Introduction
Table des matières
MÉLODIE SIMARD-HOUDE
On les a bien oubliées aujourd’hui, mais dans les années 1940-1950, les « histoires vraies », parfois aussi nommées « histoires vécues » ou « vraies confessions », constituaient la nouvelle manne de la presse et de l’édition sentimentale. Des magazines populaires, tirés à des centaines de milliers d’exemplaires par semaine, puis bientôt des collections de fascicules populaires, se mirent à publier à la chaîne des récits de témoignage. Ceux-ci étaient articulés par la voix d’énonciateurs ordinaires, anonymes, qui racontaient, en quelques pages, des pans de leur existence, relataient leurs rencontres amoureuses, leurs doutes, leurs épreuves conjugales, sentimentales, familiales, financières, et s’employaient à en tirer des leçons de vie.
Actualisation médiatique et sérielle de l’exemplum, version sécularisée de la confession religieuse, démocratisation de l’écriture de soi, infléchissement factuel du roman sentimental : il y a plusieurs manières d’envisager le genre de l’« histoire vraie », plusieurs filiations où l’inscrire, qui, toutes, en éclairent les mécanismes.
La filiation avec l’exemplum est perceptible dans la visée éthique qui fonde ces histoires, souvent tendues par un mouvement narratif qui fait ressortir des modèles ou des contre-modèles de comportement, détermine le triomphe d’une valeur sur une autre – la passion sur la raison, le sens pratique sur l’emportement du rêve, l’authenticité sur l’artifice, la simplicité sur l’amour du luxe, etc. Le regard rétrospectif d’un·e narrateur·rice qui juge son passé vient parfois explicitement confirmer cette lecture morale.
L’héritage de la confession religieuse est également manifeste, notamment dans le tout premier magazine d’« histoires vraies » françaises, Confidences, qui est adapté du périodique américain True Story des Macfadden Publications : le ton, du côté américain, est résolument celui de la contrition, de la pénitence – les fautes et les erreurs sont confessées et parfois chèrement payées. Dans le processus de traduction et d’adaptation de certaines histoires, Confidences adoucit les fins, gomme les références religieuses, mais conserve quelque chose de ce ton particulier sur lequel on avoue ce que, habituellement, on préfère cacher. Le nom du magazine, d’ailleurs, est programmatique, qui pose tout de suite le registre de la confession dans un cadre médiatique : la voix intime est exposée, le récit de vie devient public, la confession est livrée au grand jour et à des centaines de milliers d’exemplaires. Une autre rubrique de Confidences, celle du « Problème humain », pousse plus loin encore cette logique en proposant aux lecteur·rices de fournir des conseils à une personne qui expose son problème : c’est la confession avec réponse, le lecteur ou la lectrice se glissant en quelque sorte dans la posture du conseiller – celle du prêtre, de Dieu, voire, plus prosaïquement, celle du courriériste du cœur, car ces magazines comportent aussi une rubrique de courrier, où l’on prodigue de sages conseils.
La troisième filiation, celle des écritures de soi, est nettement ambivalente, car il faut le dire d’entrée de jeu, au risque de susciter de fausses attentes chez notre lecteur·rice, les « histoires vraies » ne sont probablement pas aussi authentiques que magazines et éditeurs le laissent croire. En effet, j’ai dit que celles de Confidences étaient traduites de True Story : les noms de personne sont francisés, les lieux modifiés pour situer l’action en France, et parfois des adaptations plus profondes s’ajoutent à ces changements cosmétiques pour renforcer la concordance entre l’histoire et l’horizon d’attente d’un lectorat français, l’univers culturel, moral et social qui lui était familier. On peut croire qu’il en va de même des histoires des concurrents de Confidences qui vont bientôt fleurir après la Seconde Guerre mondiale : Intimité, Nous Deux, Rêves, À tout cœur – autant de magazine dont on trouvera dans cette anthologie une sélection de textes – ou encore Rien que toi, Ève… Les titres étaient trop nombreux pour tous les inclure ici. Nous avons privilégié les magazines au plus fort tirage et les plus représentatifs de ce que les critiques catholiques et intellectuels ont alors nommé, avec dédain et consternation, « la presse du cœur ». Des cas de plagiat avérés peuvent aussi parfois être repérés entre magazines, Rien que toi reproduisant parfois quasiment telles quelles certaines « histoires vécues » de Nous Deux. Puisque nulle archive ne permet de retrouver les manuscrits des lecteur·rices, il est très difficile d’estimer quelle proportion des « histoires vraies » de chaque magazine était empruntée, adaptée, traduite ou inventée de toute pièce, et s’il en demeurait tout de même une partie véritablement envoyée par des lecteur·rices. Il est possible que certains manuscrits de lecteur·rices aient eu un intérêt suffisant pour se voir publiés, quitte à être préalablement retouchés par les équipes de rédaction avant publication. Ce qui est sûr, c’est que les magazines, au travers de leurs « histoires vraies », ont donné une visibilité phénoménale à l’écriture de soi (même simulée) dans un contexte d’édition sérielle et populaire, bon marché, à large diffusion ; ils ont, ce faisant, contribué à modéliser et encourager des manières de s’écrire, de se raconter. Confidences et Intimité, en particulier, ont mis sur pied de nombreux concours d’écriture, appelant les lecteur·rices à confier en quelques dizaines de lignes, quelques centaines de mots, des récits de moments heureux ou dramatiques réellement vécus. Et si l’on peut douter de l’authenticité des « histoires vraies », ces récits-là, issus des concours, sont probablement le fruit de vrais envois de lecteur·rices. On en trouvera un échantillon dans cette anthologie, au travers du « Concours d’optimisme » de Confidences.
