat et futur député sous la République, né lui aussi dans la province de São Pedro do Rio Grande do Sul, qui prend la plume pour défendre le naturalisme contre « l’ignorance persistante de certains individus » et les accusations d’immoralité. Le 12 août 1881, il publie un article intitulé « Le naturalisme calomnié » dans le feuilleton du journal Gazeta da Tarde de la capitale de l’Empire, Rio de Janeiro13. L’idée d’une « évolution » structure son raisonnement et, comme dans d’autres articles, on retrouve reconstituée la famille élargie du naturalisme en France. Quant aux responsables des calomnies, il affirme :
Pour eux, la vaste évolution littéraire, qui a commencé en France avec les observations psychologiques d’Henri Beyle et d’Honoré de Balzac, qui a été consolidée de manière inébranlable par le style indéniable de Flaubert, et qui se poursuit toujours plus fertile et exubérante dans les enquêtes détaillées d’Émile Zola, Daudet, Goncourt et Huysmans, équivaut aux déviations les plus viles du goût artistique et littéraire.
Lima dénonce la cécité de la critique qui s’est développée tout le long du siècle, incapable de comprendre « les contributions scientifiques qui ont déterminé l’avènement du naturalisme ». Selon lui, le critique littéraire « [Armand de] Pontmartin, qui avait calomnié Balzac à l’époque, est le même qui calomnie Zola aujourd’hui. La Comédie humaine a reçu fatalement les mêmes reproches infâmes que les Rougon-Macquart doivent subir14 ». Et il rajoute des noms, tout en les insérant dans une certaine lignée de critiques hostiles au réalisme et au naturalisme : « Pontmartin, Charles Bigot, Sarcey et d’autres renouvellent contre Zola les insultes que Chaudes-Aigues, Poitou et Jules Janin ont proférées contre Balzac15 ».
Toute la première partie de son article se fonde sur cette mauvaise réception de la part de la critique. L’auteur s’appuie sur les mots de Zola dans Une Campagne16, lorsque celui-ci annonce ce qui sera nommé plus tard, selon l’académicien José Cabanis, le « complexe de Pontmartin17 » : « Pontmartin, d’après Zola, a limité la survie des livres de Balzac à dix ans, et pourtant ils continuent à vivre depuis un demi-siècle pour la gloire du naturalisme ». Car, selon Alcides Lima, Balzac jouit à la fois de l’admiration de ses pairs, en la figure d’un Victor Hugo prononçant l’oraison funèbre devant sa tombe, et du respect de la critique, comme celle du « grand » Hippolyte Taine dans ses études sur Honoré de Balzac18.
En empruntant une voie importante du circuit des imprimés et des idées au Brésil, celle qui passe par le Portugal, Alcides Lima, toujours moyennant l’analyse du cas de Balzac, écrivain indissociable du naturalisme, commente d’abord le phénomène du refus de cette esthétique littéraire au Portugal, son incompréhension au départ, puis sa glorification. Ainsi, si le grand écrivain romantique portugais, Alexandre Herculano, avait maladroitement comparé Honoré de Balzac à Alexandre Dumas, à Paul de Kock et à Eugène Sue, les écrivains les plus représentatifs de la littérature portugaise moderne, défenseurs du naturalisme, le valorisent, tout en lui attribuant le rôle de maître :
[…] le Portugal moderne a non seulement dévoré les œuvres de Balzac, mais les a également traduites et assimilées. Teófilo Braga, Bulhão Pato et Silva Pinto ont traduit et préfacé La Duchesse de Langeais19, La Vendetta20 et Eugénie Grandet21. Eça de Queirós et Bento Moreno reprennent dans leurs romans le point de vue du grand maître, et Ramalho Ortigão ne cesse de proclamer que « la grande flamme qu’on appelle le génie couvre l’œuvre de Balzac de l’étrange lueur rouge et ardente de la forge divine ».
