Presse et patrimoine

Le traitement du patrimoine égyptien dans la presse napoléonienne lors de la Campagne d’Égypte (1798-1801) : reconnaissance et appropriation

Table des matières

MORGANE AVELLANEDA

L’une des trois ailes du Louvre, célèbre pour ses collections d’égyptologie, porte le nom de l’un des fondateurs et directeur du musée, alors musée Napoléon : Dominique Vivant Denon, qui publie en 1802 le récit de son voyage avec la Campagne de Bonaparte sous le titre Voyage dans la Haute et la Basse Egypte1. Ce choix est entre autres représentatif de l’importance, qui nous semble aujourd’hui évidente, accordée à l’antique civilisation égyptienne du point de vue patrimonial. Or cette évidence prend en partie ses racines dans la Campagne d’Égypte et ses pérégrinations. Mais cette campagne, qui donne naissance à l’égyptologie, s’intéresse-t-elle réellement au patrimoine égyptien ? Dans les mots de Dominique Poulot :

L’attitude patrimoniale comprend deux aspects fondamentaux : l’assimilation du passé, qui est toujours transformation, métamorphose des traces et des restes, recréation anachronique, et la relation de fondamentale étrangeté qu’entretient, simultanément, toute présence de témoins du révolu dans l’actualité2.

On s’intéresse ici à « l’attitude patrimoniale » vis-à-vis de l’objet antique égyptien au début du XIXe siècle. Car si pour nous la civilisation des pharaons est évidemment partie intégrante du patrimoine mondial, elle ne l’est pas forcément pour les conquérants du tournant du siècle. La Campagne d’Égypte commence en 1798 au départ de Toulon et se termine en 1801 en laissant les Anglais maîtres du territoire. Le pan scientifique de l’expédition est porté par l’Institut d’Égypte. Celui-ci, décrit par Yves Laissus, comprend quatre sections et Bonaparte, son initiateur, est lui-même membre de la section de mathématiques. Il est accompagné d’une Commission des sciences et des arts c’est-à-dire d’une communauté savante3 qui publie au retour des Mémoires mais surtout la Description de l’Égypte, édition de papiers savants voulue par Kléber4 qui pose les fondements de l’égyptologie.

Pendant l’expédition, deux titres de presse paraissent dont Marie Leca-Tsiomis fait le bilan dans L’Empire des muses. Le Courier de l’Égypte5, avec 116 numéros entre le 29 août 1798 et le 9 juin 1801, est pensé comme le journal officiel de l’armée en déplacement. La Décade égyptienne, journal littéraire et d’économie politique6 est mensuelle puis semestrielle : elle relate les activités des savants et publie les procès-verbaux de l’Institut7. Elle a trois volumes, le quatrième restant inachevé et à peine diffusé. Enfin, le général Menou essaye d’ajouter un Al-Tanbyeh (« L’Avertissement ») arabe, annoncé le 26 novembre 1800, mais qui n’a probablement jamais vu le jour8.

Fig. 1

Fig. 1. Premier numéro du Courrier de l'Égypte, 29 août 1798

Fig. 2

Fig. 2. Premier volume de la Décade égyptienne, 1er janvier 1798

Les deux premiers titres, publiés en français, constituent un moyen unique d’entrer dans les enjeux de la Campagne en action – c’est là le propre de la presse. Créés dans un but spécifique, le Courier de l’Égypte et la Décade égyptienne sortent en réalité de ce cadre premier. Dans leur traitement des objets de curiosité qu’offre le pays, ils font coïncider la saisie patrimoniale (ou non) de l’Égypte antique avec la mise en avant de l’ampleur de l’expédition et de la gloire qu’elle apporte à la France. C’est dans ces journaux que se met en place une reconnaissance de la valeur de l’Antiquité égyptienne, dans un mouvement de saisie et d’appropriation paradoxalement tourné vers l’Europe.

Les journaux et Bonaparte : intérêt politique et stratégie publicitaire

La presse en Campagne

Le but premier des journaux de Campagne est de faciliter le fonctionnement interne de l’armée. Napoléon a été l’ami comme l’ennemi des journaux, car il comprend leur grand pouvoir politique. L’ennemi d’abord et peut-être de la façon la plus évidente : « la presse est l’un de ces domaines où [la] dictature [de Napoléon] est la plus rigoureuse9 » et intransigeante dans les mots d’André Cabanis. Il soumet toute publication à une surveillance mêlant censure et propagande. Mais aussi l’ami, car il sait s’en servir. La publication des Bulletins de la Grande armée à partir de 1805 le montre : Jean-Paul Berthaud précise qu’il s’agit d’une stratégie de mise en valeur et d’autocélébration10. Le Courier de l’Égypte est complété par la Décade et fait d’ailleurs écho pour Antonin Périer11 à un premier titre officiel de l’armée fondé en Italie. En effet, un Courier de l’armée d’Italie ou le Patriote à Milan, par une société de Républicains paraissait en 1797, organe officiel du général auprès de l’armée.