Enfin, la vogue des « histoires vraies » propulsée par les magazines a rapidement donné lieu à une adaptation dans le champ de la littérature populaire en fascicules, ces petits imprimés bon marché de quelques dizaines de pages, publiés en collection, souvent avec une périodicité mensuelle. Les collections d’« histoires vraies », d’« histoires vécues » ou de « confessions » en fascicules ont fleuri à partir de 1940. Pendant la guerre, elles ne se livrent pas explicitement à la propagande à la solde de l’Occupant, mais elles présentent des accents consolateurs évidents. Elles poursuivent la tradition du petit roman d’amour en fascicule de la première moitié du XXe siècle, tout en adaptant la forme des récits pour privilégier des narrations à la première personne. Plus encore que les « histoires vraies » en magazine, celles des fascicules rendent évidentes une quatrième filiation, majeure, quoique masquée par le sceau d’authenticité dont se parent les récits, c’est-à-dire celle du roman sentimental, et en particulier du petit roman d’amour populaire en fascicule. Les « histoires vraies » reprennent en effet les scénarios topiques de ce genre ; elles placent le rêve sentimental, les difficultés s’opposant à l’amour et le conflit entre passion et raison au cœur de leurs intrigues. Les motifs traditionnels de la première rencontre, du regard, du baiser, de la déclaration puis de l’union finale, après de multiples entraves, sont ici souvent réitérés1. Cependant, l’« histoire vraie » n’est pas toujours purement sentimentale : elle intègre très souvent aussi du mélodrame2, voire de l’aventure exotique ou policière. Et, surtout, elle plie les conventions du genre sentimental à la visée éthique et pratique du magazine, qui se targue de fournir toutes sortes de conseils à son lectorat, conseils sentimentaux, bien sûr, mais plus largement conjugaux, pratiques, voire juridiques, hygiéniques, etc. De telle sorte qu’au triomphe de la passion et du rêve sentimental, l’« histoire vraie » substitue souvent une issue plus raisonnable, celle qui assure le maintien du bonheur, la stabilité conjugale, familiale, sociale. Des valeurs comme le devoir, le patriotisme, le sens pratique, y triomphent souvent sur le rêve sentimental (voir l’histoire « Il avait le droit de vivre »). Si le rêve sentimental est parfois valorisé, c’est dans la mesure où il se concilie avec la paix conjugale (voir Toi, malgré tout). Certaines histoires, comme « J’ai bravé le danger », confèrent une visée plus large à ce grand conflit structurant entre rêve et réalité, en le transposant du registre purement sentimental à un registre plus métatextuel : il devient alors un commentaire sur l’opposition entre, d’une part, le romance, soit la littérature d’imagination, ce que l’on lit dans les livres et, d’autre part, la vie, le réel (voir l’histoire « J’ai bravé le danger »).