En ce qui concerne l’accusation d’immoralité, fruit de la « grande ignorance de la critique à propos de l’évolution littéraire », Lima mentionne l’admiration de Lamartine pour Madame Bovary, l’étonnement de celui-ci lorsqu’il apprit que l’œuvre et son auteur devraient passer devant un tribunal, ainsi que sa réaction devant la puissance descriptive de Gustave Flaubert dans la scène de la mort d’Emma Bovary. Il conclut son article en affirmant que l’accusation d’immoralité dressée contre le naturalisme est une « fiction », fruit d’une « rhétorique décrépite » avec laquelle la critique « bombarde la nouvelle phase de la littérature ». Enfin, il prophétise, tout comme Zola l’avait fait à propos du comte de Pontmartin : « Il arrivera aux critiques d’aujourd’hui ce qui est arrivé à ceux d’hier. Les œuvres critiquées atteindront l’immortalité, tandis que les traités de critique lilliputiens sombreront inévitablement dans l’oubli ».
Naturalisme, positivisme et éducation littéraire
Manoel Valadão22, aujourd’hui inconnu du milieu littéraire, fit paraître une série d’articles critiques, publiés en trois volets sous le titre « Le réalisme mal interprété », dans le journal O Orbe, petite feuille trihebdomadaire de Maceió, capitale de la province de Alagoas, au Nord du Brésil, les 27 et 30 août, et le 5 septembre 188223. L’auteur de 33 ans, militaire et homme de lettres, futur député et sénateur sous la République, se réclame de l’école réaliste, dont il serait l’une des dernières recrues. La série réplique à un article paru dans la Gazeta do Aracaju, journal de la capitale de la province voisine de Sergipe, dans son numéro du 12 août – malheureusement indisponible. Selon Valadão, il s’agit d’un « article acrimonieux et […] plein d’injustices à l’égard de l’école réaliste ». Le ton de la réponse, comme on l’a vu aussi dans l’article de Marques, est celui du combat, que l’auteur développe au moyen d’une métaphore filée – « la lutte », « l’adversaire », « le coup », « entrer en lice », « s’escrimer », « blesser » – tout en récupérant, pour mieux les contester, des passages de l’article anonyme auquel il répond.
Dans ce contexte agonistique les valeurs d’« évolution littéraire » et de « vérité » en littérature s’imposent : « Laissons de côté le classicisme avec son bagage de prétentions impertinentes et moisies ; laissons de côté le romantisme avec ses sensibleries de chevalier errant, avec sa morbidité et son hystérie, et occupons-nous de l’école de la vérité, l’école qui ne se nourrit pas de fables ou d’hypothèses, mais de la réalité, des faits naturels positifs de la vie ». L’adversaire accuse l’école réaliste d’être pernicieuse, scandaleuse, de produire « des scènes ignobles dans un langage impudique ». Les réalistes, dont Émile Zola, seraient les « coryphées de l’immoralité et de la corruption ». Valadão explique donc aux lecteurs brésiliens la différence d’approche entre la littérature idéaliste24, celle qui produit « des romans médiocres avec des personnages aussi faibles et maladifs que les cerveaux dont ils sont issus », et celle de « l’école de la réalité » dont les auteurs « n’ont pas la prétention de faire mieux que la Nature, [car] ils respectent ce qu’ils voient, ce qui existe et tâchent de le reproduire scrupuleusement ». Pour en donner un exemple, il montre comment les deux mouvements traitent le thème de l’amour. Tandis que les premiers s’attachent au développement d’une passion indéfinie, conventionnelle et souvent pudique, les réalistes analysent logiquement toutes les circonstances qui déterminent les personnages : l’âge, le sexe, la classe, la condition sociale, la nationalité, la religion, les influences climatiques et les mœurs.
Mais Valadão a conscience que les nouvelles idées et valeurs ne sont acceptées « qu’après un long combat mené contre les forces de l’habitude, des traditions et d’autres éléments réactionnaires ». Il établit ainsi un parallèle entre la philosophie et la littérature, par la loi des trois états d’Auguste Comte (nom qu’il ne mentionne pourtant pas directement). Tout comme la philosophie qui a vécu les phases théologique et métaphysique avant d’avoir atteint l’état positif, la littérature, avant d’arriver à la période réaliste, a été classique et romantique.