L’association des deux titres permet la mise en place d’un système complet mêlant un « moniteur » de l’armée, journal officiel et régulier dont la parole est évidemment biaisée pour mettre en avant des réussites militaires mais aussi sociales et politiques12 ; à une revue au service de la réflexion et du progrès scientifique dont le prospectus annonce qu’elle est là pour que « les sciences et les arts […] profitent13 » de la conquête de l’Égypte. Ce système montre bien la maîtrise qu’a déjà le Général des modes de communication, et confirme que l’un et l’autre sont des journaux à visée politique, médiatisant avec un succès certes mitigé l’action de l’armée et de son Général, ainsi que la vie quotidienne de l’armée.

Néanmoins, aucun des titres ne suivra son programme d’origine. Le Courier notamment était censé permettre à Bonaparte d’exprimer « publiquement son opinion sur la manière dont les affaires étaient conduites en France14 » mais le blocus britannique coupe l’armée des nouvelles européennes, et le journal doit se concentrer sur la chronique locale. À cela s’ajoute l’évidence du journal : élément d’actualité, il évolue avec les circonstances. Or, durant la Campagne, celles-ci changent beaucoup, au gré des victoires et des défaites – qui, bien sûr, n’en portent pas le nom – mais aussi du changement de Général. En effet, Bonaparte quitte l’Égypte dès 1799, s’éloignant d’une débâcle en devenir. Il y a évidemment un prétexte, présenté dans le n° 37 du Courier : « Les nouvelles d’Europe m’ont décidé à partir pour la France15. » Déjà ici, c’est l’Europe qui prime. La main passe alors à Kléber, puis à Menou. La vision napoléonienne du journal est donc bien présente, mais on ne saurait limiter ces deux titres à un élément de propagande bonapartiste parfaitement tenu en main.

Des journaux de la vie en société tournés vers l’Europe

Marie Leca-Tsiomis précise que le Courier de l’Égypte est d’abord pensé pour l’armée en déplacement, afin de transmettre les nouvelles autant en Europe que sur place, ainsi que les actes officiels. Mais très vite, face à l’isolement, le journal vise à remonter le moral des troupes tout en essayant de se concilier les musulmans16. L’intérêt est avant tout politique, permettant la mise en place d’une normalité avec, par exemple, la création d’une société ayant son journal, pouvant se substituer à la vie européenne. Cela est particulièrement sensible au travers du traitement des divertissements : dans le Courier, une chronique traite de la Société Dramatique.

Trois dames françaises ont bien voulu jouer dans la seconde pièce ; le public leur en a témoigné sa reconnaissance par de vifs applaudissemens. Les amateurs qui composent cette société, prennent, chaque jour, de plus en plus l’habitude du théâtre ; il y en a plusieurs qui paraissent consommés, et tous méritent des éloges17.

Ici, en 1801, une normalité est créée par l’apparition de cette rubrique de « Variétés », essentielle dans le journal français. L’effort pour créer une société plus habituelle est également mis en avant par l’insistance sur les « amateurs » et « l’habitude » montrant que personne ici n’est du métier. Le terme d’« éloges », dernier mot de l’article, montre la valeur donnée à cette initiative créant l’illusion d’une société moins déracinée. De même, le journal publie quelques « extraits » d’ouvrages consacrés à des voyages hors de l’Égypte, comme par exemple au n° 81 les « Voyages de M. Mungo Park dans l’intérieur de l’Afrique18 ». Cette pratique est courante dans les journaux en France, et la reproduire permet de renforcer l’impression d’une vie à l’européenne sur le sol égyptien.

Cependant cette apparente concentration sur la vie française d’Égypte est surtout mise en avant du temps de Menou, à la fin de l’expédition – marié à une Égyptienne, il envisage peu le retour en France. Ces articles qui reflètent une vie quotidienne se doublent de ceux qui se concentrent sur un désir de rayonnement pensé comme européen. Marie-Noëlle Bourguet insiste sur le fait que dans le cas militaire comme savant, l’objet de l’expédition est « l’appropriation, tant matérielle qu’intellectuelle, du territoire de l’Égypte19. » De même que les journaux miment les habitudes sociales européennes, ils se proposent de participer au progrès scientifique. C’est le cas surtout de la Décade, qui l’annonce dans son prospectus : « Le but que nous nous proposons est de faire connaître l’Égypte, non seulement aux Français qui s’y trouvent en ce moment, mais encore à la France et à l’Europe20. » Cette idée est reprise presque mot pour mot dans l’annonce que le Courier fait du début de cette revue, au n° 35 : « Le but des Rédacteurs est de faire connaître l’Égypte, non seulement aux Français qui s’y trouvent en ce moment, mais encore à la France et à l’Europe21. » Tout est en effet tourné vers l’Europe, et la vie intellectuelle de l’Institut dont la revue rend compte est tournée vers la France. Dans les « Remarques et additions » qui finissent le premier volume, l’attitude vis-à-vis de l’Europe est précisée plus clairement encore :

Les circonstances dans lesquelles cet ouvrage périodique a paru n’ont pas permis à ses éditeurs de la rendre aussi digne du public éclairé qu’ils auraient désiré le faire. Cependant, quand on saura dans l’Europe qu’il a été rédigé et imprimé au milieu des mouvemens de l’armée la plus active, il obtiendra peut-être quelque indulgence22.