On remarquera, par ailleurs, qu’à la représentation des mondes exotiques, historiques ou aristocratiques parfois privilégiée par le roman sentimental et le romance, l’« histoire vraie » préfère généralement la mise en scène d’un univers situé au plus près du lectorat : un monde contemporain, français, où évoluent des personnages ordinaires (voir « Richard, je suis libre ! » et « Il ne me parlait pas d’amour… et pourtant »). Les personnages principaux occupent souvent de petits métiers et appartiennent aux classes populaires, au monde ouvrier, au monde paysan ou à la petite bourgeoisie salariée : représentant d’une fabrique de margarine, éleveur de volaille, voyageur de commerce, serveuse dans un café-restaurant, vendeuse de magasin, travailleuse dans un bureau, etc. – ce sont là quelques-uns des métiers illustrés par les protagonistes des histoires choisies ici3. Les récits comportent aussi une part improbable d’orphelines (telles les narratrices de « La modestie », de « Richard, je suis libre ! » et de Toi, malgré tout), ce qui contribue à affirmer l’appartenance sociale modeste des protagonistes mais aussi, plus implicitement, l’héritage du mélodrame et du petit roman d’amour populaire4. De la volonté de parler du monde contemporain et connu du lectorat témoigne aussi l’importance prise par la Seconde Guerre mondiale dans beaucoup de récits, qu’il s’agisse d’une toile de fond furtivement esquissée (dans « Richard, je suis libre ! ») ou de l’expérience traumatique des prisonniers des camps de concentration (voir « Il avait le droit de vivre », « Je dois le haïr et cependant… » ainsi que « Survivance »). Cette présence nous rappelle combien la guerre est une réalité encore vive à la mémoire des lecteur·rices, en 1947 ou en 1950. En parler participe de la construction d’une proximité entre le monde représenté et le présent des lecteur·rices.
De cette proximité relève aussi la place occupée par la représentation souvent réflexive des pratiques culturelles populaires de l’époque : dans « J’ai bravé le danger » figure un personnage de lectrice vorace ; dans « La modestie », la protagoniste prend part à un concours de beauté organisé par un journal et une maison cinématographique, sur le modèle de ceux que lance régulièrement la presse sentimentale ; dans Toi, malgré tout, la narratrice est illustratrice et décoratrice pour le music-hall, mais aussi une fan invétérée des chanteurs de charme qu’elle écoute à la radio. Ces représentations contribuent à montrer combien le magazine et l’édition populaire s’inscrivent alors, dans les années 1940-1950, au cœur d’un écosystème médiatique qui va du livre au cinéma, de la radio au music-hall, en passant par la presse, et sur lequel repose ce que l’on pourrait nommer la « culture sentimentale », tissée par le papillonnement des récepteur·rices entre ces diverses productions médiatiques qui se répondent, s’appuient les unes sur les autres, se font mutuellement publicité. L’évocation de ces médias s’accompagne des thèmes de la célébrité et du vedettariat : elle nourrit une opposition entre, d’une part, ordinarité et anonymat de la masse et, d’autre part, figures d’acteurs·rices ou de chanteur·rices médiatisées à la radio ou dans la presse. Cette opposition participe du fantasme sentimental ; on la verra pleinement à l’œuvre dans Toi, malgré tout. Elle nourrit aussi la popularité des « histoires vraies », car celles-ci, en mettant en avant la parole de personnes ordinaires, semblent affirmer que tout un chacun a droit à son petit passage sur scène.
Il y aurait eu, enfin, beaucoup à dire de la présentation matérielle des magazines et des fascicules. Le grand avantage de la présente anthologie est de donner à lire des textes peu accessibles et oubliés ; son grand défaut est de les délier de leur support matériel. Les illustrations sont importantes dans les magazines : dessins ou photographies – parfois aussi les deux ensemble – accompagnent les histoires. Nous avons inclus tout de même un aperçu visuel du magazine d’origine (une page ou une illustration) pour chaque texte. Selon les périodes et les titres, les magazines sentimentaux comptaient généralement 16, 24 ou 32 pages ; au moins un tiers, voire la moitié de leur contenu était fait d’« histoires vraies », rubrique-phare de ce segment de presse. Les couvertures représentaient souvent des visages féminins, parfois des couples, au travers de photographies mises en scène (sauf pour Nous Deux et À tout cœur, dont les couvertures sont dessinées). Le sceau d’authenticité des récits était apposé dès la couverture, par exemple avec le sous-titre « histoires vraies » pour Confidences ou les mots « vraies confessions » pour Intimité. Les titres des « histoires vraies », parfois indiqués sur la couverture pour appâter le lectorat, employaient souvent la première personne, de manière à mettre tout de suite en avant la forme du témoignage.