Si Valadão défend le réalisme avec acharnement, il en reconnait pourtant les « abus » dans l’utilisation gratuite de termes obscènes par certains écrivains. Selon lui, on doit les combattre, sans pour autant empêcher que ce qu’il nomme « notre éducation littéraire et scientifique » se réalise, car il ne faut jamais dire que « l’école réaliste est une école immorale et corruptrice ». La preuve en est la production d’Alphonse Daudet, un « réaliste enragé » dont la forme reste élégante, naturelle, « sans jamais quitter le terrain de la vérité ». Comme pour Paulo Marques, les termes vulgaires se justifient dans les situations qui les réclament, car le « devoir de l’écrivain réaliste [est] de reproduire fidèlement le cadre, tout en attribuant aux mots leur sens véritable […] et en évitant l’emploi des tropes, qui ne servent qu’à torturer la pensée et à enlever aux faits le caractère naturel qu'ils possèdent ».
Il soutient l’idée d’une littérature à visée pédagogique – bien connaître le mal pour pouvoir l’éviter. L’écrivain réaliste a pour devoir de « démasquer les misérables gangrenés par le vice et l’infamie, [qui] contribuent à la corruption de la société !!! » Dans la logique du débat, Valadão reprend les termes de son adversaire pour les contester :
On ne peut soigner une maladie sans en connaître la nosologie. Une fois cette connaissance acquise, il est facile d’en réduire les effets et d’en limiter la propagation. On comprend donc que c’est précisément parce qu’il traite de la « représentation rigoureuse des mauvaises mœurs, des infâmes aventures du temps, des passions les plus viles, des motifs les plus ignobles de beaucoup d’actions » que le réalisme, loin d’être un élément corrupteur, est un excellent désinfectant du milieu dans lequel nous vivons, si chargé d’émanations délétères.
Dans le volet publié le 5 septembre (« Le réalisme mal interprété – III), dans lequel il défend les romans Nanad’Émile Zola, Le Cousin Bazilio de l’écrivain portugais Eça de Queirós et Madame Bovary de Gustave Flaubert, l’auteur revient à la pensée positiviste et intronise le réalisme comme l’école de l’avenir : « Au fur et à mesure que les rangs des théologiens et des métaphysiciens se dépeupleront et que ceux des positivistes grossiront, l’influence du réalisme augmentera pour finalement atteindre le niveau d’importance auquel il est destiné à l’échelle de la connaissance humaine ».
Le réseau des textes naturalistes
Une autre série d’articles intitulée « Zola, Daudet et Goncourt » paraît en septembre 1884 dans le journal de Rio de Janeiro Gazeta de Notícias25. Malheureusement, il n’en reste que le premier volet, intitulé « Le roman naturaliste ». Son auteur, Valentim Magalhães, 25 ans à l’époque, fut un grand journaliste polémique, défenseur de la République et de l’abolition de l’esclavage, survenue finalement au Brésil le 13 mai 1888. En 1897, il sera l’un des fondateurs de l’Académie brésilienne des Lettres (ABL). Il s’agit d’un écrivain-journaliste bien connu de nos jours des intellectuels, mais qui n’est pas considéré par le canon critique ni par l’histoire littéraire comme faisant partie du groupe des grands hommes de lettres du XIXe siècle.
Ce qui attire l’attention dans ce premier article de la série, c’est le nombre de références et de citations sur lesquelles l’auteur se fonde pour défendre le roman naturaliste. Les premiers paragraphes de l’article sont presque entièrement tirés de la préface de L’Évolution naturaliste du jeune Louis Desprez, livre paru la même année26. La source est indiquée dans le texte et les passages sont mis entre guillemets :
« Un roman, dit Louis Desprez, (L’Évolution naturaliste, préface) n’est plus une fantaisie de l’imagination pour amuser les femmes, mais bien une œuvre sérieuse, dont tous les détails sont vérifiés, et où les fureteurs du siècle prochain retrouveront, écrite au jour le jour, l’histoire de notre temps. »
[…]
« M. Taine, dans son discours de réception à l’Académie, continue Desprez, prétendait que l’historien, désireux de connaître à fond les mœurs du passé, devait jeter la sonde à plusieurs reprises, et, à l’aide de ces empreintes partielles, reconstruire une époque. Que pensent et que veulent le paysan, l’ouvrier des villes, le bourgeois, le financier, l’homme de robe, le prêtre, l’homme d’épée, le prince du sang, à la veille de la convocation des États-Généraux ? Quels sont leurs besoins, leurs ressources, leurs vertus, leurs vices, leurs idées sur le roi et sur Dieu ? Une critique des sources, attentive et patiente, suivie d’une réponse à toutes ces questions, peut seule donner la cause intime des faits.