Le public désiré est resté en Europe, et c’est ce public qui compte. La formule au futur fait référence de façon aussi subtile que possible à l’isolement de l’expédition. D’ailleurs, lorsqu’enfin des nouvelles françaises et européennes parviennent en Égypte, elles prennent immédiatement le pas, et les publications du Courier de l’Égypte se concentrant sur les aspects scientifiques de la mission sont interrompues pour laisser place aux nouvelles venues de l’autre côté de la Méditerranée. Dans le n° 49 par exemple, la première série d’articles nommée « Nouvelles de Paris23 » rejette en page 3 les sujets égyptiens. Plus visible encore est la série de numéros, à partir du 17 mai 180024, qui donnent le texte de la nouvelle Constitution en faisant disparaître tous les autres aspects du journal.

Toute une vie centrée sur l’Europe est mise en place dans ces journaux. Néanmoins, la culture locale est prise en compte, ce qui se renforce alors que l’isolement de l’expédition devient plus évident. Dans le Courier, on voit avec le temps moins de nouvelles militaires, plus de détails scientifiques et d’intérêt général.

La fascination égyptienne face au patrimoine gréco-romain

L’Égypte antique au second plan dans les journaux

Il y a en Égypte « française » un journalisme actif dont une partie est concentrée sur la recherche, les sciences et les arts. Cependant, les journaux sont créés dans une logique d’utilité, tout comme l’Institut : les domaines de recherche sont souvent triviaux ou doivent avoir le potentiel d’une véritable découverte. Les comptes rendus des séances, publiés dans chaque numéro de la Décade pendant les deux premiers volumes, puis de façon groupée, le montrent. Ainsi, dans le bilan de la séance du 21 vendémiaire, les thèmes proposés à l’étude sont : « les moyens de cultiver la vigne dans cette contrée » ou « le meilleur projet et le plus économique pour l’approvisionnement d’eau de la citadelle » ; autant de points qui relèvent de questions pratiques posées par le territoire conquis. On trouve également des études scientifiques dont « l’utilité d’un observatoire » ou la décision de faire des « observations thermométriques et hygrométriques ». Enfin, le huitième et dernier point concerne l’étude de colonnes trouvées à proximité de l’aqueduc25 : c’est le seul aspect archéologique de l’ensemble.

L’exploration des aspects culturels du territoire est également présente mais de façon minoritaire. Le Courier propose des « Mélanges » dans son 25e numéro dont le but serait de « donner à nos lecteurs d’Europe une idée exacte des opinions et des coutumes des peuples qui habitent le pays où nous écrivons26. » Cela rend compte d’un intérêt particulier pour les habitants actuels et leur mode de vie, à destination du lectorat européen. Néanmoins, le journal est destiné aux soldats et l’on peut supposer que cette concentration sur l’Égypte contemporaine est largement liée à la réalité qui les entoure. Ces études culturelles sont donc une fois encore pratiques, et le numéro suivant propose une « Notice historique sur Dgezzar Pacha27 » où cet ennemi ottoman est présenté dans le détail, entre curiosité exotique et portrait négatif d’un « usurpateur ».

Quid alors de ces pyramides qui n’avaient jamais été véritablement étudiées, des momies, du secret des hiéroglyphes ? Ils font partie des éléments d’intérêt, bien sûr, mais ils n’ont rien de central. Dans les mots de Marie-Noëlle Bourguet : « le passé pharaonique de l’Égypte n’était pas, au départ, désigné comme un thème prioritaire de l’investigation savante mais, tout au plus, comme un objet parmi ceux qui font la matière d’une enquête territoriale28. » D’ailleurs, si l’antiquité égyptienne a finalement pris autant de place, c’est grâce à l’enthousiasme de quelques jeunes ingénieurs – un enthousiasme qui d’ailleurs s’affranchit des codes archéologiques, et ne convainc par la suite de donner une place plus large à l’archéologie que par la quantité et la richesse des résultats obtenus29.

Ces ingénieurs sont très peu cités dans le journal, moins encore que le thème de l’Égypte antique, mais celui-ci prend de plus en plus d’importance. Les journaux témoignent de cette évolution dont on devine qu’elle aboutit, vingt ans plus tard, à la publication de la Description. Dans la Décade égyptienne, on ne trouve qu’un article traitant véritablement de l’antiquité égyptienne, dans le troisième volume – c’est-à-dire le dernier de fait. Il s’agit d’un « Mémoire sur les Restes de la Ville d’Eleithias dans la Thébaïde, et sur les Procédés de l’Agriculture et de quelques autres arts de première nécessité chez les anciens Égyptiens30 » par Costaz qui traite de nombreux aspects de ce qui a été retrouvé de l’antique Égypte. Les quelques mémoires antérieurs publiés n’évoquent pas cette époque, comme par exemple dans le « Mémoire sur la Vallée des Lacs de Natron et celle du Fleuve sans eau31 » du Général Andréossy, publié dans le deuxième volume, qui décrit la géographie et les coutumes actuelles. Se dessine ici un clivage entre plusieurs Égypte. Et s’il est sûr que l’expédition s’est intéressée à certains aspects, l’Antiquité qui nous fascine tant ne semble pas être au centre des études et observations.