L’anthologie contient une petite sélection d’histoires tirées de quatre magazines importants de la presse sentimentale française – Intimité, Nous Deux, Rêves et À tout cœur –, un extrait des réponses au « Concours d’optimisme » du magazine sentimental fondateur Confidences, et trois récits parus dans trois collections différentes de fascicules populaires. Ces trois collections sont plus amplement présentées au début de la page où l’on trouvera chacun des récits parus en fascicules. Disons ici quelques mots des quatre magazines.

Couverture du tout premier numéro de la nouvelle série de Confidences, paru le 10 octobre 1947
Confidences est fondé dès 1938. Il est dirigé par Paul Winkler, alors à la tête de l’Agence Opera Mundi, qui fournit à la presse française des contenus traduits de la presse américaine. Winkler est en fait mandaté par Hachette pour lancer ce magazine français adapté de True Story, en vertu d’un accord avec les Macfadden Publications, qui déploient alors de telles initiatives d’adaptations locales dans une multitude de pays5. Dans les faits, Winkler aura peut-être moins à voir dans la fabrique concrète de Confidences que sa femme, Berthe Dablanc-Winkler, qui dirige la rédaction. Confidences connaît rapidement un très grand succès, atteignant avant la guerre un tirage d’un million d’exemplaires. Interrompue par la guerre, sa publication reprend le 10 octobre 1947.

Couverture d’Intimité, no 202, 28 août 1949
Principal concurrent de Confidences et, avec ce dernier, titre le plus représentatif de la formule de la presse sentimentale, Intimité est lancé avant même la reprise de Confidences, dès juillet 1947, à l’occasion du rachat, par les Éditions mondiales, du magazine féminin Véronique. Aux « histoires vraies » de Confidences, Intimité oppose ses « vraies confessions », mais ce n’est là qu’une divergence superficielle ; en réalité, les deux magazines publient tout à fait le même type de récits et contiennent, outre ces derniers, des rubriques parentes : courrier sentimental, horoscope, roman-feuilleton sentimental, courrier sentimental… Influencé par l’Italie, du fait du parcours du patron des Éditions mondiales, Cino del Duca, Intimité innovera en intégrant bientôt le roman dessiné et le roman-photo, mais tout en préservant la part belle faite aux « vraies confessions ». Comme Confidences, Intimité organise de nombreux concours de témoignages.

Couverture de Nous Deux, no 1, 14 mai 1947
Nous Deux est une publication sœur d’Intimité : le magazine appartient au même groupe de presse, celui de Cino del Duca, et son tirage est même significativement plus élevé que celui de Confidences et d’Intimité : il le demeurera tout au long des années 1950. Nous Deux fait lui aussi varier l’appellation des « histoires vraies », pour préférer celle d’« histoires vécues ». Il est moins représentatif que Confidences et Intimité de la formule typique de la presse sentimentale de confessions, dans la mesure où il privilégie, aux récits de témoignage, les genres iconographiques que sont le roman dessiné et le roman photo. Il est d’ailleurs le premier magazine, avant Intimité, à introduire en France le roman photo. Il est lancé quelques mois avant Intimité, le 14 mai 1947.

Couverture de Rêves, no 102, 1er juillet 1948. Cette couverture dit bien le rapport ambivalent des « histoires vraies » au « romanesque » : « J’étais une jeune fille romanesque », indique la narratrice, au passé… Le titre laisse entendre, d’entrée de jeu, que certaines illusions sentimentales ont peut-être été abandonnées.
Rêves est une autre publication concurrente, lancée dès 1946 ; elle appartient au groupe Nuit et Jour, qui édite aussi, après-guerre, Qui ? Détective, la nouvelle mouture du magazine de faits divers Détective fondé en 1928. Aux noirceurs des crimes et du polar, Rêves oppose, son nom le dit bien, le rose du rêve sentimental. Au départ, en 1946, Rêves privilégie un pacte de lecture fictionnel ; le rapport à la fiction sentimentale y est très net. Sa formule évolue au cours des années suivantes, sans doute sous l’influence du succès de Confidences et d’Intimité : après avoir visiblement cherché, en 1947, à se distinguer de ses concurrents par la publication de nouvelles littéraires de qualité, signées par des auteurs renommés, Rêves épouse bientôt, à partir du printemps 1948, les codes des magazines d’« histoires vraies » : mise en avant de l’authenticité des récits, mais gommage des signatures, et usage de la mention générique « récits vécus ». Dans la foulée, le magazine fait appel à un chanteur de charme, André Claveau, pour animer son courrier du cœur, copiant ainsi la pratique d’Intimité.

À tout cœur, no 16, 23 janvier 1947. Exemple de couverture qui témoigne de l’accent que ce magazine place sur les représentations exotiques et les « bouleversantes confidences ».