Un tel travail sera facile sur le XIXe siècle. L’histoire “de ceux qui n’ont pas d’histoire” est écrite. La société du règne de Louis-Philippe s’agite dans la Comédie humaine, la bourgeoisie de province, sous le Second Empire, vit dans Madame Bovary, le monde interlope des salons politiques dans le Nabab et le peuple des faubourgs dans l’Assommoir. Les procédés de l’écrivain tendent de plus en plus à s’identifier aux procédés du savant. Les romanciers se livrent à de vastes enquêtes, et leurs œuvres sont des rapports écrits par des artistes27 ».
D’autres extraits seront repris du volume de Louis Desprez, dont Valentim Magalhães paraît vouloir bouleverser l’ordre des chapitres, selon sans doute une hiérarchie de valeurs littéraires qui lui paraît plus adéquate dans la réception étrangère du naturalisme28. Si dans les parties non retrouvées de la série il devait traiter particulièrement de Zola, Daudet et Goncourt, dans celle-ci il adopte une approche de groupe, en retraçant le parcours plus au moins récurrent du réseau des écrivains naturalistes.
Le journaliste part du principe de l’évolution littéraire présent dans Les Romanciers naturalistes29 d’Émile Zola, à partir de la « réforme » amorcée par Honoré de Balzac à travers l’observation et l’utilisation privilégiée du descriptif. L’évolution sera accomplie par Gustave Flaubert, « auteur du premier roman entièrement objectif », élaboré de façon « inconsciente », explique-t-il d’après une nouvelle citation de Desprez qui reprend à son tour les paroles de Zola dans Les Romanciers naturalistes :
Louis Desprez a confirmé cette opinion exprimée par Émile Zola dans son livre Les Romanciers naturalistes. « Le romancier, dit-il, n’avait certainement pas conscience de sa besogne. » Et il ajoute : « Il répétait aux néophytes que la perfection des phrases suffisait à la gloire d’un homme. Une première entrevue avec Flaubert était une déception30 ».
Une série de courtes citations viennent à l’appui des commentaires de Magalhães, qui affirme, d’après Desprez et François Coppée cité par Jules Claretie dans Célébrités contemporaines : « Madame Bovary [est] “le plus beau roman du XIXe siècle31” […] la bible du Naturalisme, un prodige d’observation et d’une grande simplicité dramatique, une délicieuse merveille de style ». Et Flaubert, « le Maître par excellence, “qui sera un jour un classique32” est bien le fondateur du Naturalisme ». Il faut souligner à ce propos que l’idée selon laquelle Gustave Flaubert serait le « fondateur » du naturalisme est bien récurrente dans la presse brésilienne33.
En avançant dans la section initiale de l’article, Valentim Magalhães fait appel à la préface de Germinie Lacerteux des frères Goncourt, qu’il incorpore à son texte sans se servir de guillemets :
Il y a 20 ans les Goncourt affirmaient que le roman commençait à être la forme sérieuse, passionnée, vivante de l’étude littéraire et de l’enquête sociale, qu’il devenait par l’analyse et par la recherche psychologique, l’Histoire morale contemporaine […] que le Roman s’était imposé les études et les devoirs de la science, [qu’] il pouvait en revendiquer les libertés et les franchises34.
Magalhães aura également recours à cette préface-manifeste dans celle de son roman Flor de sangue [Fleur de sang], paru en 189735, la même année de la création de l’Académie brésilienne de Lettres, dont il fut l’un des fondateurs, y occupant le fauteuil numéro 7. Cette « fidélité » au naturalisme des années après la publication de sa série d’articles prouve que cette esthétique n’a pas été une mode éphémère au Brésil, comme le suggèrent ses détracteurs, mais qu’elle intégrera à long terme les questions relatives à la poétique du roman contemporain qui intéressent les hommes de lettres du pays. À titre de curiosité, ce roman naturaliste sera le premier volume, offert par l’auteur, à intégrer la bibliothèque de l’ABL36, académie dont Émile Zola sera le premier membre correspondant étranger à être élu, occupant le fauteuil numéro 437. Ces deux faits semblent être symboliquement importants pour repenser la place de la littérature naturaliste au Brésil et dans cette institution de prestige.