Qu’est-ce qui fait patrimoine ?

L’expédition porte néanmoins un intérêt tout particulier à une partie des éléments archéologiques, avec une volonté de collecter et conserver certains objets. En témoignent des articles comme celui de janvier 1800 qui se présente ainsi : « Le citoyen Balzac, membre de la Commission des arts, a rapporté de la haute Égypte les objets suivans32 ». Peu d’objets sont en réalité ramenés en France, par rapport à la publicité qui en est faite, mais l’intention demeure33. La question est donc la suivante : quelle différence, dans ces deux journaux, entre une fascination mêlée de curiosité et un regard de respect et de reconnaissance relevant de la saisie patrimoniale ?

Les journaux laissent apparaître un clivage en filigrane entre objets fascinants et objets patrimoniaux. Dans les mots de Dominique Poulot, est considéré comme patrimoine ce qui est « lieu de l’identité culturelle34 » c’est-à-dire ce que la France considère comme ses racines, soit dans notre cas le monde gréco-romain antique. Dans les deux journaux les voyageurs du passé qui servent de modèle sont les voyageurs antiques. La référence à Volney notamment est présente de façon sporadique, mais c’est avant tout le voyage d’Hérodote qui permet de construire un système de référence. Ainsi, Andréossy entame-t-il son mémoire sur le lac Menzaléh par un point sur ce qui était déjà su, et notamment :

Hérodote trouva donc l’Égypte à peu près dans le même état où elle a été depuis, et il ne put pas voir et recueillir un très-grand nombre de faits ; ceux que renferme son Euterpe sont précieux, mais il nous laisse dans l’incertitude sur beaucoup d’autres. Strabon et Diodore de Sicile ont ajouté peu de choses aux récits d’Hérodote35.

Ici, dans la pure tradition classique, la référence première est antique et sert de figure d’autorité à partir de laquelle le reste de la réflexion peut se construire. Plus importante encore est l’attention portée aux rares ruines gréco-romaines, comme c’est le cas avec Antinoë, « ville romaine » qui amène l’ingénieur Le Père à la remarque suivante : « on prend une grande idée de la supériorité des anciens sur nous36. » Les anciens, ici, ce sont bien sûr les Romains puisque cette ville est datée de l’empereur Adrien. Ce terme de « supériorité » est réservé à cette civilisation gréco-romaine vécue comme originelle, dont la connaissance permet d’ancrer la culture européenne.

On rencontre également un intérêt évident pour l’autre pan de l’antiquité romaine, à savoir ce qui relève de l’histoire chrétienne. En effet, l’expédition est décrite par Maria Luisa Ortega comme une mission civilisatrice aux aspects de croisade laïque37. Mais on trouve en Égypte peu de monuments satisfaisants de ce point de vue : la « fontaine de Moïse » est reconnue immédiatement comme n’ayant rien à voir avec l’histoire des filles de Jethro. Restent les Coptes, dont la très ancienne tradition chrétienne pourrait faire un sujet de choix. Néanmoins, une distance culturelle et intellectuelle empêche l’identification patrimoniale. En témoigne cet extrait d’une notice sur un des couvents, publiée dans le Courier : « Ces horribles lieux qui, dans l’origine, ont servi d’asyle aux premiers chrétiens dans les temps des persécutions de l’église, sont aujourd’hui la demeure de célibataires qu’une stupide ferveur y tient renfermés38. » Considérés comme une branche chrétienne simpliste voire fautive, les Coptes font l’objet d’une curiosité encore moins grande que la culture musulmane.  

L’ancienneté ne suffit donc pas, dans les journaux, à susciter une saisie patrimoniale des objets rencontrés. La curiosité pousse à un saisissement surtout topographique et géographique de l’Égypte antique, mais pas forcément culturel. Ainsi, le long rapport de Nouet sur les pyramides de Memphis publié dans le troisième volume de la Décade se concentre-t-il sur des questionnements géographiques et géométriques. « L’Antiquité ne nous offre point de monumens plus célèbres que les pyramides de Memphis » : cette entrée en matière semble reconnaître une importance à ces témoins de la grandeur antique de l’Égypte… Mais immédiatement l’intérêt change : « On peut s’étonner avec raison de la différence considérable qui se trouve dans les résultats des mesures qu’on en a faites39. » Les ingénieurs qui s’intéressent à ces monuments, pour Marie-Noëlle Bourguet, les étudient en contexte, dans leur site40. C’est de cette façon que naît une première fascination : par une pensée géographique et géométrique de ce gigantisme qui ne peut que retenir l’attention.