À tout cœur, enfin, d’abord orthographié Atout cœur dans les premiers numéros, est fondé dès la fin de l’année 1945. Mensuel pour ses dix premiers numéros, il devient hebdomadaire au cours du 4e trimestre de 1946. Contrairement aux précédents magazines, qui choisissent généralement une mention générique clé et s’y tiennent, À tout cœur fait un usage un peu fourre-tout du vocabulaire de la presse sentimentale, juxtaposant « histoires vraies », « histoires vécues », « confidences », « confessions », qui côtoient les « contes » et les « romans » en feuilleton, de même que d’autres rubriques typiques de la presse sentimentale : horoscope, mais aussi nombreux articles de divination, d’astrologie, d’interprétation des rêves, des lignes de la main, ainsi que des tests de personnalité (déjà présents dans Confidences avant la guerre). Il est dirigé par Georges Dargaud. Sa couleur particulière lui vient notamment des accents exotiques qu’il privilégie : tandis que les autres magazines situent le plus souvent leurs histoires dans un cadre français familier au lectorat, À tout cœur n’hésite pas à mixer les codes du genre sentimental avec ceux de l’aventure exotique. Ses couvertures témoignent bien de cette particularité.
Avant de laisser notre lecteur·rice plonger dans les histoires qui suivent, il importe enfin de souligner le contexte scientifique dans lequel cette anthologie a été produite. Cette publication s’inscrit dans le projet de recherche « Faits vécus et histoires vraies : une médiapoétique dans la presse et l’édition populaire » que j’ai mené avec le soutien du Fonds de recherche du Québec – Société et culture. Trois assistant·es de recherche et étudiant·es de l’Université du Québec à Trois-Rivières ont participé activement à la sélection des textes retenus, établi l’édition numérique des textes à partir des sources imprimées et rédigé un premier jet des notices de présentation. Mon travail a consisté à coordonner et valider le leur, ainsi qu’à réviser et enrichir leurs textes introductifs. Chaque étudiant·e s’est chargé·e en particulier d’un ou de plusieurs magazines, ou des collections de fascicules : leurs noms sont associés aux sections qui leur ont été attribuées. Je tiens à les remercier chaleureusement pour leur précieuse contribution à la présente anthologie et, plus largement, au projet de recherche.
Note sur le travail éditorial
La présente édition reprend avec exactitude le texte publié dans les magazines et fascicules. La référence complète de la publication originale figure au début de chaque texte. Sauf dans le cas de Nous Deux, ces imprimés ne sont pas disponibles, à l’heure actuelle, en format numérique. La volonté de rendre plus accessible une partie de cette production, aussi introuvable aujourd’hui qu’elle a été populaire et largement diffusée en son temps, motive cette anthologie. Les périodiques et fascicules ont tous été consultés à la Bibliothèque nationale de France (BnF). Toutes les illustrations qui accompagnent cette anthologie ont été prises à partir des exemplaires et supports conservés à la BnF.
À l’exception de l’ajout des accents aux majuscules, la graphie et la ponctuation d’origine sont respectées. Seules les coquilles typographiques et les erreurs évidentes ont été corrigées sans être soulignées. Les erreurs plus signifiantes ou ambiguës que nous avons rectifiées font l’objet d’une note en bas de page. Toutes les notes en bas de page sont ajoutées par les éditeur·rices.
Notes
1 Ellen Constans, Parlez-moi d’Amour. Le roman sentimental. Des romans grecs aux collections de l’an 2000, Limoges, Presses universitaires de Limoges, 1999.
2 Peter Brooks, L’imagination mélodramatique: Balzac, Henry James, le mélodrame et le mode de l’excès, Paris, Éd. Classiques Garnier, coll. « Études romantiques et dix-neuviémistes », 2010.
3 À cet égard, les histoires en fascicules se démarquent de celles des magazines en situant plus souvent leurs intrigues dans la bourgeoisie fortunée (voir La vie nous a séparés et Tu ne tromperas pas).
4 Matthieu Letourneux, « Amour, couture et prostitution. Discours social, écriture féminine et sérialité dans “Le Petit roman” de Ferenczi », dans Carmen Figuerola (dir.), L’Ull critic, no 17/18 (Les romancières sentimentales), 2014.
5 Shanon Fitzpatrick, True Story: How a Pulp Empire Remade Mass Media, Cambridge, Massachusetts et Londres, Angleterre, Harvard University Press, 2022.