Le journaliste conclut le premier article en convoquant Taine commentant Balzac et Stendhal, Zola discutant les œuvres de Balzac, Stendhal et Flaubert soit dans Les Romanciers naturalistes soit dans « De la critique » du volume du Roman expérimental38. Desprez revient encore plusieurs fois dans les commentaires critiques de Magalhães. Une synthèse de la filiation établie par Zola est présentée – Diderot, Rousseau, Victor Hugo, Chateaubriand, au départ, puis Georges Sand, Stendhal, Balzac, Flaubert, Edmond et Jules de Goncourt –, qui renvoie au chapitre « Le naturalisme » d’Une Campagne39. Valentim Magalhães la complète de la façon suivante : « Émile Zola, descendant direct de Balzac et de Stendhal, et Alphonse Daudet, descendant des mêmes, éduqués par Dickens et les Goncourt ». Le grand personnage oublié de la famille naturaliste, selon le critique brésilien, serait Jules Champfleury – point de vue qu’il emprunte encore une fois à L’Évolution naturaliste de Desprez :
Zola n’a pas considéré Champfleury, ce qui me paraît une grave injustice, puisque c’est lui qui a donné à Flaubert l’idée d’écrire Madame Bovary, bien que comme une blague. « Flaubert, ignorant de sa besogne, n’écrivait Madame Bovary que pour “blaguer” l’école Champfleury » (L’évolut. nat. pag. 108)40
Cette blague a réussi à faire ce que l’école blaguée n’avait pas pu faire41.
Conclusion
Mon intention dans cet article a été de découvrir, par l’examen du réseau médiatique brésilien, ce qu’on connaissait du naturalisme français dans les années 1880 : les œuvres, les auteurs, les questions soulevées, les polémiques et principaux débats critiques, l’identité de ceux qui s’affiliaient au mouvement et éventuellement de ceux qui s’y opposaient. On a pu voir, par cet échantillon, que le naturalisme importait dans les débats littéraires et sociaux qui se produisaient à ce moment-là au Brésil, pays qui se trouvait dans un moment historique de tension entre le régime monarchique et une république qui s’amorçait de plus en plus nettement. On note l’intérêt que portait la jeunesse à la vie militaire et la philosophie positiviste, dont le rapport avec la littérature naturaliste était mis en évidence – y compris comme une manière de combattre les problèmes d’ordre social et moral.
La décennie suivante, celle de l’affaire Dreyfus, va encore fournir d’autres textes et débats à examiner, ajoutant certes de nouveaux éléments pour la construction du réseau médiatique naturaliste international. Les textes que je viens de présenter sommairement n’ont pas traité du naturalisme brésilien (d’autres le font à la même époque), mais se concentrent sur la défense d’une œuvre précise ou sur la présentation de l’esthétique dans son ensemble, historicisée, et qui continue au fil des ans de devoir se justifier.
Notes
1 Ce travail a bénéficié d’une aide de l’État brésilien, à travers son Programme d’internationalisation CAPES-Print.
2 Pascale Casanova, La République mondiale des lettres, Paris, Seuil, 1999, p. 144-148.
3 Márcia Abreu, « Uma comunidade letrada internacional : reação aos romances na Europa e no Brasil », dans Romances em movimento : a circulação transatlântica dos impressos (1789-1914), Campinas, Ed. Unicamp, 2016, p. 365-394.
4 Voir dans le tableau les noms signalés par le drapeau portugais.
5 Sur cette notion, voir Diana Cooper-Richet, Jean-Yves Mollier, Ahmed Silem (dir.), Passeurs culturels dans le monde des médias et de l’édition en Europe (XIXe et XXe siècles), Villeurbanne, Presses de l’Enssib, 2005.