On ne peut donc parler d’indifférence, et malgré un traitement très superficiel la fascination pour l’Égypte de la période pharaonique apparaît dans les journaux. Les articles qui ont trait à Denon résument bien la complexité du regard porté sur cette culture. « Le citoyen Denon a réuni dans sa collection tout ce qui peut contribuer à éclairer l’Europe sur les anciens égyptiens […]41 » déclare le Courier. Il y a bien une distance, puisque la perspective proposée est d’« éclairer » ce qui implique que la civilisation n’est pas encore connue… mais ce verbe qui fait largement écho aux Lumières invite aussi à une curiosité informée et savante qui ne semble pas impliquer de jugement. Lorsque c’est Denon lui-même qui a la parole, à l’occasion d’un discours prononcé à l’Institut, il fait référence à une curiosité partagée : « C’est donc pour répondre à vos questions que j’ai fait cette multitude de dessins » dit-il, notant « la complaisance des soldats pour [s]es recherches [qui] en a fait souvent des antiquaires », ce qui incite à croire que tout citoyen peut se sentir concerné. D’ailleurs, la fascination est principalement positive : son discours fait référence à la « splendeur de l’architecture colossale des Égyptiens » et au « bon goût » de la décoration du temple d’Isis, autant d’éléments mélioratifs qui montrent une valeur calquée sur le goût européen.

Il y a donc bien une fascination pour le pharaonique égyptien et sa grandeur, mais au premier regard celle-ci ne semble pas envisager ces monuments et cette culture de façon patrimoniale, contrairement à ce que l’on rencontre concernant l’Antiquité gréco-romaine.

Vers une patrimonialisation de l’Égypte ancienne 

La prééminence du Courier de l’Égypte

Les deux journaux forment un ensemble complémentaire, mais il s’avère qu’ils proposent souvent un traitement parallèle et différent d’un même sujet. Ils ont tendance à se répondre, et le Courier cite alors la Décade. Mais leur traitement de certains sujets diffère. C’est le cas de l’emblématique pierre de Rosette. Dans la Décade, où l’on s’attend à une réflexion sur l’ampleur de la découverte, on trouve une mention de la pierre dans le compte rendu d’une séance de l’Institut.

Dans la séance du 1er thermidor, on a donné lecture d’une lettre dans laquelle le citoyen Lancret, membre de l’institut, informe que le citoyen Bouchard, officier du génie, a découvert dans la ville de Rosette, des inscriptions dont l’examen peut offrir beaucoup d’intérêt. La pierre noire qui porte ces inscriptions est divisée en trois bandes horizontales : la plus inférieure contient plusieurs lignes de caractères grecs qui ont été gravés sous le règne de Ptolémée Philopator ; la seconde inscription est écrite en caractères inconnus ; et la troisième ne contient que des hiéroglyphes42.

S’ajoute à cela une note décrivant techniquement les caractères et le texte grec. Ce rapport très circonstancié est à comparer à la publication d’un article dans le n° 37 du Courier. Plus long, il offre davantage de détails sur la découverte de la pierre et sur son contenu, précisant : « Cette pierre offre un grand intérêt pour l’étude des caractères hiéroglyphiques ; peut-être même en donnera-t-elle enfin la clef43. » Ici, la pierre de Rosette dont on sait la fortune est présentée avec bien davantage d’insistance, en tant qu’objet intéressant. Il est évident que le caractère plus « grand public » de ce deuxième titre explique le besoin d’explication ainsi peut-être qu’un ton plus enthousiaste.

Se dessinent néanmoins ici les indices d’un schéma que l’on retrouve de façon générale : l’Égypte antique est un réel sujet dans le Courier. Cela peut sembler surprenant dans la mesure où l’on attendrait un tel intérêt d’une revue scientifique. Mais on peut dès lors noter la complexité de la situation de la Décade qui porte d’ailleurs mal son nom selon son éditeur et qui, nous l’avons vu, ne peut suivre son programme de départ : « Nous conservons à ce journal, entrepris et continué au milieu de la guerre la plus active, son ancien titre, quoique nous ayons déjà averti […] qu’il lui convenait assez peu44. »

Les articles du Courier de l’Égypte traitant de la période pharaonique sont en effet plus nombreux et plus suivis. Un certain nombre de « Lettres » se rapprochent du récit de voyage comme la « Lettre du citoyen Pina au général de division Dugua, commandant les villes et provinces du Kaire45 » de novembre 1799 qui porte date et adresse au début, ce qui contribue à donner une l’épaisseur réelle à cette exploration. De même, les missions sont annoncées tout comme leur retour, et donnent lieu ensuite à des bilans : « Les deux commissions dont nous avons annoncé le retour dans notre numéro 44, ont fait dans l’Égypte supérieure un travail qui ne laisse rien à désirer pour la connaissance des monumens de cette contrée46. » Ce début de l’article 47 est suivi d’un résumé des lieux observés et de quelques remarques. Ces articles sont souvent très factuels, moins développés que ceux que l’on retrouve dans la Décade : on y trouve des listes comme celle de Balzac, citée plus haut, qui ramène entre autres des éléments momifiés, ainsi que des « Notices », au 56ème numéro par exemple. Il s’agit d’un partage d’informations, dont la plupart sont presqu’exclusivement descriptives, permettant de découvrir les objets mais pas forcément de les comprendre.