6 Diário de Pernabuco, « Emilo Zola », Pernambuco, le 25 avril 1881, p. 8, http://memoria.bn.br/DocReader/029033_06/3146 (consulté le 11/03/2024).
7 Sauf indication contraire, il s’agit de mes traductions des textes des journaux brésiliens.
8 Le roman paraît chez Charpentier le 14 février 1880 (Alain Pagès & Owen Morgan, Guide Émile Zola, Paris, Ellipses, 2016, p. 261). En juin 1880, on trouve la réclame d’une traduction de Nana vers le portugais, vendue à Rio de Janeiro et disponible pour envoi dans d’autres régions du pays (voir la publicité « Grande Novidade Literária – Nana por Emilio Zola » dans O Guarany : jornal para todos, Aracaju, le 21 juillet 1880, p. 4, http://memoria.bn.br/DocReader/810371/16, consulté le 24/01/2024).
9 Né à Pelotas le 13 octobre 1857 et décédé à la capitale de l’Empire, Rio de Janeiro, le 30 juillet 1884, à l’âge de 27 ans.
10 Paulo Marques, « Nana, estudos críticos », dans Tribuna do Comércio, órgão da Lavoura e Colônia Portuguesa, Rio de Janeiro, le 8 septembre 1880, p. 2-3, http://memoria.bn.br/docreader/826120/38; http://memoria.bn.br/docreader/826120/39 ; le 28 septembre 1880, p. 2-3, http://memoria.bn.br/DocReader/826120/42 ; http://memoria.bn.br/DocReader/826120/43 (consulté le 11/03/2024). Le deuxième article de la série n’est malheureusement pas disponible.
11 Paulo Marques, « Alaïza, perfil de mulher », dans Tribuna do Comércio, órgão da Lavoura e Colônia Portuguesa, Rio de Janeiro, le 28 septembre 1880, p. 1-2, http://memoria.bn.br/docreader/826120/41 ; http://memoria.bn.br/docreader/826120/42 (consulté le 11/03/2024).
12 Né à Bagé le 11 octobre 1859 et décédé à Rio de Janeiro le 26 août 1935.
13 Alcides Lima, « O Naturalismo calumniado », dans Gazeta da Tarde, Rio de Janeiro, le 12 août 1881, p. 1, http://memoria.bn.br/DocReader/226688/1327 (consulté le 11/03/2024).
14 Voir Armand de Pontmartin, « Les fétiches littéraires – 1. M. de Balzac », Causeries du samedi : deuxième série des Causeries littéraires, Paris, M. Lévy frères, 1857, p. 32-103 ; et Armand de Pontmartin, « M. Émile Zola. Le roman expérimental », Souvenirs d’un vieux critique, première série, Paris, Calmann-Lévy, 1881, p. 149-164.
15 On retrouve ici certains noms de critiques traités par Zola dans le chapitre « De la critique », dans Le Roman expérimental, Paris, Charpentier, 1881, p. 287-369.
16 « Au fond, je n’ai pas de colère, j’ai beaucoup de tristesse, car M. le comte Armand de Pontmartin me fait de la peine. [...] Songez que tout craque sous lui. Depuis dix-huit ans, il écrit à la Gazette de France ; depuis dix-huit ans, il se mêle de prophétiser sur les destinées de notre littérature, et il suffit qu’il annonce une chute pour qu’un succès immense se déclare. […] Quand il écrit : “Balzac sera oublié dans dix ans”, Balzac tout de suite se met à grandir et, au bout de dix ans, devient un colosse […] ». Émile Zola, « Monsieur le Comte », dans Une Campagne 1880-1881, nouvelle édition, Paris, Fasquelle, 1903, p. 119-120.
17 José Cabanis, « Kléber Haedens et le complexe de Pontmartin », Biblio, vol. xxxv, no 8, octobre 1967.
18 Hippolyte Taine, « Balzac », dans Nouveaux essais de critique et d’histoire, Paris, Hachette, 1865, p. 63-170.
19 Honoré de Balzac, Obras primas de Balzac: A duquesa de Langeais, A missa do ateu, Uma paixão no deserto (avec une introduction à l’œuvre de Balzac et une étude du plan de La Comédie humaine), trad. de Teófilo Braga, Porto, Tipografia de Manoel Jose Pereira, 1869.