Le public de ce titre est plus large, moins savant : si ces éléments apparaissent dans le Courier de l’Égypte, c’est que l’on considère qu’ils apportent quelque chose au lecteur à savoir le soldat. En ce sens, les trouvailles antiques ont une valeur ajoutée en ce qu’elles sont exceptionnelles et uniques à l’Égypte : cela peut donc compenser l’échec militaire, mettant en avant des résultats que l’on n’aurait pu obtenir dans aucun autre pays. Anna Puissi47 confirme que la place des savants va en grandissant dans cette occupation militaire qui est un échec. Ainsi la place de l’Égypte antique en particulier s’affirme dans le Courier ce qui souligne que l’expédition obtient des résultats. Certains sont clairement orientés vers une logique patrimoniale, dont ces fameuses listes d’objets qui seront emportés en France pour être étudiés et mis en musée. Le Courier de l’Égypte montre donc un intérêt particulier pour les objets de l’antiquité égyptienne, leurs caractéristiques, le contexte de leur découverte, et le tout est présenté afin que le soldat participe à cette saisie. En janvier 1800 une lettre officielle du général Kléber s’adressant au Directoire y est publiée. Elle présente les avancées de l’expédition scientifique : « On a donné des soins particuliers à la description de l’Égypte ancienne48. » Dans ce texte qui pose les bases de la Description publiée au retour, le lien entre la mission militaire et l’Antiquité des pharaons est explicité par le général. 

L’Égypte, terre des origines : une saisie patrimoniale instrumentalisée

Les journaux et en particulier le Courier de l’Égypte sont importants car ils reflètent l’actualité et les changements de situation tout en s’adressant à un public large. Bien sûr, ces titres expatriés à la courte vie ne touchent pas un grand nombre de lecteurs, mais leur interlocuteur reste « les Français » dans leur acception réduite à ce moment-là.

Cela permet de mieux comprendre ce besoin de les impliquer dans les découvertes. Et comment rendre un sujet intéressant, ou des découvertes valables, autrement qu’en faisant l’éloge de ceux qui cherchent ou de ce qui est trouvé ? Ce que l’Égypte antique représente au point de vue symbolique est en jeu. Dans les mots de général Andréossy, au premier volume de la Décade : « L’Égypte a été le berceau des arts et des sciences49. » En effet, l’image qui ressort de cette Égypte des pharaons est celle d’un lieu des origines de la sagesse et du savoir, ce qui apparaît dans le journal et sera encore plus visible dans l’ouvrage publié a posteriori par Denon. Ce point de vue justifie l’intérêt porté aux monuments antiques : nous l’avons vu, celui-ci nait un peu par hasard, grâce à la curiosité de jeunes ingénieurs. Mais l’idée d’une civilisation si riche et sage implique une origine de nos sciences et de notre sagesse, pouvant faire advenir l’Antiquité égyptienne à un statut proche de la gréco-romaine, un statut de racines.

La grandeur française est alors renforcée par la grandeur de cette civilisation. Une saisie non seulement curieuse mais également d’ordre patrimonial prend sens face à l’intérêt pour les pièces récupérées et la richesse de la culture. Cela procède d’une pensée en plusieurs étapes. Tout d’abord une image positive et grandiose de cette ancienne Égypte et de son rayonnement est mise en place. Plus encore, une peinture de l’Égypte comme terre des origines savantes permet de créer un lien, une continuité avec la sagesse actuelle. Cela amène une vision très positive voire une réécriture de l’Égypte antique, créant des liens avec notre culture. Comme le montre Claude Traunecker au sujet de la Description de l’Égypte, on pense alors qu’une telle grandeur doit venir d’un grand peuple, dans une vision très optimiste et donc assez utopiste de cette ancienne civilisation50. Un exemple flagrant en est la grossière erreur d’interprétation des chercheurs à l’époque, autour du zodiaque, se fondant sur la certitude d’une grande connaissance astronomique des anciens. Dans le 32ème numéro du Courier, une lettre du citoyen Descotils aborde ce sujet, que l’on retrouve à plusieurs reprises dans les numéros suivants. Au sujet de « ce superbe reste des arts égyptiens » il dit avoir observé « deux zodiaques » dans un temple, et plus loin :

Le soleil se trouve tout à côté du cancer : cela paraîtrait avoir quelques rapports avec l’inondation du Nil. Ces signes ne sont pas seuls dans la zone qui les renferme ; il y a beaucoup de figures entourées d’étoiles qui sont sans doute des constellations.

Ces objets donnent une haute idée de la science astronomique des Égyptiens, et font regretter que l’on ait perdu la langue hiéroglyphique51.