20 Honoré de Balzac, La Vendetta, trad. de Bulhão Pato, Porto, Livraria Internacional Ernesto Chardron, 1874.
21 Honoré de Balzac, Eugenia Grandet, trad. de Silva Pinto, Lisboa, Tipografia Lisbonense, 1873.
22 Manuel Prisciliano de Oliveira Valadão (1849-1921), plus connu sous le nom d’Oliveira Valadão, était un militaire originaire de la province de Sergipe, au Nord du Brésil, et un homme politique sous la République.
23 Manoel Valadão, “O Realismo mal interpretado”, dans O Orbe, Maceió, le 27 août 1882, p. 2-3, http://memoria.bn.br/DocReader/260959/1281 ; http://memoria.bn.br/docreader/260959/1282 ; le 30 août 1882, p. 2, http://memoria.bn.br/DocReader/260959/1273 ; et le 5 septembre 1882, p. 2-3, http://memoria.bn.br/DocReader/260959/1281 ; http://memoria.bn.br/docreader/260959/1282 (consulté le 11/03/2024).
24 Voir à ce sujet Jean-Marie Seillan, Le Roman idéaliste dans le second XIXe siècle : littérature ou « bouillon de veau » ?, Paris, Classique Garnier, 2011.
25 Valentim Magalhães, « Zola, Daudet e Goncourt – “I - O romance naturalista” », dans Gazeta de Notícias, Rio de Janeiro, le 28 septembre 1884, p. 1-2, http://memoria.bn.br/DocReader/103730_02/7578 ; http://memoria.bn.br/DocReader/103730_02/7579 (consulté le 11/03/2024).
26 Louis Desprez, L’Évolution naturaliste, Paris, Tresse, 1884.
27 Citation de Desprez, op. cit., p. 11-12.
28 Dans le volume de Desprez : Gustave Flaubert – Les Goncourt – M. Alphonse Daudet – M. Émile Zola – Les Poètes – Le Théâtre.
29 Émile Zola, Les Romanciers naturalistes, Paris, Charpentier, 1881.
30 Citation de Desprez, op. cit., p. 65.
31 Idem.
32 Jules Claretie, « Fr. Coppée », dans Célébrités contemporaines. Paris, Maison Quantin, 1883, p. 3-32, ici, reprenant « […] il sera classique un jour ; », p. 29.
33 Voir Pedro Paulo Garcia Ferreira Catharina, Ana Carolina Moraes da Natividade, « Flaubert na perspectiva do naturalismo », dans Luciana Persice Nogueira-Pretti (dir.), Literaturas francófonas VI; debates interdisciplinares comparatistas, Rio de Janeiro, Dialogarts, 2022, p. 528-558.
34 Edmond et Jules de Goncourt, « Préface », Germinie Lacerteux, nouvelle édition, Paris, G. Charpentier, 1877, p. VII.
35 Valentim Magalhães, Flor de sangue, Rio de Janeiro-São Paulo-Recife, Laemmert & C., 1897. Voir à ce sujet Zadig Mariano Figueira Gama, « O prefácio antes do romance : Germinie Lacerteux no Brasil », dans Lingüística y Literatura, Universidad de Antioquia, vol. 44, nº 84, juillet-déc. 2023, p. 231–251, https://doi.org/10.17533/udea.lyl.n84a10 (consulté le 13/04/2024).
36 Voir https://www.academia.org.br/academicos/valentim-magalhaes/biografia (consulté le 13/04/2024).
37 Voir à ce sujet Pedro Paulo Catharina, Eduarda Martins, « “Vengeur du juste, et Sauveur de la France”. Émile Zola et l’affaire Dreyfus dans la presse au Nord du Brésil », dans Les Cahiers naturalistes, nº 93 « Lecture de La Terre », 2019, p. 123-134, particulièrement p. 134.
38 Émile Zola, « De la critique », op. cit., p. 287-370.
39 Émile Zola, « Le naturalisme », dans Une Campagne (1880-1881), nouvelle édition, Paris, Fasquelle, 1903, p. 127-136.
40 Citation de Desprez, op. cit., p. 108.
41 Les mots en italique se trouvent en français dans l’article.