Il s’avère que ces interprétations sont largement fausses mais elles montrent bien l’intérêt porté à la fois à l’art et à la science. Si les arts sont visiblement impressionnants, la science devrait être à la hauteur et les explorateurs cherchent à voir des grandeurs qui n’y sont pas forcément, de manière à accentuer voire inventer une continuité – ici avec la science moderne de l’astronomie. Certaines discordances sont pourtant inévitables, et l’on cherche par exemple à compenser une indéniable violence de la société égyptienne ancienne52.

Revenons désormais à la définition du patrimoine proposée par Dominique Poulot : la « fondamentale étrangeté » est évidente dans ces textes et pour des hommes n’ayant jamais quitté l’Europe. Mais ici apparaît « l’assimilation du passé, qui est toujours transformation, métamorphose des traces et des restes, recréation anachronique ». C’est bien à cette activité de recréation anachronique et fautive que s’adonne ici Descotils – et il n’est pas le seul – afin d’assimiler ce peuple ancien à quelque chose de connu, l’astronomie, et d’admirable, une formidable maîtrise de cette science. C’est bien ici que se mettent en place les premières traces, encore balbutiantes, d’une saisie proprement patrimoniale de l’Égypte antique. D’ailleurs, cette recherche reste résolument tournée vers l’Europe et ce de façon très claire.

C’est en pensant à vous, citoyen, et à tous les savans de l’Europe, que je me suis trouvé le courage de copier avec une scrupuleuse exactitude les détails minutieux de tableaux secs dont je ne pouvais attendre le sens et l’intérêt que du secours de vos lumières53.

C’est ainsi que le « Citoyen Denon » présente ses efforts : à destination de l’Europe, qui est donc susceptible de se sentir concernée et de comprendre cette ancienne civilisation. Cela renvoie au besoin fort « d’appropriation » territoriale mais aussi culturelle qui meut la mission et dont parle Marie-Noëlle Bourguet54. La France s’empare de cette culture et la valeur qu’elle lui attribue rejaillit sur elle.

Ainsi, les deux journaux font bien apparaître une reconnaissance de la valeur des ruines égyptiennes antiques qui ressortit d’une saisie patrimoniale ; mais celle-ci dessine une appropriation valorisante centrée sur l’Europe, et prend ses racines dans ces titres éphémères car cette saisie positive joue un rôle dans l’appréhension que les chefs de l’expédition veulent donner de l’opération militaire et scientifique. L’Antiquité égyptienne est d’ailleurs suffisamment reconnue pour être louée dans un poème publié dans le 74ème numéro du Courier : le pharaonique accède au statut d’inspirateur. Mais ce poème intitulé « Aux Pyramides d’Égypte » fait aussi apparaître le lien indissociable créé entre la grandeur antique et la grandeur française : il donne « Une gloire bien plus réelle » au monument car « Elle est unie au nom français55 ». Le processus de conservation patrimonial est alors mis en abyme, les journaux se font dépositaire de la mémoire du processus de saisie du patrimoine antique :

Ce journal, destiné à faire connaître les événemens politiques et militaires, a été également depuis son origine, mais sur-tout dans ces derniers temps, consacré à recueillir des notes propres à servir un jour à l’histoire littéraire de l’expédition. Nous le terminerons par quelques articles de ce genre, en regrettant de n’avoir pas plus d’étendue à leur donner56.

Notes

1  Dominique Vivant Denon, Voyage dans la Haute et la Basse Égypte. Paris, éd. Didot aîné, 1802, 2 vol.

2  Dominique Poulot, Une histoire du patrimoine en Occident, XVIIIe-XXIe siècle. Du monument aux valeurs. Paris, éd. Presses Universitaires de France, coll. Le Noeud Gordien, 2006, p. 10.

3  Yves Laissus, L’Égypte, une aventure savante 1798-1801, avec Bonaparte, Kléber, Menou : 1798-1801. Paris, éd. Fayard, 1993, p. 109-116.

4  Paul-Marie Grinevald, « La Description de l’Égypte, un monument éditorial » in L’expédition d’Égypte, une entreprise des Lumières, 1798-1801, éd. Bret (Patrice). Cachan, éd. Technique et documentation, 1999, p. 298.

5  Voir la collection sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8602949h/f9.image

6  Voir la collection sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb327543805/date

7  Marie Leca Tsiomis, « L’imprimerie impériale », in L’Empire des muses, Napoléon, les Arts et les Lettres. Paris, éd. Belin, coll. Littérature et politique, 2004, p. 352-353.

8  Yves Laissus, op. cit., p. 190.

9  André Cabanis, La presse sous le Consulat et l’Empire (1799-1814). Paris, éd. Société des études robespierristes, coll. Bibliothèque d’histoire révolutionnaire, 1975, p. 4-5.

10  Jean-Paul Bertaud, « Napoléon journaliste : les bulletins de la gloire », in Le Temps des médias. Éd. Nouveau Monde, 2005/1, n° 4, p. 12.

11  Antonin Périvier, Napoléon journaliste. Paris, éd. Plon-Nourrit et Cie, 1918, p. 79.

12  André Raymond, « Les Égyptiens et les Lumières pendant l’expédition française », in L’expédition d’Égypte, une entreprise des Lumières, 1798-1801, op.cit., p. 106.

13   La Décade égyptienne, vol. 1, n° 1, p. 6.

14  André Raymond, op. cit., p. 80.

15   Courier de l’Égypte, n° 37, 27 Fructidor an VII (5 septembre 1799), p. 2.

16  Marie-Leca Tsiomis, op. cit., p. 352.

17   Courier de l’Égypte, n° 100, 12 Pluviôse an IX (1 février 1801), p. 4.

18   Ibid., n° 81, 3 complémentaire an VIII (20 septembre 1800), p. 3-4.

19  Marie-Noëlle Bourguet, « Des savants à la conquête de l’Égypte ? Science, voyage et politique au temps de l’expédition française », in L’expédition d’Égypte, une entreprise des Lumières, 1798-1801, op. cit., p. 30.

20   Décade égyptienne, vol 1, n° 1, p. 6.

21   Courier de l’Égypte, 18 Thermidor an VII (6 juin 1799), n° 35, p. 4.

22   Décade égyptienne, vol 1, n° 9, p. 297.

23   Courier de l’Égypte, 27 Frimaire an VIII (18 décembre 1799), n° 49, p. 1.

24   Ibid., 27 Floréal an VIII (17 mai 1800), n° 68.

25   Décade égyptienne, vol. 1, n° 4, p. 118-119.

26   Courier de l’Égypte, 3 Pluviôse an VII (19 janvier 1799), n° 25, p. 3.

27   Ibid., 10 Pluviôse an VII (29 janvier 1799), n° 26, p. 2-3.

28  Marie-Noëlle Bourguet, op. cit., p. 32.

29   Ibid., p. 33.

30   Décade égyptienne, vol 3, p. 110-126.

31   Ibid., vol 2, n° 4, p. 93-120.

32   Courier de lÉgypte, 23 Nivôse an VIII (13 janvier 1800), n° 53, p. 1-3.

33  Dewachter Michel, « De la curiosité aux sociétés savantes : les premières collections d’antiquités égyptiennes », in L’expédition d’Égypte, une entreprise des Lumières, 1798-1801, op.cit., p. 353.

34  Dominique Poulot, op. cit., p. 10.

35   Décade égyptienne, vol. 1, n° 6, p. 183.

36   Courier de l’Égypte, 6 complémentaire an VII (22 septembre 1799), n° 38, p. 4.

37  Maria Luisa Ortega, « La « régénération » de l’Égypte : le discours confronté au terrain », in L’expédition d’Égypte, une entreprise des Lumières, 1798-1801, op.cit., p. 93.

38   Courier de l’Égypte, 20 Vendémiaire an VIII (12 octobre 1799), n° 40, p. 4

39   Décade égyptienne, vol. 3, p. 101.

40  Marie-Noëlle Bourguet, op. cit., p. 33.

41   Courier de l’Égypte, 3 Fructidor an VII (20 août 1799), n° 36, p. 2.

42   Décade égyptienne, vol. 3, p. 293.

43   Courier de l’Égypte, n° 37, op. cit., p. 3-4.

44   Décade égyptienne, vol 3, avis des éditeurs.

45   Courier de l’Égypte, 27 Brumaire an VIII (18 novembre 1799), n° 45, p. 3.

46   Ibid., 10 Frimaire an VIII (1 décembre 1799), n° 47, p. 1.

47  Anna Puissi, « Les Menottes d’or du patronage napoléonien : le frontispice de la Description de l’Égypte », in L’expédition d’Égypte, une entreprise des Lumières, 1798-1801, op. cit., p. 309.

48   Courier de l’Égypte, 3 Pluviôse an VIII (23 janvier 1800), n° 54, p. 1.

49   Décade égyptienne, vol. 1, n° 6, p. 182.

50  Claude Traunecker, « Visions utopistes et réalité archéologique dans l’ancienne Égypte de la Description », in L’expédition d’Égypte, une entreprise des Lumières, 1798-1801, op.cit., p. 187.

51   Courier de l’Égypte, 26 Messidor an VII (14 juillet 1799), n° 32, p. 3.

52  Claude Traunecker, op. cit., p. 189-190.

53   Décade égyptienne, vol. 2, n° 8-9, p. 286.

54  Marie-Noëlle Bourguet, op. cit., p. 30.

55   Courier de l’Égypte, 27 Messidor an VIII (16 juillet 1800), p. 4.

56   Ibid., 30 Pluviôse an VIII (19 février 1800), p. 1.

Pour citer ce document

Morgane Avellaneda, «Le traitement du patrimoine égyptien dans la presse napoléonienne lors de la Campagne d’Égypte (1798-1801) : reconnaissance et appropriation », Presse et patrimoine , sous la direction de Morgane Avellaneda, Lucien Derainne et Apolline Strèque Médias 19 [En ligne], Mise à jour le : , URL: https://www.medias19.org/publications/presse-et-patrimoine/le-traitement-du-patrimoine-egyptien-dans-la-presse-napoleonienne-lors-de-la-campagne-degypte-1798-1801-reconnaissance-et-appropriation